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Avr 28 2009

Peut-on faire du neuf en matière de prospective territoriale ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Citoyenneté , Créativité , Développement local , Environnement , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective , Quotidien , social , solidarité , technologie , Ville

Bretagne 2032, Limousin 2027, France 2020... Nous avions très envie de nous frotter à la prospective territoriale, exercice pratiqué depuis longtemps par quelques dizaines de collectivités françaises de tous échelons. L’occasion nous en a été donnée en Nord-Pas de Calais : nous venons d’explorer avec la Région de nouvelles façons d’élaborer et d’enrichir un exercice de prospective territoriale, mais aussi d’en rendre compte en public. Ca se passait le 14 avril dernier à l’Hôtel de Région du Nord-Pas de Calais, à Lille. Retour sur un mois de préparatifs...

2040 : la vie de 6 ch’tis en images

Comment vulgariser les enseignements d’un travail de prospective et le rendre accessible au delà des cercles d’experts ? Rapidement s’est imposée l’idée de réinterpréter librement les pistes prospectives élaborées pendant un an par les 6 groupes thématiques du collège régional de prospective, l’instance créée par la Région. Pour chaque thème (société de la connaissance, enjeux environnementaux, citoyenneté, etc), nous avons imaginé un personnage queFélix Compère, designer et graphiste, a brillamment mis en images. Romain et moi avons rédigé les textes des voix off. L’enregistrement a été réalisé en une journée, à la Cantine, dans un studio improvisé avec quelques mètres de tissu, et un micro sur pied.

Félix Compère à la planche à dessin - Un studio d'enregistrement improvisé à la Cantine

Plusieurs membres de la Fing et quelques amis ont prêté leur voir ou leur visage. Les clips sont conçus à partir de photomontages animés, retouchés à la palette graphique. Du "bricolage de qualité", donc : il ne s’agissait pas de rivaliser avec les studios Pixar... mais au contraire de montrer qu’avec peu de moyens, chacun peut prendre part à l’exercice de la prospective.

Avant et après : Arnaud, conducteur de Dirigeable Express Régional en 2039

Il était également important que le fruit de ce travail paraisse suffisamment crédible (le contenu des clips, conçu sur mesure à partir des enseignements des groupes, est rigoureusement basé sur des faits scientifiques et/ou plausibles), mais que le ton permette aussi de faire passer des impressions difficiles à faire passer dans les rapports, ou des idées délicates à décrire : la ville sécuritaire, l’après-Sangatte et les grandes migrations climatiques à venir. Les 6 vidéos sont sur Youtube et sont visibles ici, sur cette interface originale dégotée par Loïc Hay, ou sur le site de la Fing.

Comment créer du dialogue au sein de l’hémicycle régional ?

Un autre test consistait à introduire des modalités de dialogue au sein du public lors de la soirée de présentation des travaux du collège, le 14 avril. Comment permettre aux cent participants du collège de s’exprimer à tout moment, de commenter librement les interventions, de suggérer des sources ? Pas facile, dans l’enceinte écrasante de l’hémicycle régional, de créer la convivialité nécessaire... Pour ce faire, nous avons légèrement détourné le principe du panneau de micro-blogging expérimenté par nos collègues Charles Nepote et Renaud Francou, du programme Identités Actives. D’abord, en distribuant aux participants des feuilles titrées "A mon avis", sur laquelle ils étaient invités à faire part de leurs remarques à tout instant de la présentation. D’abord timide, le mouvement s’est amplifié et un flux régulier de feuilles annotées sont remontées (commentaires, réactions, sources bibliographiques, questions...), et nous avons pu les distiller tout au long des présentations en les projetant sur un écran spécialement dédié.

Le making of de la prospective régionale

Enfin, nous avions convaincu l’équipe prospective de profiter de la soirée pour lancer un blog décrivant dorénavant en continu l’activité de la direction prospective, de ses travaux en cours, de ses publications, mais mobilisant également la vidéo et la photo. Un outil de "making of", en quelque sort, de l’action prospective de la Région. Un peu de calage est encore nécessaire, mais c’est en tout cas chose faite, la direction informatique ayant mis à disposition ses ressources à cet effet.

Quels enseignements ? A ce stade, les participants du collège régional semblent avoir apprécié les clips, en tant qu’objet à partir desquels ils pouvaient s’exprimer, se positionner, qu’ils pouvaient enrichir ou prendre à contre-pied. Le format a pu désarçonner quelques participants, mais l’équipe prospective semble convaincue qu’elle doit dorénavant être en capacité de travailler sur ce type de format, de mobiliser l’image, la vidéo, l’illustration. Le blog "journal de bord" est encore trop jeune, mais l’équipe semble motivée pour en faire un nouvel outil de travail. A suivre !

Avr 13 2009

Région Ile-de-France : les associations à la rencontre du numérique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Associations , Citoyenneté , Démocratie , Développement local , Ile-de-France , Paris , Quartier , solidarité , Ville , Web2.0

La Région Ile-de-France organisait en novembre dernier une journée dédiée au rôle nouveau des outils et médias numériques dans la vie des associations franciliennes. Près de 500 personnes y assistaient. Les actes viennent seulement d’être mis en ligne, mais cette attente est bien récompensée par de nombreux comptes-rendus, photos et vidéos de cette journée très dense.

L’atelier que j’animais portait sur l’irruption des outils numériques dans le débat public. Plusieurs témoignages (Bondy Blog, la Télé Libre, Christophe Grébert) convergeaient pour montrer à quel point l’autonomie des habitants et citoyens (la "capacitation" dont Philippe Aigrain se fait l’écho) pouvait aujourd’hui passer par la maîtrise du langage audiovisuel et numérique, la capacité à s’exprimer via un blog ou un podcast, et qu’il y avait là le terreau de nouveaux projets collectifs. L’un des rôles possibles pour la Région pouvait alors consister à encourager, démultiplier par tous moyens -en particulier à travers le tissu associatif- cette capacité des habitants franciliens, à bloguer, filmer leurs vie, leurs aspirations, leurs problèmes.

Les participants à cette table ronde : Dorothée Browaeys, Vivagora, qui a pour objectif de promouvoir une culture de débat sur les questions scientifiques et techniques ; Céline Braillon et Bruno Lestienne, Adels, lieu d’échange et de propositions pour le développement de la démocratie locale ; Nordine Nabili, directeur de l’agence Proxiprod et rédacteur en chef du Bondy Blog ; Olivier Blondeau, sociologue, étudie les usages de l’Internet et plus précisément, les usages politiques et militants du réseau ; John Paul Lepers, directeur de l’Information de La « TéléLibre », télévision citoyenne sur internet ; et Christophe Grebert, animateur du site "webcitoyen", qui vise à défendre le droit d’expression et à favoriser l’émergence du débat public dans les villes françaises.

A noter ce site, "Projets citoyens", créé dans le prolongement de cette journée par la Région Ile-de-France et destiné à mettre en réseau et capitaliser l’ensemble des efforts mis en oeuvre par les associations franciliennes.

Mar 23 2009

Territoires en Résidences : projet de préfiguration d’une maison de santé en Auvergne

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Aménagement
Tags: Auvergne , Santé , solidarité , Territoires en résidences

Nouvelle étape avec cette réunion de travail qui visait à étudier les conditions pratiques de mise en place d’une résidence consacrée aux maisons de santé sur le territoire auvergnat. La Réunion associait Mireille Ghys, chef du service Santé ; Philippe Roland, Directeur de la Direction du Développement Durable Solidaire des Territoires ; Sébastien Cote, chargé de mission TIC ; Adelaïde Schindler, Doctorante en géographie et en mission à l’ARDTA (agence régionale des territoires d’Auvergne) sur les questions de santé et d’attractivité du territoire ; Marie Coirié, designer de l’ENSCI, et enfin Stéphane Vincent, directeur de la 27e Région.

Au titre de l’aménagement du territoire, la Région prévoit d’intervenir dans des projets de maisons de santé, dont le coût va aujourd’hui de 600 000 euros à 1,7 millions d’euros. Mais nombreuses sont les candidatures basées essentiellement sur un projet d’aménagement architectural, alors que l’enjeu est plus généralement de réussir un projet d’accès au soin. Chacun est bien conscient de la nécessité de mobiliser des méthodes qui permettent de mieux partir des pratiques des médecins, des patients, des aidants et d’une façon général de toute la communauté locale afin d’embrasser l’échelle du réseau de santé, et pas seulement celle du bâtiment.

C’est à ce titre qu’est examinée l’opportunité d’expérimenter de nouvelles formes d’ingénierie comme celles qui sont mobilisées dans le cadre des résidences. Ces méthodes doivent permettre de questionner l’accès au soin, en partant des pratiques existantes, en les amplifiant et en imaginant des solutions innovantes faisant converger des problématiques très diverses : le problème de l’exode des médecins dans les zones rurales, la question de l’éloignement géographique, le traitement des données médicales, etc. La 27e Région serait disposée à financer 50% du budget de 30 000 euros prévu pour mener la résidence, la Région et les partenaires locaux prenant en charge l’autre partie du financement. Adélaïde Schindler propose également de faire l’état des démarches déjà engagées sur des problématiques similaires, notamment les initiatives lancées par la Mutualité sociale agricole et les cahiers des charges déjà existants. Prochaine étape : provoquer avant fin juin la visite d’un ou deux territoires candidats à l’accueil d’une résidence.

février 1er 2009

Comprendre les médecins pour les faire revenir en zone rurale

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Aménagement
Tags: Auvergne , Santé , solidarité , Territoires en résidences

La plupart des Régions soutiennent ou initient le déploiement de "Maisons de santé", conçues pour regrouper l’offre de soins et la maintenir dans les zones les plus fragiles. La Région Auvergne ne fait pas exception. Nous avions rendez-vous mercredi dernier à Clermont-Ferrand avec Sébastien Cote, chargé des technologies de l’information, qui accompagne le service en charge de promouvoir les maisons de santé à la Région.

L’urgence est grande : les deux tiers des besoins se situent en dehors des zones urbaines, dans un contexte de pénurie à l’échelle nationale : lorsqu’un jeune médecin prend ses fonctions, trois partent à la retraite. L’Agence Régionale des Territoires ne ménage pas ses efforts pour attirer de nouveaux médecins, mais la tâche n’est pas facile. Pour la Région, elle exige de faire converger les efforts, de travailler également sur l’ensemble des politiques -d’autant que l’Auvergne s’est fixée l’objectif d’augmenter sa population à 20 ans. Et les réformes gouvernementales ne profitent pas franchement au massif central...

La maison de santé apparaît comme un poste avancé de l’offre de soins, organisé en articulation avec les établissements hospitaliers et permettant de rationaliser les déplacements, d’assurer le contact avec les populations. Sébastien Cote explore la possibilité de doter ces équipements de systèmes d’information adéquats, d’outiller les médecins des logiciels adéquats, de calendriers partagés, d’outils de télémédecine. Deux projets de maisons de santé sont aujourd’hui à l’étude.

Mais la Région est bien consciente qu’il ne suffit pas de rassembler l’offre de soins dans un nouveau bâtiment pour répondre de façon mécanique aux attentes locales. Le risque existe de construire une offre qui ne rencontre pas la demande, si trop peu d’intérêt est consenti aux pratiques réelles des habitants, des médecins, des acteurs locaux ; si des réponses pratiques ne sont pas apportées aux freins psychologiques, ou à d’autres questions très pratiques d’accès, d’accessibilité et d’horaires, d’accueil, d’organisation des lieux, de confidentialité ou encore de sécurité. Travailler à partir de l’expérience des utilisateurs est essentiel. Nous avons évoqué avec Sébastien Cote l’opportunité de mettre en résidence, sur l’un des deux sites visés, une petite équipe interdisciplinaire autour d’un designer de services, dans le cadre de Territoires en Résidences. Une telle démarche pourrait permettre de co-concevoir une vision commune aux médecins, aux habitants et aux élus locaux, et d’augmenter ses chances de succès. Et il permettrait également à la Région, qui a le projet de soutenir bien d’autres lieux de produire un cahier des charges type plus proche des attentes des usages.

décembre 1er 2008

En Italie, les designers tirent parti des initiatives des citoyens

Billet publié par Anne Daubrée dans la catégorie Europe
Tags: Politique publique , solidarité , technologie , Vie quotidienne , Ville

Confier l’initiation des enfants de l’école Satta aux plantes et les rythmes des saisons aux passionnés du club d’horticulture qui jouxte l’établissement scolaire, exploiter la cuisine du centre de formation Greppi pour fournir aux habitants la possibilité d’une pause déjeuner économique et conviviale, développer un système d’information qui permette à chaque citoyen d’enrichir la bibliothèque municipale de ses propres ouvrages, et d’accéder à celle des autres...

Autant d’idées qui ont germé dans le cerveau des étudiants de Ezio Manzini, professeur de design industriel au Politecnico de Milan, etspécialiste de l’innovation sociale.
"Nous travaillons systématiquement avec des organismes locaux, comme Milano Metropoli, qui nous mettent en contact avec les associations et les groupes de personnes avec lesquelles nous co-élaborons ces projets. Nous partons toujours de l’existant pour co-inventer des solutions avec les habitants » explique Ezio Manzini.

Pour parvenir à une approche pertinente, les étudiants s’appuient sur le travail du programme sustainable every day project. Celui ci recense à travers le monde les exemples d’innovation sociale respectueux du développement durable, et auquel participe Ezio Manzini. "Iles étudiants savent ce qu’ils doivent chercher, quelle démarche ils doivent suivre "commente-t-il.

Les pouvoirs publics ont déjà concrétisé certains des projets élaborés par les étudiants, comme la conversion d’une usine en centre social, à Milan. Et Ezio Manzini a également réalisé d’autres projets, telle une plateforme électronique basée sur une approche collaborative, destinée à favoriser l’émergence et la réalisation de ces projets sociaux innovants, pour le compte de la région Toscane.

Oct 28 2008

Un dessein : sortir de l’isolement rural

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: bourgogne , Politique publique , rural , social , solidarité

Comment lutter contre l’isolement en milieu rural ? Dans le canton de Lormes, dans la Nièvre, on n’a pas inventé la potion magique, mais peut être bien trouvé une méthode efficace : faciliter la mise en relation des habitants, quel que soit leur statut, pour qu’ils puissent s’échanger des services. C’est « faire compagnie », Un tel projet ne pouvait naître que d’une démarche très qualitative et proche du terrain. Elle a été menée par Romain Thévenet, dans le cadre de son diplôme sur le design en milieu rural. Avec un présupposé : c’est en interrogeant les usages réellement existants que l’on conçoit des services efficaces. Au début de l’année, l’étudiant a donc passé deux semaines « en résidence » dans le canton, pour rencontrer ses habitants, après avoir discuté avec des élus, Fabien Bazin, maire de Lormes et conseiller général du canton, et Jean Sébastien Halliez, directeur du pays nivernais.

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Entretien informel avec une habitante

Dans un premier temps, Romain Thévenet a cartographié la société locale à travers le prisme de l’isolement : qui sont les personnes isolées, quelles sont leurs relations entre elles et le reste de la société, du centre d’aide sociale au boulanger ? Qui sont les acteurs institutionnels, associatifs et économiques qui participent de cette dynamique ? Cette cartographie est le fruit de discussions avec les acteurs institutionnels et associatifs qui luttent contre l’isolement. Deuxième étape : Une conversation approfondie avec une douzaine de personnes isolées, si possible à leur domicile, pour bien comprendre leurs usages, et, donc, leurs besoins ou leurs éventuelles propositions pour sortir de l’isolement. Le mode de vie des personnes très actives dans la communauté a également été pris en compte. Au final Romain Thévenet propose donc un outil de mise en relation, accessible depuis Internet et par téléphone, qui s’emploie à répondre à des besoins précisément identifiés chez les individus, en exploitant au mieux le potentiel existant sur le territoire

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Quelles idées, pour quels besoins ?

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