Le dessous des "labs"
Billet publié par Stéphane VincentVous en avez assez des "labs" ? Difficile de vous le reprocher... Sur les dizaines d’annonces régulières de nouveaux laboratoires d’innovation (sociale, numérique, administrative, qu’ils soient d’initiative privée ou publique), combien relèvent d’un "me-too marketing" désastreux qui contribue à dévaluer un concept pourtant fertile ? La déception qui suit bien souvent est d’autant plus grande que les ambitions qui sont prêtées à ces "labs" sont grandes : en général, rien de moins que transformer le système social, démocratique, éducatif, alimentaire ou encore le secteur public !
Labs2, une initiative de Kennisland
C’est pourquoi la rencontre Labs2 initiée les 24 et 25 avril dernier à Amsterdam par le think-tank hollandais Kennisland et l’organisme de coopération Hivos venait à point nommé. Rappelons que Kennisland possède 15 ans d’expériences ultra-inspirantes dont le "social innovation safari", ou la Brigade Kafka au sujet de laquelle nous avions interviewé en 2009 Joeri Van de Steenhoven -qui vient de rejoindre le nouveau labo créé par le canadien MaRS Discovery District à Toronto. Pendant deux jours, Kenniskand a réuni une quarantaine de labs-like du monde entier dont la 27e Région. Au programme, pas de fanfaronnade mais plutôt la volonté d’explorer le travail des "labs" de façon plus approfondie et d’échanger sur les échecs, nombreux mais rarement exprimés.
Des labs sur tous les thèmes
Les participants venaient du monde entier et reflétaient une très grande diversité d’objectifs et de thèmes : en Afrique du Sud, Ushahidi anime un logiciel de crowdsourcing, né après la crise au Kenya en 2007 à la suite de l’élection présidentielle pour collecter les témoignages de violence envoyés par email et SMS et les placer sur Google Maps ; en Grande-Bretagne, le Finance Lab explore de nouveaux modèles de systèmes financiers au services des populations ; au Cambodge, le Human Centered Innovation Lab co-conçoit des équipements du quotidien avec les habitants. Qu’est-ce qui réunit ces initiatives très différentes ? Une volonté de transformation active et "avec les gens". Marco Steinberg (SITRA) propose une formule courte mais efficace : il définit un laboratoire comme "une plateforme créative pour expérimenter des solutions en dehors du système dominant."
Impossible de rapporter ici toutes les idées et tous les belles rencontres occasionnées par ces deux journées, alors revenons sur ce qui nous a semblé le plus marquant.
Des méthodes comparables
Peu ou prou, tous les labs recourent aux sciences sociales et aux pratiques ethnographiques, au design de service ou au design thinking, et aux technologies -ou en tout cas, aspirent à le faire. Du coup, il est relativement facile et passionnant de comparer les approches. Par exemple, les temps d’intervention fluctuent : les "design studios" de l’Helsinki Design Lab" durent une semaine ; le programme La Transfo de la 27e Région avec les Conseils régionaux dure 10 semaines réparties sur 2 ans ; le HCD i-Lab du Cambodge conduit des immersions d’une semaine, mais conduit également des travaux de recherches sur plusieurs mois. La question demeure : combien de temps faut-il pour développer une bonne idée et la mettre en œuvre ?
Une certaine difficulté à exprimer des valeurs
A l’inverse, aucun des participants n’évoquent explicitement les valeurs qui président à leur "labs", sinon en des termes très généraux. Tout se passe également comme si les projets étaient apolitiques... Or il parait inconcevable que des projets de cultures et d’origines aussi diverses convergent en termes de visions. Cette impression un peu dérangeante d’un flou conceptuel est bien résumé par l’entrepreneure sociale Sarah Schulman dans ce billet, qui appelle à plus de clarté sur ce point : "Comment rendre nos valeurs et principes aussi concrets que nos disciplines et nos méthodes ?". Sarah préconise d’appliquer la bonne vieille méthode des "5 pourquoi" : "Si vous me dites que vous travaillez sur un projet visant à rendre l’administration plus transparente, je vous demanderai inlassablement pourquoi, jusqu’à ce que je comprenne bien pour quelles raisons cette transparence est selon vous une bonne chose". Sarah suggère également aux promoteurs de labs de citer leurs sources d’inspiration, qu’elles soient contemporaines ou plus anciennes.
Beaucoup de questionnements communs... et des difficultés à y répondre
Ces deux journées ont notamment permis de prendre conscience de la similarité des questionnements que se posent ces "labs". Même s’ils n’ont pas le même objet ni la même ancienneté, tous semble arriver plus ou moins au même stade de "maturité" dans leur questionnement : quel business model ? Comment "mesurer" l’impact, comment capitaliser les processus en cours ?... Toute la communauté se rassemble finalement sur quelques grandes questions sans toutefois pouvoir y trouver de réponse unifiée pour le moment.
L’enjeu du passage à l’échelle
Faire passer l’innovation à l’échelle est l’obsession de tous les promoteurs de laboratoires d’innovation. Dans un débat passionnant sur la question, Frances Westley (Université de Waterloo) propose 5 différentes façons d’envisager le passage à l’échelle des innovations, tirées d’un article écrit en 2011, "Pathways to Change System" :
- Le « lego » : on est une plateforme, on connecte des gens et des projets
- Le « gemstone » on a un format / un produit / un service qu’on pense pertinent qu’on réplique au maximum avec des franchises / licences / autres
- Le « volcano » : on a une grande base de militants avec des leaders qui font exploser le mouvement
- Le « umbrella » : on abrite une diversité énorme d’initiatives individuelles sous une organisation chapeau, en privilégiant les grassroots intiatives locales
- Le « beanstalk » : l’organisation grossit elle-même pour augmenter son impact
Quel est le core-business des labs ?
Quelle est l’essence du rôle des labs ? Cette question est essentielle et conditionne l’ensemble du projet des labs, en terme de finalités, de fonctionnement, de modèle économique. "Devons-nous plutôt chercher à changer le système, ou à développer une aptitude à survivre à côté du système ?", résume Chris Sigaloff de Kennisland. Pour beaucoup de laboratoires, le système (la bureaucratie administrative, le système financier en place, les régimes politiques en vigueur) est vécu comme un obstacle à dépasser pour réussir la transformation. La 27e Région, à contrario, se situe plutôt du côté de ceux pour qui les difficultés du système font partie intégrante du projet du laboratoire, et ne sont en aucun cas des problèmes exogènes : ils en sont le carburant !
Ces deux journées passionnantes auront des suites -et qui sait, peut-être en France ?
Pour aller plus loin, voici d’autres comptes-rendus en anglais de cet événement : celui de Sarah Schulman et celui de CommunitySense.
Deux nouveaux rapports sur le design des politiques publiques
Billet publié par Stéphane VincentA quelques semaines d’intervalles, deux rapports sont sortis, tous deux destinés à promouvoir le design comme un moyen de re-booster le secteur public.
Le premier s’appelle "Re-starting Britain 2", et fait suite à un premier rapport qui pointait le potentiel de l’éducation au design en faveur du développement économique britannique. Ce rapport est à l’initiative de la commission design de Policy Connect, think-tank cherchant à influer les décisions des parlementaires britanniques.
Le second, intitulé "Design for Public Good" est le fruit du programme Sharing Experience Europe (SEE) co-financé par l’Union européenne et co-rédigé par le Design Council, Design Wales (GB), le Danish Design Center (DK) et Aalto University (FI).
Un rapport comme "Re-starting Britain" était-il bien nécessaire dans le pays du design, qui a vu naître des projets pionniers dans le secteur public -Demos, Participle, Think Public et d’autres ? Lors d’une rencontre à Berlin en avril dernier, la coordinatrice du rapport Jocelyn Bailey répondait par l’affirmative en nous donnant quelques explications : d’un côté, la plupart des élus ignorent totalement le statut enviable occupé par le design britannique dans le monde. Et côté designers, Jocelyn évoque une certaine naïveté du secteur, mal préparé à dialoguer avec les décideurs publics.
C’est pourquoi le rapport fait une série de recommandations dans lesquelles le gouvernement est invité à montrer l’exemple et à se doter en capacités en design, et préconise une série d’actions de la part du secteur du design. Mais il constitue aussi un bon argumentaire qui passe en revue tous les apports du design pour renouveler le secteur public, en les illustrant de nombreux exemples nationaux et internationaux -avec une mention spéciale 27e Région- et une proposition intéressante de typologie des fonctions design dans les administrations.
C’est également le cas de "Design for Public Good", dont les recommandations sont assez proches du premier, et qui fournira un grand nombre d’exemples et de cas à tous ceux qui s’intéressent au design des politiques publiques. On y trouve également un chapitre consacré à la question de l’évaluation de l’impact du design dans les administrations.
Un regret peut-être : les auteurs en appellent systématiquement à un effort accru de l’Etat et des institutions. C’est bien normal. Mais en Grande-Bretagne au moins, le design des politiques publiques possède une histoire, brêve mais bien réelle. Depuis quelques temps, l’observation montre qu’au moment même où l’engouement pour ces formes de design semble se confirmer, le marché se rétracte et beaucoup jettent l’éponge : l’agence Think Public à Londres, le programme Helsinki Design Lab en Finlande, le think tank TACSI en Australie... Quel bilan en tirer ? les modèles économiques sont-ils les bons ? Une pratique réellement qualitative du design est-elle compatible avec les règles des marchés publics d’aujourd’hui ? On aurait aimé trouvé dans ces rapports des diagnostics et des recommandations un peu plus poussées. Mais leur sortie constitue un signal positif, et c’est sans doute l’essentiel.
Co-conception : épisode 3 de notre webdocumentaire
Billet publié par Stéphane VincentC’est le troisième épisode, et pour l’instant le dernier de notre série sur les méthodes de design appliquées aux politiques publiques. Consacré cette fois-ci à la co-conception, il vise à montrer "en action" des façons différentes d’associer les habitants, les utilisateurs à la conception d’un dispositif ou d’un équipement. C’est aussi un épisode tout à fait spécial, car dédié à Gabi Farage -fondateur bien connu du collectif "Bruit du Frigo"- malheureusement disparu depuis.
Gabi nous avait expliqué pourquoi il lui semblait essentiel d’associer les utilisateurs à la conception de la méthode elle-même. Gabi bénéficiait d’une très forte reconnaissance dans la communauté de l’intervention urbaine, mais il existe peu de témoignages vidéo sur son travail et nous sommes heureux de contribuer modestement à le faire connaitre dans d’autres cercles.
L’achat durable : une nouvelle résidence menée avec la Région Rhône Alpes
Billet publié par Stéphane VincentTags: Rhône Alpes , Territoires en résidences
Très réglementé par le code des marchés publics, à première vue l’achat est loin d’être le premier sujet porteur d’innovation. Pourtant les administrations comptent de plus en plus sur le levier de la commande publique pour agir sur le tissu économique et les fournisseurs en les incitant à proposer des produits et services plus soutenables, compatibles avec de nouvelles exigences environnementales et sociales.
C’est pour explorer les pratiques relatives aux marchés publics et prototyper des solutions que de juin à octobre 2012, nous avons mené une résidence au sein de la Région Rhône Alpes. L’équipe était composée d’Adèle Seyrig, designer, Frédérique Sonnet, sociologue, Marie Coirié, designer indépendante, Christophe Gouache, designer, et François Jégou, directeur scientifique de la 27e Région, designer, Strategic Design Scenarios (SDS), ainsi Flore Berlingen, alors chargée de mission à la 27e Région et depuis partie pour Ouishare.
Au sein de la Région, la résidence a vu le jour à l’initiative de la DGMTRE (Délégation générale aux missions transversales et à la relation aux Elus). Elle a été conduite en lien étroit avec la Mission développement durable, évaluation et prospective de la DGMTRE ainsi qu’avec la DAJCP (Direction des Affaires Juridiques et de la Commande Publique).
L’équipe vient de publier le livret qui relate le processus et des pistes d’innovations testées avec les agents et les fournisseurs de la Région, à retrouver ici.
Marylise Lebranchu : du design à la réforme de l’Etat
Billet publié par Stéphane VincentTags: copenhague , Design , Innovation
Le 18 février débutait une semaine spéciale "réforme de l’Etat" pour la 27e Région, avec pour la première fois, la participation à nos travaux de Marylise Lebranchu. C’est à cette occasion que la ministre à la Décentralisation, à la Réforme de l’Etat et à la Fonction Publique a annoncé son intention de lancer un "laboratoire de l’innovation publique de l’Etat" avant fin 2013 [ajout le 1/3 : La France veut se doter d’un laboratoire de l’innovation des politiques publiques, et L’exemple danois comme source d’inspiration, Les Echos 20 février]
Design des politiques publiques en Europe
La semaine commençait à Copenhague au MindLab, laboratoire d’innovation interministériel danois, où nous organisions une visite pour un groupe de personnalités issues de tout l’écosystème public français : Marylise Lebranchu et ses équipes du SGMAP (Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique), Christian Paul, président de la 27e Région et député de la Nièvre, mais aussi la direction de l’ENA, celle du CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale), les présidents, vice-présidents et directeurs de plusieurs Régions (Centre, Champagne-Ardenne, Bretagne, Bourgogne, Nord-Pas de Calais), la Caisse des Dépôts, le Grand Lyon, la ville de Saint-Etienne, ainsi qu’un groupe de designers et d’intervenants associés aux travaux de la 27e Région.
Petite mise à jour, tout d’abord : nous avions préparé pour les participants des présentations par atelier, consacrés successivement à un rappel des disciplines mobilisées autour du design, à l’état du secteur en Europe, à une présentation de cas d’études, ainsi qu’à une rencontre avec les représentants de la ville danoise de Roskilde qui mobilise depuis plusieurs années le design comme levier de modernisation.
Le MindLab, 10 ans d’expérience dans l’innovation publique
L’après-midi était consacrée à l’enjeu des laboratoires d’innovation publique, dont bien sûr le MindLab. On retrouvera dans la présentation ci-après les points-clés de la présentation de Christian Bason, son directeur et Niels Hansen, chef de projet : l’innovation publique, en tant qu’équation devant concilier "expérience du service" et "résultats", "productivité" et "démocratie" ; les "design labs", décrits comme des projets intrinsèquement partenariaux et pluridisciplinaires ; les questions de gouvernance et de prise de décision ; les échecs rencontrés et leurs explications…
Nous avons ensuite proposé aux participants de passer à l’acte : répartis en petits groupes, ils avaient une heure pour décrire les contours d’une fonction "laboratoire" au sein de leur institution, en se mettant dans la peau d’un journaliste chargé de la décrire. Une réflexion collective, dans un cadre neutre, ou l’Etat et les collectivités locales pouvaient librement imaginer non seulement comment se doter d’une fonction innovation en leur sein, mais comment engager une coopération entre administrations dans ce domaine.
De Copenhague à Châlons-en-Champagne
Retour en France, et quelques jours plus tard, la semaine se terminait à Châlons-en-Champagne, ou Marylise Lebranchu avait choisi de se rendre pour mieux comprendre le processus de la Transfo, le programme que nous menons avec quatre Régions dont Champagne Ardenne. En présence du président Jean-Paul Bachy, agents et directeurs ont pu décrire de quelle manière, depuis plus d’un an, ils prototypent un laboratoire d’innovation capable de reconcevoir des dispositifs mis en oeuvre par la Région, et en imaginer de nouveaux en repartant des pratiques des bénéficiaires.
Ce que disent les participants
- L’Etat lancera son laboratoire d’innovation publique avant la fin 2013 (Marylise Lebranchu)
- L’innovation publique doit être un sujet de coopération et de travail en réseau entre l’Etat et les collectivités (Marylise Lebranchu, Christian Paul, François-Gilles Le Theule)
- Nous sommes à un tournant dans la conception des politiques publiques (Gérard Ruelle, Jean-Gabriel Minel) - il faut créer une culture commune et des lieux "neutres" dédiés, on a besoin de cadres stimulants qui permettent de réfléchir autrement et de partager ces réflexions (Christian Paul, Jean-Loup Molin, Sylvie Robert)
- Il faut mettre en réseau les professionnels, les administrations, la formation et la recherche (Christian Paul)
- C’est un processus itératif, l’essentiel est de donner l’impulsion et de traiter les obstacles chemin faisant, et de conserver la volonté de questionnement permanent (Gérard Ruelle, François-Gilles Le Theule)
- Les institutions publiques ont besoin de reprendre la main sur leur intelligence et leur expertise, de remobiliser les équipes, compétences et moyens internes, de réaffecter des ressources (Jean-Loup Molin)
- Et si on innovait aussi dans les modalités d’exercice de la démocratie et du pouvoir, afin de redonner des signes "d’en haut", réenchanter la capacité de changement de l’administration et de l’exercice du pouvoir ? (Cécile Avezard)
- Ne pas oublier la question des échelles, le Danemark peut faire des choses que nous ne pouvons pas (Jacques-François Marchandise)
- Comment former à ces enjeux et méthodes ? comment former autant les catégories A, B que C ? (Jacques-François Marchandise)
design + politiques publiques = encore un effort !
Billet publié par Stéphane VincentTag : Design
Depuis plus de cinq ans nous explorons patiemment, pas à pas, à quelles conditions le design peut contribuer à moderniser l’action publique. Après de nombreuses expériences menées avec les Régions et nouvellement avec l’Etat, nous réalisons combien le chemin est encore long et chaotique.
Bien sûr, l’une des difficultés tient dans la culture administrative elle-même, réputée imperméable à d’autres cultures davantage marquées par la coopération et la créativité. Mais cette réputation est souvent excessive, et tous ceux qui pratiquent vraiment l’administration de l’intérieur savent que l’innovation n’y est nullement absente.
Contre toute attente, il se pourrait bien que ce soit l’enseignement et la pratique du design qui aient besoin de progresser au plus vite. La plupart des écoles de design ne se sont pour l’instant pas sérieusement intéressées au secteur public. Seule une infime partie des profils qui quittent les établissements correspond à ce dont a besoin l’administration, dans son effort de modernisation.
Voulons-nous que le design exerce pleinement sa singularité, qu’il joue un rôle majeur dans l’avenir des services publics ? Ou bien sommes nous prêts à n’y voir qu’une mode passagère, une discipline "créative" que les grands cabinets conseils et les écoles de commerce s’offriront comme elles l’ont fait avec d’autres ?
Dans le texte qui suit -traduit pour nous par Emilie Brard- le directeur du Nesta anglais Geoff Mulgan résume bien les intuitions que nous ressentons souvent : « Aujourd’hui, les designers doivent trouver une voix plus humble, porter plus d’attention aux résultats, accorder plus de considération à cet "art profond" indispensable au succès de l’innovation publique, et reconnaître que le meilleur d’eux-mêmes ne ressortira probablement qu’au contact d’une équipe rassemblant des compétences complémentaires. »
L’article original est ici.
Penser la médiathèque de demain
Billet publié par Stéphane VincentTag : Auvergne
Qu’est-ce qu’une médiathèque aujourd’hui, et comment la penser en fonction des pratiques culturelles, sociales et numériques de demain ? Comment repenser une politique de lecture publique à l’échelle d’un territoire ? C’est pour explorer ces questions que nous avons conduit une nouvelle résidence de mai à octobre 2012 dans la Communauté de communes Dore et Allier, à Lezoux, petite commune à 30 minutes de Clermont-Ferrand qui va accueillir une nouvelle médiathèque intercommunale début 2014. Outre la Communauté de communes, les partenaires étaient la Région Auvergne et le Département du Puy-de-Dôme, qui a la charge d’animer la politique de lecture publique sur le territoire.
Ethno, proto, carto
L’équipe pluridisciplinaire, constituée d’Elisa Demay (De l’Aire), d’Adrien Demay et Damien Roffat (Design Territoire Alternatives) et de Blandine Scherer, formée aux métiers des bibliothèques et du patrimoine a passé trois semaines complètes à Lezoux pour travailler avec les habitants, les bibliothécaires, les associations, les fonctionnaires et les élus.
Après une première semaine passée à réinterroger le projet et formuler des visions pour la future médiathèque, l’équipe a utilisé la seconde semaine pour mener des tests à partir de prototypes de services imaginés avec les habitants : la malle-médiathèque, pour tester le principe de fonds participatifs, ou encore la cabine de téléchargement pour traiter des enjeux du téléchargement d’oeuvres sur format numérique. La troisième semaine a permis de construire une vision générale de la médiathèque à partir de ses usages, et d’en faire une cartographie sous la forme d’un poster.
Ouvrir la médiathèque, décentraliser les dynamiques de lecture publique
Les orientations proposées insistent clairement sur l’idée d’une médiathèque ouverte à de multiples usages collaboratifs, très éloignée de l’image du bibliothécaire assis derrière sa banque d’accueil et gérant son stock d’ouvrages. Elles proposent aussi une vision radicalement différente de la politique de lecture publique départementale, dans laquelle les petits établissements et les bibliothécaires bénévoles ne sont plus les derniers maillons d’un système bien trop grand et centralisé pour eux, mais le premier kilomètre de nouvelles pratiques d’échanges locaux. Une vision davantage orientée sur le partage pair à pair et la convivialité, que sur des bases de données centralisées et complexes à gérer, ou de coûteux processus de livraisons d’ouvrages gourmands en empreinte carbone.
Le livret de fin de résidence vient d’être publié et présenté aux acteurs locaux le 21 février : il permet de retrouver l’ensemble du processus qui a conduit à ces enseignements.
Il comprend également une cartographie des usages de la futur médiathèque réalisée par Benjamin Vesse sous l’égide de l’équipe, qui permettra au futur architecte de penser (ça n’est pas si fréquent !) son projet à partir des pratiques des usagers, plutôt que de travailler au doigt mouillé...
Il s’agit de la troisième opération menée par la 27e Région en Auvergne, après le travail mené avec la Région Auvergne et le lycée d’Yzeure sur la mobilité des jeunes en Europe, et la résidence consacrée aux maisons de santé.
Les nouveaux usages de la médiathèque
Billet publié par Stéphane VincentTags: Auvergne , médiathèque , Territoires en résidences
Premier aperçu des fruits d’une résidence que nous venons de terminer à Lezoux, en Auvergne : il s’agit d’une préfiguration du "plan d’usages" de la future médiathèque intercommunale, conçu à partir d’un travail associant les bibliothécaires bénévoles, les habitants, les agents et élus locaux, le Département et la Région.
L’illustration traduit bien le passage d’une vision classique des politiques de lecture publique incarnées par la médiathèque "gestionnaire de stocks d’ouvrages", à une fonction de médiation territoriale et d’animation numérique et "pair à pair" (fonds participatifs, médiation numérique et mobile, etc).
L’auteur de l’image est Benjamin Vesse pour le compte de l’agence Design Territoire Alternatives, de l’association De l’Aire sous l’égide de la 27e Région, en partenariat avec la Région Auvergne, le Département du Puy-de-Dôme et ma Communauté de communes Entre Dore et Allier.
Une résidence à retrouver en blog, et bientôt sous la forme d’un livret illustré.
Méthodes ingénieuses pour Régions heureuses, #2 : le prototypage
Billet publié par Stéphane VincentTag : Territoires en résidences
English presentation to be downloaded here. Our documentary is subtitled in English.
Après un premier épisode consacré à l’immersion, voici le second consacré cette fois-ci au prototypage rapide, à partir des expériences réalisées à partir de 2009 dans le cadre du programme "Territoires en résidences".
Comment transformer l’activité numérique d’un territoire en une expérience tangible pour les habitants de Rennes, en Région Bretagne ? Comment mobiliser les habitants de Cenon, en Aquitaine, autour d’un réseau social numérique ? Ce deuxième épisode présente comment le prototypage rapide, inspiré du design, peut être utilisé pour mener des tests visant à produire des services publics de meilleure qualité (Durée 6’30)
Prochaine épisode : la co-conception.
dix idées pour le design des politiques publiques
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e RégionQui lit vraiment les actes de colloque ? Personne. Quelques semaines après Design Public Local, séminaire international organisé par nos soins en septembre dernier à Tourcoing, nous avons préféré retenir 10 idées fortes qui ont traversé l’ensemble des échanges. Parmi celles-ci, le principe de "piratage bienveillant", c’est à dire l’idée que la transformation véritable ne peut se faire qu’à condition qu’une forme d’indiscipline soit possible - ce qui est impensable dans les contrats classiques du consulting, par exemple. A partir de leurs expériences acquises dans les laboratoires d’innovation et autres do-tanks, les participants ont cherché à décrire comment rendre ce véritable "droit de décadrage" possible et pérenne. Parmi les autres idées développées figurent la question du cycle de vie des politiques publiques, ou encore la question du projet politique du design. A télécharger librement par ici (pdf, 33 Mo) ou via slideshare :
Les partenaires de Design Public Local sont la Région Nord-Pas de Calais, la Caisse des Dépôts et l’Union européenne (programme Europ’Act).





