Comment faire entrer l’esprit hacker dans l’administration ?
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorieTag : Innovation
Laurent Simon est professeur agrégé à HEC Montréal. En 2005, il signait "Ethique hacker et management" (à télécharger en pdf), un article très inspirant pour tous ceux qui explorent des façons nouvelles de créer des espaces durables de décadrage et de réflexivité au sein des administrations -comme nous tentons nous-mêmes de le faire depuis 4 ans à la 27e Région, d’abord avec les Résidences puis avec le programme La Transfo -voir l’animation ici.
Il s’agit d’abord, en creux, d’un plaidoyer pour voir en l’open source bien plus qu’un nouveau système d’exploitation logiciel à adopter, mais une nouvelle culture qui pourrait inspirer voire transformer les modèles de gestion traditionnels, hiérarchisés et en silos. Une culture en phase avec les dynamiques sociales à l’oeuvre aujourd’hui dans l’économie des savoirs, comme le rappelle Laurent Simon. En cela, ce dernier reprend les thèses du philosophe Finlandais Pekka Himanen, tout en les illustrant dans son article à travers l’observation du fonctionnement d’une entreprise de multimédia à Montréal.
L’article mérite qu’on y revienne, et à notre tour, nous aimerions vérifier s’il rejoint des constats que nous faisons, un an et demi après le lancement du programme la Transfo dans 4 Conseils régionaux, et quatre ans après avec lancé nos premières résidences.
Qu’est ce qu’un bon hacker ?
Le hacker rassemble une bonne part des aptitudes que nous essayons de réunir lorsque nous constituons des équipes pluri-disciplinaires qui vont s’immerger dans des problématiques de politiques publiques. Laurent Simon les résume ainsi : Une virtuosité supérieure à la normale dans la manipulation des techniques et des systèmes organisés ; Une attitude tournée vers l’expérimentation ; Un rapport particulier au travail, à l’antithèse du protestantisme qui prône un rapport plus austère vis à vis du travail.
On retrouve ici les aptitudes que les équipes de designers et de sociologues avec lesquelles nous travaillons possèdent, et qu’elles cherchent à leur tour à mobiliser chez les agents, les élus, les publics : la curiosité, l’exploration, le défi... Dans les Résidences comme dans la Transfo, les difficultés rencontrées dans la conception des politiques ou leur mise en oeuvre n’est plus un problème qu’il faut cacher ; c’est un défi qui doit stimuler l’intellect. Une façon de redécouvrir un contexte, une situation, un processus sous un jour nouveau. Cette dynamique positive est rendue possible car il ne s’agit plus de chercher la réponse idéale, mais de faire appel à l’ingéniosité, à l’esprit de bricolage et de jeu qu’il y a en chacun de nous, que nous soyons dans des positions d’experts, de profanes, ou de "pro-ams", ces professionnels-amateurs décrits en 2004 par Charles Leadbeater.
Comme le rappelle Laurent Simon, dans ce contexte les savoirs pratiques et tacites sont aussi importants que les connaissances théoriques. Pour comprendre "comment ça marche", il faut naviguer entre théorie et pratique, améliorer par détournement, se tromper et recommencer, tâtonner. Dans notre expérience, fonctionnaires et élus se disent souvent surpris d’être passés du scepticisme à l’enthousiasme au cours du processus, un peu étonnés "d’avoir produit des choses intéressantes tout en s’amusant".

Photo : La Transfo en Région Paca, en octobre 2012
Comment manager les hackers ?
Laurent Simon identifie 9 leviers pour intégrer les hackers au management :
1. La hiérarchie doit moins imposer le travail au hacker qu’elle ne doit lui proposer, car le hacker a besoin d’y trouver un "intérêt cognitif personnel", un défi posé par un problème à résoudre.
En effet, dans les résidences nous prenons collectivement du temps pour définir quel est le sujet "actionnable", celui qui offrira des directions possibles et un défi pouvant être relevé, qui soit à la fois ambitieux sans être hors de portée.
2. Les activités de conception et d’exécution doivent être intimement inter-reliées.
Dans nos expériences, les participants sont invités à la fois à "faire" et à "réfléchir", à concevoir et à mettre en pratique. Le découpage habituel des tâches est gommé, entre ceux qui pensent et ceux qui agissent. Elus et agents mettent autant que possible la main à la pâte, ils retournent au contact des publics qu’ils voient alors sous un autre angle, ils apprennent l’empathie, à se mettre plus facilement à l’autre bout de la chaîne. Mais la culture dominante est celle de la séparation des tâches et du respect du protocole, et il est souvent très difficile de reconnecter les "penseurs" avec les "faiseurs".
3. Pour Laurent Simon, seule la finalité problématique peut donner lieu à une définition, pas les tâches qui restent à la discrétion du hacker.
Dans la Transfo, c’est en effet (en théorie au moins) l’équipe qui décide avec les agents quelles méthodes elle va mettre en oeuvre pour construire des solutions, quel chemin critique elle va suivre pour y parvenir. La hiérarchie n’intervient pas sur la méthode, elle doit seulement la rendre possible.
4. Du point de vue du hacker, le travail doit enfin permettre à l’individu d’exprimer son individualité et sa créativité par la maîtrise et le dépassement de la technique.
Dans la Transfo, le système bureaucratique est un carcan dont le participant doit pouvoir s’extraire, se décadrer s’il veut trouver une solution. Un peu comme un joueur d’échec qui gagne contre l’ordinateur… mais l’emprise des dogmes est très forte, et ce sont souvent les individus eux-mêmes qui s’auto-censurent, fidèles au principe "d’obligation de réserve" observés par les fonctionnaires. L’appel à la créativité doit venir de la hiérarchie et doit être accompagné par des actes forts, des signaux tangibles, une volonté politique tangible.

Photo : Résidence menée en mai 2010 au lycée Gabriel Fauré à Annecy sur la citoyenneté
5. Le hacker a besoin de travailler tantôt seul, tantôt avec les multiples communautés d’intérêts et de savoirs autonomes auxquels il appartient.
C’est une des difficultés de la Transfo : il y a une grande fertilité potentielle dans les échanges "pair à pair" entre agents de directions voire de structures différentes, mais la hiérarchie veut exercer un contrôle sur ces échanges. Contacter un acteur externe exige souvent une validation de sa direction. Dans ces conditions il est souvent difficile de construire des communautés apprenantes, en externe mais aussi en interne… La "transversalité" est un objectif mille fois promu, et presque jamais atteint.
6. Le hacker alterne un rapport parfois ambigu entre la collaboration (résolution collective de problèmes) et la compétition (fondée sur le style des contributions et l’élégance des solutions proposées).
Dans les résidences et la Transfo, les designers "participatifs" pratiquent certes la co-conception et associent les utilisateurs au processus, mais ils n’hésitent pas à reprendre la main, ou à fortement influencer les choix lorsqu’ils estiment qu’ils détiennent la réponse la plus ingénieuse, ou qu’ils sont plus à même de proposer des innovations de ruptures.
7. Le hacker promeut l’auto-organisation, les ajustements mutuels et la coopération volontaire autour de problèmes communs.
C’est le mode de fonctionnement des équipes en résidence, qui construisent un plan de travail mais le réajustent régulièrement, suscitant quelquefois la panique dans les collectivités partenaires…le mode essai/erreur n’est pas naturel dans les administrations !
8. Une quête constante du "flow", cet état de concentration ultime qui précède le plaisir de résoudre un problème, théorisé par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi.
Dans notre expérience, c’est un état relativement facile à générer dans des publics d’agents, de cadres et même d’élus. Mais le plus dur est de maintenir cette concentration sur la durée et de l’entretenir. C’est un état qui devient vite épuisant, pour l’équipe de designers comme pour les participants. Il faut chercher à mobiliser cet état créatif de façon cyclique, en en variant l’intensité.
9. Pour le hacker, le "fun" est vécu comme valeur commune, moteur de l’action et comme fin.
On ne peut pas dire que les organisations publiques cultivent le jeu et le plaisir comme valeurs centrales… Pour la plupart des concepteurs, créateurs, designers, le secteur public agit comme un repoussoir, et il est difficile de les convaincre d’y voir un "terrain de jeu" possible.

Photo : Résidence menée en décembre 2009 avec la Région Nord-Pas de Calais sur le thème de l’environnement de travail des élus
Que doit faire le manager qui veut donner une place aux hackers ?
Laurent Simon attribue au manager "hacker-friendly" une fonction d’orientation (traduire les enjeux en problème et les problèmes en défis), une fonction de support (assurer les ressources matérielles et le confort émotionnel) et une fonction d’attention et d’animation (maintenir le "flow").
Malheureusement, le travail de décadrage et le temps consacré à réinterroger et reformuler les problèmes, ou reconcevoir les processus ne sont pas valorisés dans l’institution. Il manque des temps, des espaces, des cadres, des conventions pour autoriser et développer cette habitude.
Quel est le profil du manager "hacker-friendly" ?
Dans l’expérience de la Transfo, l’adhésion du top-management est un stade essentiel du processus. Mais comment doit se comporter un cadre favorable à la culture de hacking ? Pour répondre à cette question qui nous semble centrale, citons intégralement Laurent Simon :
"Pour apprendre à travailler avec les hackers, le manager devra lui-même apprendre à devenir le hacker de ses propres pratiques. Cela passe par une remise en question profonde des approches de leadership héroïque et/ou autocratique, par un assouplissement ou une relativisation des structures technocratiques et par une abdication partielle des prérogatives généralement associées (et de plus en plus à tort) aux managers : autorité statutaire, définition stricte des méthodes et des tâches, contrôle des procédures, recherche de la conformité. Ce manager-hacker portera plutôt ses efforts sur l’établissement de contextes à explorer et de défis à relever. Il s’agira d’instaurer des espaces de liberté réglée au sein desquels les talents individuels pourront s’exprimer, jouer et s’hybrider par essais et erreurs. Le talent propre du manager-hacker résidera dans son habileté à traduire les enjeux organisationnels – enjeux économiques (budgets, coûts et ressources), commerciaux et de qualité (attentes du client, spécifications des produits) et de calendrier – en règles du jeu acceptables et en défis stimulants pour ses hackers ; puis à mobiliser les ressources de l’organisation et à assurer sa bienveillance vis-à-vis de ces communautés de création. Dans ce sens, le manager-hacker devra donc d’une part bien maîtriser les rouages de son organisation pour d’autre part savoir comment les manipuler, voire les détourner afin de favoriser la création et l’innovation. Archétype de la synthèse entre maîtrise individuelle des systèmes et créativités en dialogue, la figure montante du hacker et l’éthique du travail qu’elle porte nous incitent à initier une relecture du management comme pratique réflexive collective et expérimentatrice visant à favoriser l’expression individuelle et son intégration à l’œuvre commune."

Photo : La Transfo en Bourgogne, en juillet 2011
L’administration, un espace hackable
Il faut se garder de toute forme de romantisme par rapport à l’esprit "hacker" associé au management : nul ne peut maintenir le "flow" comme un état permanent ; c’est un état stimulant mais rapidement exténuant, et il faut gérer "l’après-flow". En réalité il n’y a pas besoin de chercher à "décadrer" l’organisation en permanence. Par ailleurs, dans notre expérience l’intervention doit également venir pour partie d’intervenants extérieur. C’est le statut intermédiaire du hacking, mi-interne mi-externe qui fait souvent ses preuves.
Pour autant, l’analyse de Laurent Simon permet de se projeter dans de nouvelles formes de management auxquelles les futurs dirigeants des administrations ne peuvent pas rester insensibles. Depuis des dizaines d’années, l’administration n’a pas cessé de vouloir oeuvrer à sa propre modernisation, à sa simplification, à son innovation. Mais fidèle au principe selon lequel "on ne s’opère pas soi-même", elle a toujours peiné à mettre en oeuvre une véritable capacité réflexive. Considérer l’administration comme un espace hackable, et donner la possibilité aux agents d’exercer des formes de "piratage bienveillant" représente un très grand potentiel.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
5 commentaires
- Le 27 novembre 2012 à 13h54
par Alvaro
» Comment faire entrer l’esprit hacker dans l’administration ?
Je suis entièrement d’accord avec ce que dit Stéphane : il faut donner un cadre à ce qui, par définition, sort du cadre. Aujourd’hui malheureusement la langue française manque de termes pour désigner ce "pirate qui oeuvre pour le bien" de l’organisation dans laquelle il s’insère". Plus globalement, je vois ce "piratage" comme une forme de "soupape de sécurité" permettant de mettre à distance le stress qui est consubstantiel du travail...
- Le 16 novembre 2012 à 10h01
par Jean Charles Bhat
» Comment faire entrer l’esprit hacker dans l’administration ?
Perso je ne suis pas convaincu que cela marche vraiment. Administration et hacker ne riment pas en ce qui me concerne.
Par contre de la sensibilisation à cet "esprit", par des échanges et une sérieuse remise en question me semble plus qu’utile.
Pourquoi ne pas organiser des ateliers ? Et je partage pas mal l’avis de M. Ulmer à propos de l’importance de l’implication à tous les niveaux et surtout à la DGS...
- Le 20 octobre 2012 à 12h24
par travaux PUBLICS
» Comment faire entrer l’esprit hacker dans l’administration ?
Bonjour Stéphane,
puisque tu nous demande notre avis, je te le donne et avec plaisir. Mais comme je veux me sauvegarder des marges de travail, je te le donne sous mon pseudo (qui n’est pas l’anonymat).D’abord merci pour ce billet et la référence à cet article de Laurent SIMON. L’article de Eric S RAYMOND, "La Cathédrale et la Bazar" reste pour moi une référence pour qui veut saisir l’esprit "hacker". On le trouve dans les bonnes librairies de l’Internet. A mes yeux, le livre de Pekka HIMANEN reste bluffant. Malheureusement on ne le trouve plus en librairie.
Il n’y a pas que les administrations concernées par cette question : les associations loi 1901 aussi sont concernées (je ne dis pas ça pour la 27R).
Nous sommes plusieurs à tenter de clarifier les mots "hacker" et "pirate" pour une simple raison : ces mots voyagent depuis l’océan informatique jusque sur le continent de la gestion. Ils sont devenus des mots valise. Le hacker casse les codes, le pirate est un escroc et comme souvent chez les escrocs il avance masqué. Le "masque" dans les collectivités est quelque chose qu’il convient de repérer et si possible, vite.
Le hacker (en tout cas sa figure, sa construction sociale) entretient un "rapport particulier au travail". Le billet ne précise pas ce rapport particulier. Or c’est peut-être là qu’il faudrait gratter. Le statut de la FPT, les conventions à l’oeuvre, l’anthropologie des collectivités locales permettent-ils de se faire des "charrettes" de plusieurs jours parce que justement c’est la période où le cerveau est créatif ? Il y a le contenu du travail, son temps et sa gestion. Les chefs de projet au sein des collectivités locales connaissent très bien cela : il est impossible de se faire des charrettes. Certains tentent de contourner ce problème via le télétravail, d’autres de s’équiper le week end ; ils auront résolu leur problème, pas celui de la collectivité. Ce faisant on ne pose donc pas la question du Génie organisationnel, de la refondation des administrations, des conditions de travail, du temps de travail dans une économie de "cerveau d’oeuvre" (cf. M. VOLLE).
Il y a peut-être des hackers dans les collectivités locales, je préfère parler d’"Animateurs", qui tentent avec plus ou moins de succès de se dépatouiller d’avec les "Tartuffes" et les "Mondains". [Il y a sur ce point de bons passages dans le livre de Michel VOLLE, "De l’informatique, savoir vivre avec l’automate".] On peut donc démystifier cette figure du hacker au sein des collectivités : il est déjà dans la place et depuis longtemps. L’écoute t-on ? Difficilement. Il est souvent l’oiseau de mauvais augure. Comme disait JM KEYNES : « La sagesse universelle enseigne qu’il vaut mieux, pour sa réputation, échouer avec les conventions que réussir contre elles ». A l’heure de l’image professionnelle dominante cette phrase est de longue portée. KEYNES a quand même réussit à hacker le modèle libéral standard et la "Théorie Générale" reste un bon manuel de hacking à grande échelle (indirect me direz-vous).
Les hackers travaillent collectivement, sur un principe de méritocratie, concept que la Gauche a du mal à attraper car connoté. Celui qui apporte à la Communauté (qui n’est rien d’autre qu’une Entreprise, une organisation structurée dans le but d’atteindre un objectif fixé collectivement) est reconnu par ses pairs. Si le Président de cette Communauté n’apporte pas des éléments intéressants pour le travail collectif, il ne sera pas valorisé. Ce n’est donc pas le statut qui importe. Il n’y a pas de Pontificat chez les hackers (le Community management étant une toute autre chose). C’est sur ce principe que se fondent les règles de fonctionnement. Celui qui y déroge est rapidement remis dans le droit chemin, car c’est une valeur fondamentale dans l’éthique hacker. Il suffit de suivre une Communauté comme Debian, Fedora (Ubuntu peut-être, dans une moindre mesure) pour s’en apercevoir.
Finalement, nous sommes en terrain plutôt connu avec des visions qui se complètent et s’enrichissent.
Le problème reste à mes yeux que notre Administration a été construite sur le modèle de l’Eglise (y compris par la gauche de la Gauche en 1984, ce qui montre à quel point FITERMAN et ses camarades avaient le sens de l’humour), que les agents sont les Moines de cette action publique, que le Personal Computer a renforcé cette vision du travail "organisé" (il serait peut-être plus réaliste de parler de travail "additionné") et qu’il est très difficile de hacker un Monastère. Dans cette affaire le New Public Management apparaît totalement contre productif, sauf lorsqu’on considère la dimension anxiolytique des outils de gestion : il rassure la DG. C’est aussi là dessus qu’il faut travailler. Le NPM n’est pas, que, le chien fidèle de la DG. Il produit, aussi, ses effets délétères (pas que). Il convient aussi de ne pas confondre "management" et "NPM".
Une manière de hacker l’administration serait peut-être de redonner des marges de manoeuvre à l’encadrement intermédiaire (plutôt que de l’étouffer sous des "machines de gestion") afin qu’il puisse être bienveillant avec les Animateurs, déjouer les jeux de Cour, garder la direction générale, organiser et animer les controverses de gestion, porter son attention sur le rôle réel de la technologie invisible, bref construire des feux de route (à charge aux animateurs d’activer les feux de code).
Nous ne ferons pas l’économie d’une réflexion sur l’organisation collective du travail, sur cette économie des relations de proximité qui reste à construire au sein des administrations. De ce point de vue le texte de Laurent THEVENOT sur les "investissements de forme" et le cahier du Centre d’Etude de l’Emploi dirigé par François EYMARD DUVERNAY "S’accorder avec les usagers" sont sans doute utiles. Plus largement c’est le programme de l’Economie des Conventions qui pourrait alimenter ce type de réflexion notamment lorsqu’elle s’intéresse aux conditions de réalisation de l’Accord. Ses animateurs sont à Paris X Nanterre. Olivier FAVEREAU est un homme ouvert à la discussion.
La Gauche au pouvoir aura t-elle les marges de manoeuvre et le courage de refonder le statut de la FP pour nous donner les moyens de travailler dans une société ouverte et connectée ?
Très sincèrement.
- Le 19 octobre 2012 à 21h54
par Stéphane Vincent
» Comment faire entrer l’esprit hacker dans l’administration ?
@Jean-Christophe : je souscris à 100% sur le fait que le "hacker" est déjà dans la place :) dans un registre proche, je sors d’une discussion avec un DG de Région qui me décrit la chorégraphie des astuces, de l’ingéniosité des agents pour "que ça marche quand même", malgré le système. Avec quelquefois le risque que cette ingéniosité serve des intérêts personnels ou lobbistes.. J’en déduis donc que le "piratage" existe déjà très largement, et qu’il s’agit surtout de lui donner un cadre précis pour qu’il s’exprime sans chercher à défier frontalement, de façon stérile, le pilotage managérial. Un cadre dans lequel il serait possible de rentrer, mais aussi de sortir, car aucune institution ne supporterait un "hackage permanent". Il y a 1000 analogies pour décrire le type d’intervention que ceci recouvre : du soft power, de l’acupuncture, etc. Quant à l’expression de "pirate bienveillant", elle traduit avec plus ou moins de bonheur ce "bidouilleur" décrit par Laurent Simon et Himanen. Comme en piraterie, peut-être faut-il distinguer les corsaires, au service de Sa Majesté, et les flibustiers au service d’eux-mêmes ? :)
- Le 19 octobre 2012 à 12h17
par Jean-Christophe Ulmer
» Comment faire entrer l’esprit hacker dans l’administration ?
Dans des collectivités aussi jeunes que les Régions, où le formalisme des organisations laisse encore beaucoup de "jeu" pour les acteurs, la figure du hacker est d’une certaine manière déjà présente : certains managers intermédiaires arrivent à promouvoir des politiques publiques pertinentes construites en concertation hors toute saisine de leur hiérarchie ou des élus. Cela étant, le New Management Public qui se diffuse très largement ne me parait pas compatible avec l’idée d’un piratage même bienveillant ! Il y faut donc un choix managérial au sommet (DGS), une incitation venue de l’extérieur, en effet, sans oublier une refonte complète du processus de décision publique !









