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Mar 31 2009

Visite guidée pour une résidence à Rennes

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Solidarités
Tags: Bretagne , Créativité , Développement local , Innovation , Quartier , Territoires en résidences , Web2.0

Visite à Rennes aujourd’hui pour déterminer l’opportunité de construire une résidence autour des sujets numériques, au sein de l’association Bug, initiatrice et porteuse du projet "La Ruche".

Voici d’abord le diaporama de présentation du contexte de cette résidence :

Contrairement à d’autres sujets de résidence, le contexte ici est un contexte déjà innovant mais qui arrive au bout de ses capacités d’innovation, faute de temps. La posture des résidents doit se concentrer sur la valeur ajoutée de notre opération : travailler en coconception avec les habitants, usagés ou non de la Ruche, et traitement des questions numériques dans des approches ancrées dans la réalité.

Suite à différentes discutions avec Richard Delogu, le gérant de l’association Bug, nous avions fléché trois types de sujet possible pour une résidence chez eux :
- > l’essaimage de "ruches" : Dans quelles conditions est-il possible de reproduire l’initiative de la Ruche dans d’autre municipalités ?
- > l’openstreetmap : Quelle alternative libre et collective à Google maps, pour géolocaliser les informations de la Ruche ?
- > l’identité numérique : Comment mieux gérer son identité numérique est profiter de la "mission d’intérêt général" de la Ruche pour protéger une partie de ses informations ?
Cette première visite a permis d’affiner le choix de ces sujets.

Etaient présents dans les différentes discussions de la journée :

  • Pierre Cahurel du bureau de design Grrr… membre du collectif Pomme Z et Renaud Francou chef du projet Identité Active à la Fing, qui étaient venus avec moi, l’un pour sa vision du "design thinking" et l’autre pour son expertise sur les questions numériques.
  • Richard Delogu directeur de l’agence Bug
    -  Sébastien Sémeril, adjoint au Maire à la ville de Rennes
  • Hugues Aubin, chargé de mission TIC à la Ville de Rennes
  • Norbert Friant, responsable de la direction TIC à Rennes Métropole
  • et Emmanuelle Botta, chargée de développement territoriale et du dispositif cybercommune à la Région Bretagne.

L’essaimage et l’openstreetmap ne sont, après discussions, des sujets pas assez mûrs dans l’évolution de la Ruche.

De nombreux sujets possibles

Nous avons donc orienté notre discussion autour de l’identité numérique. En effet, La Ruche a la particularité d’être un réseau social "d’intérêt public", où toutes les données personnelles sont protégés et toutes nos traces peuvent être effacées sur simple demande, contrairement aux réseaux sociaux classique. Peut-on se servir de cette plate-forme comme d’un moyen de sensibiliser les gens à l’importance de leur identité numérique ?

Nous avons eu toute une réflexion également sur l’autre particularité qui fait de ce réseau un espace ancré dans la vie réelle, proche des gens et dont les gérant et administrateurs vivent et travaillent au cœur de Rennes. Ce qui permet d’envisager des expérimentation mêlant expérimentation dans l’espace public, et expérimentation sur le web.

Comme nous l’a souligné Richard Delogu, il n’y a pour l’instant que très peu de fonctionnalité sur ce réseau… mais beaucoup sont d’ors et déjà imaginées. Un porte-folio par exemple pourrait être lié à ce réseau social et faire écho à la présentation du porte-folio territorial que nous avions envisagé à Caen.

Une idée qui engloberait toutes ces propositions

Finalement, le sujet principal qui ressort de cette visite est l’idée de définir la Ruche, comme un laboratoire d’innovation numérique et solidaire. Peut être pourrions nous nous servir de ce réseau local, comme un lieu d’expérimentations d’intérêt général, permettant de comprendre les effets d’un réseau social et les liens qu’il entretien avec son territoire. L’équipe de résidents pourrait permettre d’identifier et rencontre les adhérents prêts à expérimenter de nouvelles fonctionnalités en "mode prototype" propre à la résidence. L’équipe de Bug pourrait construire l’espace de ces expérimentation dans un lieu dédié sur la plateforme numérique.

La suite aura lieu lors de la journée de repérage avec tous les résidents, dès que la Région Bretagne sera engagée à nos côtés.

Mar 29 2009

Ruralcamp à Dijon : de quoi sera faite la ruralité bourguignonne en 2040 ?

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Aménagement
Tags: Barcamp , bourgogne , Développement local , Innovation , rural , Web2.0

Aujourd’hui, samedi, direction Dijon pour le premier RuralCamp, barcamp dédié au monde rural. Une initiative menée par Grégoire Japiot, fin connaisseur des barcamps et membre (entre autres) des Explorcamps.

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Euh, oui, il s’agissait bien d’un barcamp dédié au rural...la preuve, ça se tenait à l’Enesad, l’école des ingénieurs de l’agriculture !

Un peu timides au début, les participants ont fini par remplir (pas entièrement !) le programme : réseaux sociaux et ruralité, wine 2.0 (on est quand même en Bourgogne !), mais aussi nouvelles monnaies virtuelles (dont les Twollars), de prospective et pour couvrir l’actualité, Hadopi.

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Tout le monde écoute sagement Grégoire Japiot, maître de cérémonie

Environ 50-60 participants se sont retrouvés, et le plus étonnant est que l’on n’a pas parlé que d’internet, d’open source et de web 2.0 dans cette journée, la preuve avec cet atelier qui lorgnait sur la Bourgogne de demain, disons...2040.

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Il manque encore des propositions d’ateliers...allez, un effort !

Alors, pour les participants, de quoi est faite la Région Bourgogne dans 30 ans ?

Une région de transports et de grandes mobilités

La Bourgogne, c’est d’abord de grands espaces. Dans tous les scénarios prospectifs bourguignons (en particulier ceux imaginés dans le tout récent Schéma régional de l’aménagement et du développement du territoire bourguignon, auquel la 27e Région a pris part), la question de la mobilité et des transports est essentielle : que son futur soit d’abord tiré par Lyon et Paris, ou plutôt par Dijon, ou bien davantage réparti entre les pôles urbains, dans tous les cas la question des transports individuels et collectifs est centrale dans la Bourgogne de demain. Pour Charles Burriel, de l’Enesad, « dans 30 ans, une solution énergétique valable aura été trouvée et on aura réglé le problème du véhicule individuel et des transports collectifs ; c’est maintenant que le problème est posé, pour les 10 ans qui viennent ».

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Séance de décryptage de la loi Hadopi

Les signes alarmants du « péri-urbain lointain »

Des ruralités très différentes co-existent en Bourgogne, nous rappelle Yannick Sencébé, sociologue à l’Enesad. Toutes appellent des besoins en sociabilités différentes. Par cercles concentriques, la tendance est à un éclatement entre des centres villes riches, le départ des classes moyennes vers le péri-urbain (les agglomérations immédiates de Dijon, Châlon, etc), puis une tendance à la relégation vers un péri-urbain lointain, puis seulement le rural lointain. Le péri-urbain lointain est celui qui présente le plus de signes inquiétants. Le rural lointain correspond de plus en plus à des aménités paysagères, à des choix personnels, tandis que le péri-urbain lointain est davantage subit par des classes ouvrières qui désespèrent de trouver leurs marques, en formes de « HLM horizontal », entre désir de culture urbaine et réalité de la campagne profonde. L’autre risque criant est celui de la « campagne banale », celle qui n’a rien à offrir d’original, sur le plan culturel, identitaire, paysager.

D’accord pour des réseaux, mais il nous faut des « hubs humains »

Dans le contexte d’une Bourgogne qui n’a pas gagné en habitants (contrairement à la plupart des campagnes françaises ces dernières années), les réseaux sont nécessaires, mais pas suffisants. « Si dans 30 ans, on peut travailler de n’importe où, on va fuir la bourgogne ! qu’est ce qui va encourager à venir rester en Bourgogne ? ». Tout le monde est d’accord pour reconnaître que l’accès aux réseaux (de transports, culturels, sociaux, internet) est essentiel ; mais c’est de « hubs » humains et socianx dont la Bourgogne en réseaux a besoin : des tiers-lieux, lieux d’un nouveau genre qui provoquent les rencontres imprévues, libèrent des énergies créatrices, (re)socialisent les gens et recréent du lien, de la culture, de l’innovation, etc. La Bourgogne a besoin de nouvelles formes de médiations, entre les gens, les territoires.

Quels seront les hubs, les lieux et nouvelles formes de médiation en Bourgogne demain ?

Toute la famille des tiers lieux est ainsi convoquée : en vrac, la Cantine et les living labs dans le champ économique, les cafés de Pays et les bars associatifs dans le champ culturel et social, la Maison ouverte dans le champ du vieillissement, etc. Mais comment naissent ces lieux ? l’acteur public doit-il les créer lui-même, ou leur démultiplication passe t-elle par un vaste soutien à ces initiatives, mais aussi à leur mise en réseau ? L’acteur public de demain doit-il davantage créer les conditions de la création de ces projets, et moins les porter lui-même ? Il faut refonder l’intérêt général à partir des gens, de leur pratiques quotidiennes, et combiner numérique et médiation humaine.

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Déjà prêt pour le prochain barcamp...

Mar 27 2009

L’innovation : de la société civile au politique, en passant par la périphérie

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Créativité , Innovation , Politique publique

« Beaucoup d’initiatives naissent dans la société civile, comme l’émergence de circuits alimentaires courts, avant d’être reconnues par les pouvoirs publics », remarque Philippe Aigrain, spécialiste du débat public et des technologies de l’information. Mais comment faire pour que les politiques publiques s’ imprègnent de ces innovations ? Repenser les structures des organismes publics ? « Il est peut être plus facile de passer par la périphérie »… réfléchit Philippe Aigrain, que j’ai rencontré le 19/02, pour préparer le prochain du comité d’orientation de la 27e région, dont il est membre.

De fait, Philippe Aigrain identifie plusieurs points de blocage, dans la prise en compte de ces initiatives venues de la société civile, et leur intégration dans les politiques publiques.
- les institutions sont mal outillées pour intégrer ces idées nouvelles, ainsi que leurs porteurs, dans les politiques publiques. Dans les régions, par exemple, la démocratie participative est soutenue au titre du soutien au tissu associatif, mais « cette problématique n’est pas intégrée dans le processus même des politiques publiques, qu’il s’agisse de transport ou d’urbanisme, par exemple » note-t-il.

A ce point de blocage spécifique, s’ajoutent les maux traditionnels des institutions, qui l’empêchent d’innover, comme la distribution politique des responsabilités, qui donne lieu à des stratégies de « pré carré », de la part de chaque vice-président, mais également la tension entre le responsable politique et l’administration, qui, pour de bonnes mais aussi de mauvaises raisons, freine souvent les projets.
- Autre point, la structuration même de l’administration, avec ses règles rigides de fonctionnement, (qui est autorisé à parler ? ), et sa frilosité vis à vis des technologies de l’information. Il faudrait notamment remplacer le « devoir de réserve », par un « devoir de participation », comme le préconisait le rapport « Vers une société de la connaissance ouverte » commandé par Ségolène Royal.
Alors, comment faire ? Structurer un dispositif complet qui permette aux structures publiques d’être innovantes « c’est lourd, et c’est difficile à traduire dans les faits » admet Philippe Aigrain. Alors, mieux, vaut, en effet, « faire bouger les choses à partir de la périphérie ».


Territoires en résidence : oui, et …

Dans ce cadre, la formule Territoires en résidence est une voie tout à fait porteuse, juge Philippe Aigrain, qui ne pouvant être présent au prochain comité d’orientation, livre ses conseils, pour développer au mieux le projet.
Il attire l’attention de la 27e région sur plusieurs points.
« Il faut faire attention à ne pas faire des « coups », qui mobilisent sur le moment, mais n’impliquent pas durablement les citoyens » prévient-il. L’exemple inverse, c’est lepanel « atelier citoyen », mis en place par la région Rhône-Alpes, et qui implique plusieurs milliers personnes, sur des sujets différents, et sur la durée. Autre mise en garde : s’il est pertinent de répondre aux besoins exprimés par les régions, sur des problèmes auxquelles elles sont confrontées, il faut également conserver « la capacité de mettre sur la table des sujets qu’elles n’ont pas encore identifié ».
Autre réserve, le design. Si l’intermédiation du visuel, pour représenter les enjeux ou les situations, représente un « très bon outil », attention au risque de « définir des formats qui éloignent les designer de l’usager . Il faut que les représentations restent basiques, à portée d’appropriation de tous. Et le numérique permet de réduire cette distance ». Bref, il faut une faire une co-construction de la représentation, en demandant aux personnes concernées de se représenter elles mêmes. A cet égard, des compétences venues des résidences d’artistes peuvent se révéler utiles.

Mar 26 2009

Ma vie de Ch’ti en 2040

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Nord Pas de Calais , prospective

Nous vous parlions en janvier de notre travail de ré-interprétation des scénarios prospectifs conçus par la Région-Nord Pas de Calais. Voici les premières esquisses des scénettes animées, soigneusement mijotées par nos soins et interprétées avec talent par Félix Compère, surpris en plein travail devant la planche à dessin. L’ensemble sera présenté le 14 avril à l’occasion d’une soirée de restitution donnée par le Collège régionale de prospective.

Mar 26 2009

Un après-midi avec le Bruit du Frigo

Billet publié par Charlotte Rautureau
Tags: Architecture , Créativité , Espace public , Quartier , Ville

Le 3 mars dernier, Gabi Farage est venu faire du « bruit dans le frigo » de la Cantine. Cet architecte de formation nous a parlé, lors d’un après-midi, de ses méthodes d’interventions dans l’espace public. Au cœur de son discours, la question de l’appropriation de l’architecture par les usagers où comment revenir à une approche des lieux centrée sur les usagers et pensée par eux.

A travers divers exemples, Gabi Farage nous a expliqué comment il intervenait sur les territoires avec son collectif bordelais leBruit du Frigo. Ateliers d’urbanisme participatif, interventions artistiques dans l’espace public, résidences artistiques, actions de détournement, aménagements éphémères… l’imagination et la poésie de Gabi et son équipe ne manquent pas quand il s’agit de proposer aux habitants d’un territoire des solutions de développement désirable (et durable).

L’exemple de Nantes, où le Bruit du frigo est intervenu dans le quartier enclavé de Breil-Malville afin d’imaginer avec les habitants et usagers du quartier les transformations possibles de cet espace, illustre bien la créativité du collectif. Afin de favoriser le dialogue avec la population du quartier, le Bruit du frigo a installé un Bistrot et atelier temporaire, vecteur convivial pour travailler avec les habitants autour du devenir de leur quartier et créer du liant autour d’un projet commun.

Autre lieu, autre méthode… A Marseille, le Bruit du Frigo a proposé une résidence artistique au théâtre de la "Gare Franche". L’objectif était de construire des relations humaines et artistiques dans le quartier en appelant ses habitants et acteurs à participer à diverses actions comme, par exemple, la construction de mobilier urbain à partir de la valorisation de rebuts. Si les femmes et les enfants se sont montrées réceptifs au projet, il a fallut user d’adresse pour intégrer activement les hommes du quartier au projet, comme titiller leur égo en enrôlant une femme comme chef de chantier…

Autant d’exemples, d’approches, de perspectives qui viennent nourrir nos réflexions sur la façon d’innover « par et pour les gens ».

Mar 24 2009

Première semaine de résidence

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Education / formation
Tags: Architecture , Champagne-Ardennes , Créativité , Design , Lycée , prospective , Territoires en résidences

La semaine dernière a eu lieu la première résidence dans un lycée des Ardennes, le lycée Jean Moulin à Revin.

Nous avons passé une semaine en immersion, en dialogue constant avec les différents "habitants" du lycée : les lycéens, les professeurs, le personnel, les parents d’élèves et certaines personnes extérieures à l’établissement. Ceci dans le but d’imaginer de nouvelles fonctionnalités au "lycée de demain".

Un blog spécifique a été créé : www.territoiresenresidences.net
où vous pourrez retrouver l’actualité et le déroulement de chaque résidence. Nous continuerons de publier des points d’étape sur le blog de la 27ème Région mais le détail des expérimentations sera publié sur ce nouveau blog.


Le Campus Wall


Parmi les réalisation de cette première semaine, un espace d’affichage conçu comme un "Wall", un mur où chaque "habitant" du lycée peut informer ou s’informer de l’actualité de l’établissement. Nous l’avons baptisé "Campus Wall" pour essayer de se défaire de l’image de la cité scolaire, et imaginer un campus, comme un centre d’activité tourné vers l’extérieur.


Une communication permanente

Le blog a été un bon moyen pour communiquer sur l’avancée de nos travaux. Nous avons également construit un espace d’affichage à l’intérieur du lycée, à côté de la salle où nous travaillons. Nous avons présenté les scénarios prospectifs d’ouverture du lycée vers l’extérieur, que nous avions imaginés en début de semaine, ainsi qu’une sélection de photos présentant à la fois des vues de bâtiments du lycée, et des moments de travail de notre équipe.

La deuxième semaine de résidence sur le "Campus de Revin" aura lieu du 6 au 10 avril. D’ici là, une présentation "inter-résidences" a été programmée, pour nous apporter un regard extérieur sur ce travail en cours, et nous permettre de prendre du recul avant de continuer l’expérimentation.

Mar 23 2009

Des "Cantine"pour favoriser l’innovation dans les territoires

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Economie , Innovation , Midi Pyrénées , Paris , Politique publique , Quartier

Comment permettre l’essaimage d’un dispositif, en l’adaptant à la variété des territoires dans lesquels il est susceptible d’être implanté ? Ce 9/3, à la Cantine, , des membres fondateurs du lieu et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique, ont annoncé le démarrage d’une étude (3 mois) destinée à promouvoir l’émergence d’un réseau de « Cantine ». Cette dernière vise à favoriser l’innovation et l’émergence de projets dans l’économie numérique, avec un fonctionnement novateur, en phase avec le secteur.

La Fing, la Fondation Internet nouvelle génération, participera à l’étude, destinée à faciliter l’appropriation de la démarche par d’autres acteurs sur les territoires. « La variété des territoires, les dynamiques d’acteurs différents vont produire des cantines différentes » a commenté Daniel Kaplan, délégué général de la Fing. De fait,
« L’objectif de l’étude sera de stabiliser le concept « Cantine », sans l’enfermer, pour détourer un cahier des charges et lancer un appel à projet ou une labellisation. Il faudra établir des lignes directrices suffisantes et nécessaires pour être identifié comme Cantine, avec des options » a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet, dont le secrétariat d’état soutient le projet.
Outre à fournir un cadre de travail pour d’éventuels acteurs qui souhaitent monter un projet similaire, ce document constituera également un « outil d’aide à la prise de décision, pour convaincre les partenaires publics et privés » souligne Vincent Marcatté, président du pôle de compétitivité Images et réseaux, présent par visioconférence.

Un lieu et des formats d’animation

Ouverte depuis janvier 2008, la Cantine parisienne abrite des rencontres informelles entre acteurs de l’économie numérique, qu’il s’agisse de start-up, d’acteurs publics ou de grandes entreprises, mais également d’individus qui y trouvent un espace de travail. C’est également là que l’équipe de la 27e région a trouvé un nid. « Ce n’est pas seulement un toit. C’est aussi un format d’animation », précise Jean-Baptiste Roger, conseiller technique pour les Tics, auConseil régional d’Ile de France. Ce dernier fait partie des partenaires, publics et privés, qui participent au projet, aux cotés deSilicon sentier, association d’entreprises technologiques basées en île de France, Orange, et la Mairie de Paris, notamment.
S’il est difficile de quantifier le nombre de contrats signés ou de projets nés dans ces lieux, depuis un an, le bilan est riche : 530 événements s’y sont déroulés, de formats très divers, qu’il s’agisse de conférences, de petits déjeuner presse, ou encore de réunions entre acteurs du secteur. Et de nombreuses sollicitations par des acteurs territoriaux.
Outre à avoir séduit Nathalie Kosciusko-Morizet, le dispositif de la Cantine intéresse déjà d’autres acteurs de types variés, situés dans d’autres régions, comme Manche Numérique, le syndicat mixte d’aménagement numérique du département, le pôle de compétitivité breton Images et réseaux, etla Mêlée, une association qui fédère les acteurs de l’économie numérique en Midi-Pyrénées. Tous trois souhaitent se doter de dispositifs qui s’inspirent de la Cantine, en l’adaptant à leurs contextes locaux.

Cantines en réseau

Morgan Hervé, responsable développement & prospective à Manche numérique, entend décliner le concept de la cantine, « mixer créatif », mais en trouvant une «  alchimie territoriale. La Manche est un territoire très étiré. Nous n’aurons pas forcément une seule unité de lieu. Ce qui nous intéresse, c’est le réseau. Et il nous faudra aussi trouver des façons de mesurer l’innovation » précise-t-il. Vincent Marcatté, président du Pôle Breton Images et réseaux, entend, lui, adapter l’idée à un territoire qui couvre la Bretagne et le pays de la Loire, « pour que les partenaires académiques, les PME, les grands groupes, travaillent ensemble plus vite. L’ambition du pole est de créer des cantines en réseau, en commençant par Nantes et Rennes ». Plus au sud, à Toulouse, la Mêlée cherche un « effet de levier ». « C’est un frein de ne pas disposer d’un lieu où organiser des rencontres inorganisées, car beaucoup de choses se passent comme cela » commente Jean Pierre Bayol, son délégué général, qui propose d’enrichir le projet avec leurs propres savoirs faire.
Ces ambitions qui rencontrent celles de la Cantine parisienne qui « cherche à déployer un réseau, et pas seulement à Paris. Nous serions ravis de travailler avec d’autres » précise Jean-Baptiste Roger.

Mar 23 2009

Territoires en Résidences : projet de préfiguration d’une maison de santé en Auvergne

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Aménagement
Tags: Auvergne , Santé , solidarité , Territoires en résidences

Nouvelle étape avec cette réunion de travail qui visait à étudier les conditions pratiques de mise en place d’une résidence consacrée aux maisons de santé sur le territoire auvergnat. La Réunion associait Mireille Ghys, chef du service Santé ; Philippe Roland, Directeur de la Direction du Développement Durable Solidaire des Territoires ; Sébastien Cote, chargé de mission TIC ; Adelaïde Schindler, Doctorante en géographie et en mission à l’ARDTA (agence régionale des territoires d’Auvergne) sur les questions de santé et d’attractivité du territoire ; Marie Coirié, designer de l’ENSCI, et enfin Stéphane Vincent, directeur de la 27e Région.

Au titre de l’aménagement du territoire, la Région prévoit d’intervenir dans des projets de maisons de santé, dont le coût va aujourd’hui de 600 000 euros à 1,7 millions d’euros. Mais nombreuses sont les candidatures basées essentiellement sur un projet d’aménagement architectural, alors que l’enjeu est plus généralement de réussir un projet d’accès au soin. Chacun est bien conscient de la nécessité de mobiliser des méthodes qui permettent de mieux partir des pratiques des médecins, des patients, des aidants et d’une façon général de toute la communauté locale afin d’embrasser l’échelle du réseau de santé, et pas seulement celle du bâtiment.

C’est à ce titre qu’est examinée l’opportunité d’expérimenter de nouvelles formes d’ingénierie comme celles qui sont mobilisées dans le cadre des résidences. Ces méthodes doivent permettre de questionner l’accès au soin, en partant des pratiques existantes, en les amplifiant et en imaginant des solutions innovantes faisant converger des problématiques très diverses : le problème de l’exode des médecins dans les zones rurales, la question de l’éloignement géographique, le traitement des données médicales, etc. La 27e Région serait disposée à financer 50% du budget de 30 000 euros prévu pour mener la résidence, la Région et les partenaires locaux prenant en charge l’autre partie du financement. Adélaïde Schindler propose également de faire l’état des démarches déjà engagées sur des problématiques similaires, notamment les initiatives lancées par la Mutualité sociale agricole et les cahiers des charges déjà existants. Prochaine étape : provoquer avant fin juin la visite d’un ou deux territoires candidats à l’accueil d’une résidence.

Mar 19 2009

Les jeunes britanniques repensent leur système éducatif

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Formation , Innovation , Lycée , Politique publique , social

Des élèves font passer des entretiens d’évaluation à leurs enseignants : c’était l’an dernier, à la South Camden Community School , un collège londonien. Plus globalement, les jeunes ont géré le processus même d’évaluation de leur établissement, avec force entretiens et séances de travail pour élaborer des solutions d’amélioration. Résultat : pour 2009, l’établissement a prévu de faire participer plus les parents, et la mise en place d’une boutique qui devrait être gérée par les étudiants. Aujourd’hui, un autre établissement londonien, le Lewisham Further Education College et des écoles primaires du Yorkshire, s’apprêtent à adopter cette méthode, « Edge Instead », d’après son promoteur, « Edge Learner Forum ». Ce dernier est un programme qui vise à rendre les jeunes acteurs de leur propre éducation, en les amenant à réfléchir et échanger sur le sujet, mais, surtout, à passer à l’action. Né en 2004, le programme lui même est financé par Edge, une fondation qui soutient le “practical learning », l’apprentissage par la pratique.
Outre l’invention de ce système d’évaluation des établissements, les jeunes du Edge Learner Forum mènent également d’autres activités. Ils ont notamment produit une vidéo destinée à faire connaître et susciter le débat sur le nouveau « diploma », une qualification reconnue par l’équivalent britannique du ministère de l’éducation, et qui utilise le « practical Learning ». Pour ce, les jeunes ont interviewé jeunes, enseignants, entrepreneurs, et hommes politiques à travers le pays. Leur film a été diffusé dans les écoles, les collèges et les collectivités locales. « Il a été très bien accueilli, et nous recevons encore des demandes de copies » témoigne Nick Hagan, chargé de mission au Edge Learner Forum.

Des jeunes traités comme des ressources

Aujourd’hui, ce sont quelques 200 jeunes ( de 11 à 22 ans) qui participent au projet. Ils se réunissent au sein de huit forums régionaux, (Sussex, Birmingham, Cumbria, Doncaster, London, Newcastel, Sussex, North Yorkshire, Nottingham). Chacun d’entre eux est géré par un administrateur public ou associatif, comme First Class Youth, ou privé, comme Adam Wellings Consultancy. «  Les membres décident souvent des sujets sur lesquels va se concentrer le forum local. Par exemple, « Edge instead » est né de l’idée d’un jeune, et le forum a ensuite travaillé pour que cela devienne un véritable projet » précise Nick Hagan. Car, au delà des résultats, le fait même de participer relève de l’apprentissage par l’expérience, pour Edge. « Au fur et à mesure que le groupe se développe, les jeunes commencent à être de plus en plus impliqués dans son organisation même »ajoute Nick Hagan. Ce que confirment les témoignages des jeunes sur les sites des forums locaux. « Nous sommes traités comme des adultes. Le forum est réellement intéressant. Il donne aux gens quelque chose à faire le dimanche. Il nous aide à nous impliquer dans ce qui se passe dans le Sussex rural » raconte l’un des ados. Pour l’instant, une réunion physique réunit les membres de chacun des forums tous les deux mois, et des échanges réguliers passent par internet et par téléphone. Mais Edge Learner Forum entend accroitre considérablement le nombre de participants, et travaille actuellement à faire vivre cette communauté sous une forme virtuelle plus élaborée.

Mar 18 2009

Les espaces publics numériques, laboratoires de l’action publique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Développement local , Espace public , Formation , Innovation , Intergénérationnel , Politique publique , Quartier , rural

Avec d’autres collègues, je participais en tant que grand témoin (ciel !) aux rencontres UNIS (Usages nouveaux de l’internet social) organisées sous l’égide de la Région Provence Alpes Côte d’Azur à Draguignan, ce mardi 17 mars. Voici ma conclusion sous forme de rapport d’étonnement, au terme de cette journée réellement réjouissante, dans une salle bien remplie et avec des intervenants de très grande qualité.

Une conviction, tout d’abord : les espaces publics numériques (en Paca, les ERIC) sont devenus de véritables laboratoires de l’action publique sur lesquels les acteurs publics « traditionnels » feraient bien de se pencher plus sérieusement… Je m’explique. En 10 ans d’existence, les milliers d’espaces publics initialement conçus par les collectivités locales et les associations pour « réduire la fracture numérique » ont depuis longtemps quitté la simple sphère de la sensibilisation à l’internet : sans cesser de peaufiner des méthodes d’apprentissage du numérique toujours plus originales, ils ont peu ou prou dû endosser le rôle d’auxiliaire de toutes les grandes politiques publiques dites « nobles » : emploi, formation, culture, citoyenneté, lutte contre l’exclusion, etc.
Prenons l’emploi, par exemple. Aujourd’hui, où un chômeur va t-il le plus facilement se mettre en quête d’un travail : dans un Point Emploi ou au sein d’un espace multimédia ? Les acteurs traditionnels ne sont le plus souvent pas équipés pour le nouveau monde de l’emploi, qui a massivement franchi les frontières numériques, où gravitent dorénavant des centaines de sites de recherche d’emploi privés, de « job boards », blogs et autres réseaux sociaux devenus indispensables pour créer son existence professionnelle, quelle que soit sa qualification. Là où l’internet allait provoquer une transformation majeure –dans la façon de trouver un travail, de s’informer, de socialiser, de vivre- les acteurs traditionnels n’y ont souvent vu qu’un nouveau support à investir, de nouveaux sites web à créer. Ils se sont dotés d’outils plus ou moins performants, mais n’ont rien changé à leur façon de faire. Erreur. Les grands acteurs publics étant déficients, les espaces publics « font le boulot », imaginent eux-mêmes des partenariats, inventent de nouvelles méthodes, réinventent la médiation, co-construisent des solutions avec les gens, sans subir le poids des dogmes ni des cultures administratives.

En corollaire, une interrogation. Bon an, mal an, les espaces numériques ont traversé et traversent les crises, les réductions de crédits publics, les situations précaires depuis des années sans voire leur légitimité se réduire. Il a bien des abandons, mais la plupart des équipes se renouvellent, et chaque jour de nouveaux lieux sont créés avec une motivation toujours aussi forte.
Pour autant, faut-il se satisfaire de ce statut de « strapontin de l’action publique » ? Pourquoi ces initiatives sont-elles si peu présentes au sein des grandes politiques de la ville (programmes Anru, par exemple), des politiques du logement, de l’emploi et de l’économie, de la culture, des services, de la famille, de la lutte contre l’exclusion, de la citoyenneté ? On pourrait objecter qu’il est plus facile d’avancer de « l’extérieur », débarrassé du poids des politiques publiques, à partir de la seule énergie associative et ascendante… mais c’est oublier que même une faible part des crédits alloués à ces grandes politiques –même en réduction constante- suffirait à décupler les moyens des espaces numériques. Dit autrement : vaut-il mieux espérer un énième grand plan en faveur de l’e-inclusion, ou en irriguer chacune des grandes politiques publiques ?

Une suggestion, enfin. Puisqu’il est communément admis que les questions d’e-inclusion sont durablement devant nous, et qu’elles vont s’amplifier au rythme incessant des technologiques (à l’internet vont s’ajouter les « machines communicantes », les nanotechnologies, etc), pourquoi ne pas s’adonner à un salutaire exercice de prospective créative à 5, 10 ou 15 ans ? A quoi aimerions-nous que ressemblent les espaces numériques demain ? Que deviendront-ils en tant que lieux ? les fonctions qu’ils assurent auront-elles intégré les structures ? quels nouveaux métiers auront vu le jour ? Quels seront alors les pratiques et attentes des usagers ? Un tel travail aurait le mérite de créer un regain d’intérêts chez les élus, de prendre une option sur l’avenir. On a sincèrement hâte de lire les propositions que seraient capables de produire collectivement les centaines d’animateurs, médiateurs, responsables de Paca et d’ailleurs. Alors, chiche ?

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