Formacamp en Rhône Alpes
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorieTags: Barcamp , Formation , Politique publique , social
J’animai deux ateliers hier au Formacamp, barcamp dédié à la formation organisé sous l’égide de Formavia, le réseau de la Région Rhône Alpes -et qui faisait suite à la journée du 3 décembre dernier que nous avions organisé lors du congrès des Régions à Caen avec la Région Basse-Normandie. A première vue, au moins 200 participants (beaucoup pour un barcamp...).
Le choix de l’Hôtel de Région, situé à Charbonnières, pouvait sembler étonnant pour une "non-conférence", mais si l’on parvenait à oublier le protocole un peu écrasant de l’hémicycle, l’irruption d’un tel événement dans un conseil régional était une première intéressante...
Mes ateliers traitaient des enjeux territoriaux de la formation à l’heure de l’internet. Nous avons consacré le premier à l’effet "transformateur" du numérique : en quoi il a changé notre façon de nous former, mais aussi d’accéder à la formation, de nous informer sur l’offre, et contribué à changer les postures de chacun, du formateur jusqu’aux médiateurs. Avec les participants, nous avons essayer d’identifier ces changements. Le cas de la Maison de Grigny, qui propose un apprentissage aux TIC, est intéressant à plus d’un titre : en rendant les gens autonomes plutôt qu’en les enfermant dans des logiques d’assistanat, en repartant des gens et non de l’offre de formation, en co-concevant l’apprentissage avec eux, la Maison de Grigny a conçu une autre grammaire de l’apprentissage, très éloigné des modèles traditionnels descendants, et visiblement plus efficace.
La Maison de Grigny, à l’image de nombreux espaces publics numériques, illustre bien le statut de véritable "service public de l’accompagnement" qu’on pris ces structures. En effet, elles viennent souvent en renfort des acteurs traditionnels de la formation et de l’emploi, qui n’ont pas pris la mesure du rôle qu’a pris l’internet dans ces domaines. Nous avions déjà pointé cette fonction d’écrivains publics numériques à Caen. En plénière, nous avons suggéré d’intégrer ce rôle des espaces numériques dans le service public régional de la formation que met actuellement en place la Région Rhône Alpes.
Le second atelier était dédié à la question de la mise en réseau des acteurs sur le territoire. Je suis reparti d’une tentative de description du mille-feuille de l’emploi et de la formation (cf photo) pour décrire la situation vécue par l’usager en cherche de formation. Comment sortir des silos de la formation et retrouver de la transversalité ? Par analogie, la communauté de métiers formée par les membres de l’Aradel (en plusieurs dizaines d’années, 700 agents de développement rhonalpins organisés en réseau, dépassant le cadre de leurs organismes respectifs) présentait des caractéristiques réplicables : un lieu d’échange "métier", un réseau de personnes où l’on prend et où l’on donne, où l’on co-construit plutôt que de tout confier à des consultants extérieurs, etc. Un exemple à suivre, tout comme l’expérimentation RuralNet, qui mise sur le test en grandeur réel d’un réseau social pour explorer de nouvelles façons de "rattraper" les petits exploitants agricoles et tous les acteurs ruraux les plus éloignés des logiques de formation habituelles. Vive l’expérimentation ! Les photos, les premiers comptes rendus et les premières impressions sontsur le wiki du Formacamp.

2 commentaires
- Le 31 mars 2009 à 00h06
par Stéphane Vincent (site : http://www.la27eregion.fr/-Blog-)
» Formacamp en Rhône Alpes
Oui, c’est très exactement l’hypothèse que nous souhaitons tester dans une opération appelée "Territoires en résidences" (nuage de tags juste à côté). Avec des designers de services, des architectes (disons une certaine "variété", habituée à travailler avec les populations), des innovateurs sociaux, nous testons des méthodes de co-conception et de créativité avec les gens, dans des lycées, des projets de maisons de service public (santé notamment), des quartiers, des collectivités... Je vous confirme que c’est passionnant et en effet, plein de promesses. Au fond ça n’est pas spécialement nouveau, mais l’enjeu pourrait consister à intégrer beaucoup plus fort, plus haut et plus loin ces pratiques dans les politiques publiques...
- Le 30 mars 2009 à 22h42
par TP (site : http://lincertitude.free.fr)
» Formacamp en Rhône Alpes
Très bon retour sur ce Formacamp.
Je trouve que l’hypothèse de travail : partir des gens (de la demande ou du besoin) plutôt que de l’offre est une vraie grande perspective de travail.
Plutôt que d’enfermer les publics dans une offre, il serait peut-être intéressant d’être plus à leur écoute, de faire émerger des besoins (ce qui n’enlève pas le fait qu’une offre peut parfois susciter des besoins !)
Très intéressé s’il y a d’autres choses sur ce sujet ou expérimentations.










