Peut-on faire du neuf en matière de prospective territoriale ?
Billet publié par Stéphane VincentTags: Citoyenneté , Créativité , Développement local , Environnement , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective , Quotidien , social , solidarité , technologie , Ville
Bretagne 2032, Limousin 2027, France 2020... Nous avions très envie de nous frotter à la prospective territoriale, exercice pratiqué depuis longtemps par quelques dizaines de collectivités françaises de tous échelons. L’occasion nous en a été donnée en Nord-Pas de Calais : nous venons d’explorer avec la Région de nouvelles façons d’élaborer et d’enrichir un exercice de prospective territoriale, mais aussi d’en rendre compte en public. Ca se passait le 14 avril dernier à l’Hôtel de Région du Nord-Pas de Calais, à Lille. Retour sur un mois de préparatifs...
2040 : la vie de 6 ch’tis en images
Comment vulgariser les enseignements d’un travail de prospective et le rendre accessible au delà des cercles d’experts ? Rapidement s’est imposée l’idée de réinterpréter librement les pistes prospectives élaborées pendant un an par les 6 groupes thématiques du collège régional de prospective, l’instance créée par la Région. Pour chaque thème (société de la connaissance, enjeux environnementaux, citoyenneté, etc), nous avons imaginé un personnage queFélix Compère, designer et graphiste, a brillamment mis en images. Romain et moi avons rédigé les textes des voix off. L’enregistrement a été réalisé en une journée, à la Cantine, dans un studio improvisé avec quelques mètres de tissu, et un micro sur pied.

Plusieurs membres de la Fing et quelques amis ont prêté leur voir ou leur visage. Les clips sont conçus à partir de photomontages animés, retouchés à la palette graphique. Du "bricolage de qualité", donc : il ne s’agissait pas de rivaliser avec les studios Pixar... mais au contraire de montrer qu’avec peu de moyens, chacun peut prendre part à l’exercice de la prospective.

Il était également important que le fruit de ce travail paraisse suffisamment crédible (le contenu des clips, conçu sur mesure à partir des enseignements des groupes, est rigoureusement basé sur des faits scientifiques et/ou plausibles), mais que le ton permette aussi de faire passer des impressions difficiles à faire passer dans les rapports, ou des idées délicates à décrire : la ville sécuritaire, l’après-Sangatte et les grandes migrations climatiques à venir. Les 6 vidéos sont sur Youtube et sont visibles ici, sur cette interface originale dégotée par Loïc Hay, ou sur le site de la Fing.

Comment créer du dialogue au sein de l’hémicycle régional ?
Un autre test consistait à introduire des modalités de dialogue au sein du public lors de la soirée de présentation des travaux du collège, le 14 avril. Comment permettre aux cent participants du collège de s’exprimer à tout moment, de commenter librement les interventions, de suggérer des sources ? Pas facile, dans l’enceinte écrasante de l’hémicycle régional, de créer la convivialité nécessaire... Pour ce faire, nous avons légèrement détourné le principe du panneau de micro-blogging expérimenté par nos collègues Charles Nepote et Renaud Francou, du programme Identités Actives. D’abord, en distribuant aux participants des feuilles titrées "A mon avis", sur laquelle ils étaient invités à faire part de leurs remarques à tout instant de la présentation. D’abord timide, le mouvement s’est amplifié et un flux régulier de feuilles annotées sont remontées (commentaires, réactions, sources bibliographiques, questions...), et nous avons pu les distiller tout au long des présentations en les projetant sur un écran spécialement dédié.

Le making of de la prospective régionale
Enfin, nous avions convaincu l’équipe prospective de profiter de la soirée pour lancer un blog décrivant dorénavant en continu l’activité de la direction prospective, de ses travaux en cours, de ses publications, mais mobilisant également la vidéo et la photo. Un outil de "making of", en quelque sort, de l’action prospective de la Région. Un peu de calage est encore nécessaire, mais c’est en tout cas chose faite, la direction informatique ayant mis à disposition ses ressources à cet effet.
Quels enseignements ? A ce stade, les participants du collège régional semblent avoir apprécié les clips, en tant qu’objet à partir desquels ils pouvaient s’exprimer, se positionner, qu’ils pouvaient enrichir ou prendre à contre-pied. Le format a pu désarçonner quelques participants, mais l’équipe prospective semble convaincue qu’elle doit dorénavant être en capacité de travailler sur ce type de format, de mobiliser l’image, la vidéo, l’illustration. Le blog "journal de bord" est encore trop jeune, mais l’équipe semble motivée pour en faire un nouvel outil de travail. A suivre !

Le développement local italien mise sur les individus
Billet publié par Anne DaubréeTags: Créativité , Développement local , Europe , Innovation , technologie
Projet numéro 1 : confier les touristes à des « anges gardiens », les habitants de Naples, ville qui séduit mais impressionne… Projet numéro 2 : proposer aux vacanciers navigants d’acheter dans un endroit convivial basilic et les autres aliments produits localement, lors d’une escale dans le port de la Spezia, puis repartir avec les recettes associées…
La base : des individus
Quelques 85 projets prennent aujourd’hui corps sur Kublai, un réseau social sur internet, mis sur pied par le Ministère pour le développement de l’économie italien, en mars 2008. L’objectif consiste à faire émerger les initiatives susceptibles de participer au développement local. Avec un parti pris : « nous nous adressons à des personnes » insiste Alberto Cottica, project manager de Kublai. Concrètement, « nous aidons les porteurs de projets à définir précisément leur idée, à identifier les ressources nécessaires, et à « avoir fait les comptes » même si le projet n’est pas forcément rentable au sens strictement économique, s’il comporte une valeur sociale, par exemple. Mais nous ne voulons pas les formater »complète-t-il. Une fois le projet bien défini, l’équipe de Kublai le présente auprès d’entités publiques ou privées qu’il pourrait intéresser. En revanche, pour éviter d’attirer des projets raclette à subvention, les financements directs ne sont pas prévus.
Une communauté et des experts
« La véritable richesse de Kublai tient dans la capacité auto-organisatrice du groupe qui s’est créé » d’après Federico Bo, un ingénieur informaticien. Lui même fait partie du « team » d’un projet et apporte des aides ponctuelles à quatre autres. Et ainsi de suite…De fait, une véritable communauté s’est constituée : 700 personnes constituent les unes pour les autres un vivier de compétences (informatique, créativité, design, artistes….). Ce système « permet une accélération des collaborations entre les individus. Autrement, cela serait beaucoup plus compliqué » témoigne Federico Bo. S’y ajoute l’expertise du Ministère, qui informe, par exemple, sur les possibilités de financement des projets. Au total, deux personnes à plein temps animent le réseau, aidées d’une petite dizaine de membres de la communauté, dont les interventions ponctuelles et bénévoles, sont à présent rémunérées. Et les interactions passent par tous les canaux jugés utiles : la plateforme du réseau social elle même, Second life…
Les collectivités locales s’agrègent
C’est tout à fait volontairement le « laboratoire pour les politiques de développement », une microstructure du ministère pour le Développement économique, qui permet de décider et de financer des projets de manière souple, a choisi de baser le projet sur les initiatives des individus. Marco Magrassi, l’un des commanditaires du projet Kublai au sein du ministère, souligne les difficultés de travailler sur une logique de partage dans les administrations, et ajoute : « Maintenant que le projet Kublai est bien assis, nous élaborons des protocoles d’accord avec des collectivités locales qui veulent en bénéficier ». Des régions sont sur les rangs. La ville de Modena a déjà franchi le pas. Bref, avec un investissement de 300 000 euros sur un an, Kublai a réussi le pari de constituer une communauté foisonnante de projets, dispersée sur le territoire national. Aujourd’hui, les premiers projets sont entrain d’être présentés à de potentiels partenaires, à Milan et Naples. Seul souci, des zones géographiques restent vides de projets, notamment dans le sud de la péninsule. Or, parmi les objectifs du projet figure le développement du Mezzogiorno. « Le réseau social se déploie de façon autonome. Nous ne le maitrisons pas. Nous allons essayer de le faire connaître dans ces endroits » admet Marco Magrassi. L’invention de nouveaux outils de politique publique ne se fait pas en un jour.
Le Metalab 3D explore les territoires de demain
Billet publié par Anne DaubréeTags: Formation , Innovation , Politique publique , prospective , technologie
100 millions d’ados sont inscrits à Habbo Hotel un univers virtuel qui leur est consacré. Des entreprises, comme le Crédit Agricole, dans le Sud-Ouest, organisent des conférences sur Second life, un autre monde virtuel. Une université belge, celle de Bruxelles, y donne régulièrement des conférences. Or, passée l’effervescence médiatique, l’intérêt pour les mondes virtuels s’est dissipé. Pourtant, les enjeux pour les pouvoirs publics sont très importants, notamment en terme de formation, d’urbanisme ou encore de participation. Pour Hugues Aubin, chargé de mission TIC à la ville de Rennes, et l’un des piliers duMetalab 3D, Il y a là un nouvel espace qui ajoute une dimension aux territoires, avec des modes d’interaction nouveaux qui se constituent.
Coup d’arrêt au statique
En juillet 2007, l’Artesi Ile de France, l’agence régionale des technologies et de la société de l’information, et la ville de Rennes, ont mis en place le Metalab 3D, un dispositif de veille et d’expérimentation destiné à permettre aux acteurs publics à trouver leur rôle dans ces nouveaux espaces. Elles ont été rejointes par d’autres partenaires. L’ile achetée par l’Artesi sur Second life, l’un de ces mondes virtuels, a deux vocations : d’une part, mettre à disposition des parcelles pour héberger des initiatives portées par les acteurs publics, et, d’autre part, se servir d’un espace commun pour mener des expérimentations qui impliquent différents acteurs, des rencontres. Au bout de plus d’un an, Hugues Aubin apporte un premier constat : « les projets quasi statiques ne fonctionnent pas ». Ainsi, par exemple, l’office du tourisme virtuel de la région Midi-Pyrénées, a cessé ses animations. L’internaute était supposé découvrir les ressources de la région, mais les évènements n’étaient pas suffisants.
Des opérations avec les acteurs du territoire
En revanche, les espaces communs abritent de plus en plus d’évènements. Exemple : pour la seconde année consécutive, les rencontres d’Autrans, qui réunissent des acteurs publics qui se mobilisent sur les enjeux de l’Internet, ont intégré de nouveaux participants, via Second life. Ces individus, simplement connectés à Internet, étaient présents sur l’ile du Metalab 3D sous la forme d’un avatar. Ils ont assisté aux débats (la vidéo était projetée en direct sur l’ile) et ont participé en envoyant des messages écrits aux personnes réunies à Autrans. Leurs textes étaient vidéo-projetés sur un écran de la salle de conférence physique. Autre exemple, les Transmusicales de Rennes se sont déroulées aussi sur Second Life. Le projet était porté par l’organisateur du festival et la ville de Rennes. Dans les deux cas, ils ont permis d’expérimenter des nouvelles formes de rencontres, où monde physique et monde virtuel s’interpénètrent. « Les évènements qui se déroulent sur l’ile du Metalab sont plus souvent portés par des acteurs du territoire, et non par les territoires eux mêmes. Cela peut fonctionner, quand un territoire fait savoir à ces acteurs qu’ils ont cette possibilité. Sauf, bien sûr, pour les villes pionnières qui assument complètement cette dimension, comme Stockholm. » analyse Hugues Aubin.
Veille et constitution d’un réseau
Autre volet de la mission du Metalab 3D : la veille internationale sur les initiatives liées aux territoires, qui se déroulent dans les mondes virtuels. On les retrouve sur le blog, nourri notamment par Jean-François Lucas, doctorant en Sociologie à l’Université de Rennes 2, où il effectue des recherches sur les villes numériquement augmentées. « A l’étranger, certaines collectivités ont déjà investi ce champ, par exemple dans l’urbanisme, ou dans l’enseignement supérieur. Cette veille nous permet à la fois de repérer les projets, et d’être en contact avec des personnes qui ont déjà acquis de l’expérience dans ce domaine » remarque Hugues Aubin. Et c’est également ce que permettent les expérimentations qui se déroulent sur l’ile du Metalab 3D : tisser un réseau entre des individus, qui, dispersés dans les administrations et sur le territoire, s’investissent personnellement et expérimentent ces nouvelles pratiques basées sur la collaboration. Outre à constituer un vivier de compétences, ce réseau est déjà précieux : les contributions des volontaires s’ajoutent à des ressources du Metalab 3D, limitées à l’ile sur Second Life, et à du temps de disponibilité de Loïc Haÿ,pour l’Artesi , et à du temps de disponibilité de Hugues Aubin, pour la municipalité de Rennes.
L’urgence du développement durable impose une mutation des structures publiques
Billet publié par Anne DaubréeTags: Environnement , Formation , Politique publique , technologie , transport
S’il devait n’y en avoir qu’une, la crise de la planète est sans doutes la priorité à laquelle devraient s’attaquer des sociétés par ailleurs profondément remodelées par les technologies de l’information. Gilles Berhault est président d’ACIDD, association communication et information pour le développement durable, qui s’est fixé pour but de diffuser les idées, tisser des liens et expérimenter des nouvelles formes de collaborations, autour des enjeux du développement durable.
Comment les pouvoirs publics doivent ils innover, pour faire face à cet enjeu vital, en tenant compte des opportunités induites par les technologies de l’information ? Réponse de Gilles Berhault, en préparation du comité d’orientation de la 27e région.
La hiérarchie en cause
« Le développement durable, touche des sujets comme la mobilité, la gestion des bâtiments, l’éducation… ». C’est un sujet transversal qui se heurte l’organisation des structures publiques. « C’est flagrant lorsque l’on voit les difficultés de la mise la place d’agendas 21 dans les collectivités, difficultés auxquelles ils faut ajouter la complexité de partage de compétence entre les différents échelons territoriaux » constate Gilles Berhault, Pour changer, « il faut aller vers un management de projet qui réunisse des compétences autour d’un but, et non en mode hiérarchique, en mode fonction, comme c’est le cas actuellement » poursuit-il.
Par ailleurs, « Le développement durable ne se décrète pas » : il passe nécessairement par une participation des individus. En cela, pointe Gilles Berhault, le développement durable relève de la même logique que les technologies de l’information, qui permettent aux individus de s’engager. La logique horizontale, « c’est celle de fédérer, tisser des liens entre les énergies, de stimuler d’innovation ». C’est ce à quoi s’emploie Acidd. Dans ce cadre, l’association prépare une rencontre internationale pour mettre en réseau les acteurs actifs en matière de développement durable, et qui se tiendra l’an prochain. Et les structures publiques locales ont leur rôle à jouer. « La rencontre sera très orientée territoires, car cette échelle est essentielle. Il faut se relier à un territoire physique. Sinon, on se limite au déclaratif, car on ne peut rien mesurer » juge Gilles Berhault.
Formation ou mutation ?
L’adaptation des structures publiques au changement passe aussi par une importante action de formation. Formations différentiées, car « l’une des difficultés, c’est que tout le monde ne change pas au même rythme » précise Gilles Berhault. Des générations et des individus aux aptitudes différentes vont cohabiter longtemps.
Ce sont des compétences nouvelles qu’ils faut acquérir, avec des formations permanentes (Celui qui s’occupe de mobilité doit connaître à la fois les technologies de l’information et le développement durable, par exemple), et, même, la création de nouveaux métiers. Il pourrait s’agir, par exemple, de « e-leaders en développement durable » actifs sur le territoire. Le rôle de ces personnes serait d’être des « passeurs d’idées » autonomes, qui connaissent développement durable et tic, et qui travaillent pour sensibiliser, éduquer, permettre l’appropriation et l’intégration de ces logiques dans les collectivités. Ils seraient également là pour rassurer. Une idée à l’étude avec la 27e région. Mais le propos de Gilles Berhault va plus loin. « Les acteurs publics doivent se former, mais surtout, il est nécessaire qu’ils deviennent réellement utilisateurs de ces outils technologiques, par exemple, en utilisant des outils collaboratifs, et qu’ils aient une démarche active personnelle en matière de développement durable. On ne peut pas avoir un rôle politique si on ne pratique pas personnellement, car on ne parle pas ici de technologies, mais d’un véritable changement de comportement. Il faut avoir du courage, celui de changer ses habitudes. »
L’innovation dans les politiques publiques est une démarche, pas un but
Billet publié par Anne DaubréeTags: dématérialisation , Innovation , Politique publique , technologie
« On a tendance à ramener nos projets à quelque chose que l’on connaît. Il faut partir de ce que l’on ne connaît pas, faire le saut ». C’est sur ce principe que Pierre Musso, pense la politique publique, et les orientations que doit se donner la 27e région. Pierre Musso est notamment chercheur et enseignant des sciences de l’information et de la communication à l’université de Rennes II, coordinateur d’un exercice de prospective, « territoires et cyberespaces », mené pour le compte de la Diact, et membre du comité d’orientation de la 27e région
Pour lui, l’innovation n’est pas un but. Elle advient de facto, par l’utilisation du cyber, et des outils collaboratifs, qui augmentent la capacité d’action sur le territoire et avec d’autres territoires. Les grandes entreprises, certaines professions comme les architectes urbains le font déjà. L’Etat, lui, est très en retard sur la société civile. Les régions ont un rôle particulier à jouer, du fait de leur champ de compétence, et de leur échelle, suffisamment vaste pour monter des projets à l’échelle au moins européenne.
Dans ce cadre, la 27e région doit être un « système d’information et un web interrégional », qui comporte des applications structurées autour de trois axes.
- Tester, expérimenter : il s’agit de simuler des concepts pour les expérimenter, à l’aide d’équipes pluridisciplinaires et dans des formes novatrices. L’expérience est alors d’abord purement virtuelle, avant de retourner dans le territoire.
- Monter des projets ensemble, dans la lignée du web 2.0, où les acteurs viennent dans le cyber pour monter des projets ensemble. Le cyber est une « fabrique à projet ». Exemple, cite Pierre Musso, le metalab 3d, qui crée des espaces publics dans les mondes virtuels, un projet monté par l’Artesi et différentes collectivités, comme la ville de Rennes et Paris. De la même façon, une collectivité qui aurait son projet d’espace culturel, par exemple, le porterait sur la 27e région, pour le co-réaliser, trouver des partenaires, des compétences, ou des idées. Le cadre inclut la possibilité de la participation d’acteurs privés.
- Se rencontrer : le cyber doit être un espace qui permet d’enrichir des rencontres, de créer des communautés d’intérêt, d’action, même s’il n’exclut pas les rencontres physiques. Il devrait notamment devenir le lieu du débat public, pour les médiateurs, quel que soit le domaine, mais également pour la société entière.
Et en plus ...
Cette démarche implique des « méta sujets » sur lesquels devrait travailler la 27e région.
- une réflexion sur la méthode elle même : il faut accompagner ces trois axes, les évaluer et capitaliser sur ces expériences, ainsi que sur celles qui se déroulent ailleurs dans le monde. Sans oublier d’analyser les échecs ! Bref, il faut capitaliser sur le travail réalisé. C’est la base indispensable qui permet aux institutions de demeurer souples, capables d’innover en permanence. Et ce travail doit être confié à des personnes spécifiques, car les acteurs de l’innovation n’en ont pas le temps.
- La question managériale. Il ne faut pas laisser les responsables de projet en poste trop longtemps. En capitalisant sur les expériences on rend ce changement possible. Par exemple, le responsable de la 27e région ne devrait pas demeurer en poste plus de trois ans. Dans le privé, certains abusent de cette pratique : il ne faut pas non plus déstabiliser les structures.
- Un exercice de prospective sur le réseau interrégional devrait être mené, un peu comme celui de la Diact, « territoires et cyberespaces ». Bref, imaginer la 27e région dans vingt ans : un travail qui pourrait être mené dans le cyber, justement, propose Pierre Musso.
Les enfants romains guident leurs grands-parents sur le net
Billet publié par Anne DaubréeTags: Ecole , Europe , Formation , technologie
Ravis, les « nonni » s’échangent des mails en rafale. Dans la banlieue de Saxa Rubra, au nord de Rome, une vingtaine de personnes de plus de 60 ans, les « nonni », les « grands pères », achèvent leur apprentissage –gratuit- de l’internet, ce mois de février. Les profs ? Ils n’ont même pas l’âge de voter : ce sont les élèves du lycée technique de Calamandrei. Trois mois durant, chaque semaine, ils ont accueilli ces apprentis internautes du troisième âge dans leur salle informatique. Au programme : apprendre à se servir d’un clavier, écrire un texte, surfer, envoyer des mails et se familiariser avec les sites internet administratifs. « Nous avons renversé le principe d’apprentissage entre les générations » commente Cecilia Stajano, responsable du projet chezMondo Digitale, l’association qui a développé « Nonni su internet », à la demande de la municipalité romaine.
En 2003, en effet, la ville s’est inquiétée de ne pas laisser sur le bord de la route numérique les quelques 600 0000 Romains âgées de plus de 60 ans que compte la cité, sur une population d’environ 3 millions d’habitants. Et, depuis cette date, d’après l’association, 6000 « nonni » sont retournés sur les bancs de l’école. 3000 jeunes et 400 enseignants « tuteurs » les ont accompagnés dans leur apprentissage à l’internet, dans 110 écoles, situées dans le centre de la ville, mais aussi dans des quartiers sensibles.
Lycéens, collégiens, et même des enfants des écoles primaires jouent le rôle de tuteurs. « Bien entendu, plus les enfants sont jeunes, plus le rôle des enseignants est plus structurant. Les plus petits jouent le rôle d’anges gardiens, et accompagnent les personnes âgées pour s’assurer qu’elles suivent bien les instructions du professeur » explique Cecilia Stajano. Plus les élèves sont âgées, plus les enseignants référents s’effacent.
Les technos pour parler le même langage
Tous les participants semblent trouver leur compte dans cette opération. Les personnes âgées, qu’il s’agisse de mères au foyer, ou d’artisans à la retraite, voient leur curiosité satisfaite. « Elles ont envie de se sentir l’égal de leurs enfants et petits enfants, de parler le même langage. De plus, cela leur fait plaisir de se retrouver dans une bonne ambiance » explique Anna Maria Pezzola, enseignante au lycée technique de Calamandrei, à Saxarubra. Par ailleurs, la découverte de certains sites administratifs leur rend un service très concret, leur évitant, par exemple, de se déplacer pour régler des factures. Résultat, « certaines personnes voudraient se réinscrire au cours plusieurs fois. Nous sommes obligés de limiter » commente Cecilia Stajano.
Les élèves, eux « se sentent valorisés, ce qui n’est pas toujours le cas dans le contexte scolaire. Ils sentent qu’on a besoin d’eux. Au début, ils abordent la démarche avec de l’ironie, mais ils se laissent très vite prendre au jeu » juge Anna Maria Pizzola, pour qui les bénéfices du projet dépassent le champ pédagogique. En effet, les liens qui se tissent entre les enfants et les personnes âgées contribuent à « restaurer l’image des écoles dans leur environnement proche » commente l’enseignante. Un sujet sensible, dans ce pays où l’image des très jeunes est noircie une très forte attention médiatique portée au phénomène du « bullismo », un terme qui a été inventé pour qualifier la brutalité émanant des jeunes, avec, par exemple, force vidéos de passages à tabac exhibées sur YouTube.
Cette année, Anna Maria Pizzola espère organiser des échanges avec des classes irlandaises. Là bas, ainsi qu’ en Espagne, ou dans d’autres régions italiennes, comme en Ombrie, « nonni su internet » a fait des petits.

- Nonno su Internet
L’Espagne devance l’année de la créativité et de l’innovation européenne à Bruxelles
Billet publié par Anne DaubréeTags: Barcamp , Développement local , Ecole , Europe , Innovation , Politique publique , technologie
A noter : Annabelle Favreau viendra tout spécialement à la Cantine, le 3 février 2009, pour présenter les activités de l’agence "Iniciative Joven". Attention, nombre de participants limité à 30 environ - réservez rapidement vos places en ligne.
L’année de la créativité et de l’innovation, qui sera lancée en 2009 par la Commission européenne, a démarré avant l’heure, à Bruxelles. C’est le cabinet « d’initiative jeune » qui s’en est chargé en organisant la "semaine de la créativité". Créé il y a quatre ans par le gouvernement régional d’Estrémadure, en Espagne, ce cabinet explore de nouvelles voies qui favorisent un modèle de développement basé sur la capacité d’imagination et d’innovation des jeunes. Désireux de nouer des coopérations au delà des frontières, le cabinet a organisé cinq événements à Bruxelles, illustrations de ces méthodes inventées -et appliquées- en Estrémadure.
Coffee Break productif
Ainsi, le « coffee break » : une quarantaine de personnes, pour l’essentiel des agents de collectivités territoriales, se sont divisées en groupes de quatre, pour échanger autour de sujets tels que « quel contexte pour favoriser le développement dans notre région ? ». Des experts en réseaux sociaux étaient présents, mais les présentations power point strictement interdits. « Le but de ces rencontres est de mélanger pour mettre en relation et susciter la créativité » explique Annabelle Favreau, coordinatrice des relations internationales. Une ville espagnole, Càceres, par exemple, a déjà organisé descoffee break trois années de suite. Autre exemple des animations tenues à Bruxelles : des « ateliers lego » où des enfants de 7 à 78 ans programment des robots pour sauver la planète Mars, stimulant la créativité et l’esprit d’équipe. Dans l’éducation (avec des méthodes déjà appliquées dans les écoles de la région), les affaires ou la gouvernance publique, le concept appliqué par le cabinet d’initiative jeunes demeure le même : débrider l’imagination en abolissant les contraintes formelles, favoriser la formation de réseaux entre les individus et métisser les expériences.

- Coffee Break bruxellois
En Italie, les designers tirent parti des initiatives des citoyens
Billet publié par Anne Daubrée dans la catégorie EuropeTags: Politique publique , solidarité , technologie , Vie quotidienne , Ville
Confier l’initiation des enfants de l’école Satta aux plantes et les rythmes des saisons aux passionnés du club d’horticulture qui jouxte l’établissement scolaire, exploiter la cuisine du centre de formation Greppi pour fournir aux habitants la possibilité d’une pause déjeuner économique et conviviale, développer un système d’information qui permette à chaque citoyen d’enrichir la bibliothèque municipale de ses propres ouvrages, et d’accéder à celle des autres...
Autant d’idées qui ont germé dans le cerveau des étudiants de Ezio Manzini, professeur de design industriel au Politecnico de Milan, etspécialiste de l’innovation sociale.
"Nous travaillons systématiquement avec des organismes locaux, comme Milano Metropoli, qui nous mettent en contact avec les associations et les groupes de personnes avec lesquelles nous co-élaborons ces projets. Nous partons toujours de l’existant pour co-inventer des solutions avec les habitants » explique Ezio Manzini.
Pour parvenir à une approche pertinente, les étudiants s’appuient sur le travail du programme sustainable every day project. Celui ci recense à travers le monde les exemples d’innovation sociale respectueux du développement durable, et auquel participe Ezio Manzini. "Iles étudiants savent ce qu’ils doivent chercher, quelle démarche ils doivent suivre "commente-t-il.
Les pouvoirs publics ont déjà concrétisé certains des projets élaborés par les étudiants, comme la conversion d’une usine en centre social, à Milan. Et Ezio Manzini a également réalisé d’autres projets, telle une plateforme électronique basée sur une approche collaborative, destinée à favoriser l’émergence et la réalisation de ces projets sociaux innovants, pour le compte de la région Toscane.
Le 27e région apporte sa contribution à la prospective en Bourgogne
Billet publié par Anne DaubréeTags: bourgogne , Politique publique , prospective , shema d’aménagement régional , technologie , transport
« HyperBourgogne ». Le 27 octobre, Stéphane Vincent a présenté un scénario prospectif sur la Bourgogne de demain, à François Patriat, président du conseil régional. Le scénario a été conçu avec l’équipe de travail chargée de l’élaboration du schéma d’aménagement régional d’aménagement de développement du territoire (SRADDT) de la collectivité.
C’est dans ce cadre que l’équipe de la 27e région a apporté son expertise : elle a contribué à l’élaboration des quatre scénarios qui réfléchissent à l’intégration des technologies et de l’innovation dans les projets à venir. Enfin, pour aborder de façon concrète la question des transports et du développement durable, le conseil régional s’apprête à confié à la 27e Région une mission de "résidence". Lieu d’étude évoqué : une gare...

- Réunion de travail en Bourgogne









