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Mar 4 2013

L’achat durable : une nouvelle résidence menée avec la Région Rhône Alpes

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Région Rhône Alpes , Territoires en résidences

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Très réglementé par le code des marchés publics, à première vue l’achat est loin d’être le premier sujet porteur d’innovation. Pourtant les administrations comptent de plus en plus sur le levier de la commande publique pour agir sur le tissu économique et les fournisseurs en les incitant à proposer des produits et services plus soutenables, compatibles avec de nouvelles exigences environnementales et sociales.

C’est pour explorer les pratiques relatives aux marchés publics et prototyper des solutions que de juin à octobre 2012, nous avons mené une résidence au sein de la Région Rhône Alpes. L’équipe était composée d’Adèle Seyrig, designer, Frédérique Sonnet, sociologue, Marie Coirié, designer indépendante, Christophe Gouache, designer, et François Jégou, directeur scientifique de la 27e Région, designer, Strategic Design Scenarios (SDS), ainsi Flore Berlingen, alors chargée de mission à la 27e Région et depuis partie pour Ouishare.

Au sein de la Région, la résidence a vu le jour à l’initiative de la DGMTRE (Délégation générale aux missions transversales et à la relation aux Elus). Elle a été conduite en lien étroit avec la Mission développement durable, évaluation et prospective de la DGMTRE ainsi qu’avec la DAJCP (Direction des Affaires Juridiques et de la Commande Publique).

L’équipe vient de publier le livret qui relate le processus et des pistes d’innovations testées avec les agents et les fournisseurs de la Région, à retrouver ici.

Résidence achats durables Rhône-Alpes from 27eregion
février 9 2013

Les nouveaux usages de la médiathèque

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: médiathèque , Territoires en résidences

Premier aperçu des fruits d’une résidence que nous venons de terminer à Lezoux, en Auvergne : il s’agit d’une préfiguration du "plan d’usages" de la future médiathèque intercommunale, conçu à partir d’un travail associant les bibliothécaires bénévoles, les habitants, les agents et élus locaux, le Département et la Région.

L’illustration traduit bien le passage d’une vision classique des politiques de lecture publique incarnées par la médiathèque "gestionnaire de stocks d’ouvrages", à une fonction de médiation territoriale et d’animation numérique et "pair à pair" (fonds participatifs, médiation numérique et mobile, etc).

L’auteur de l’image est Benjamin Vesse pour le compte de l’agence Design Territoire Alternatives, de l’association De l’Aire sous l’égide de la 27e Région, en partenariat avec la Région Auvergne, le Département du Puy-de-Dôme et ma Communauté de communes Entre Dore et Allier.

Une résidence à retrouver en blog, et bientôt sous la forme d’un livret illustré.

Plan fonctionnel d’une médiathèque demain (résidence à Lezoux, Auvergne) from 27eregion
Jan 20 2013

Méthodes ingénieuses pour Régions heureuses, #2 : le prototypage

Billet publié par Stéphane Vincent
Tag : Territoires en résidences

English presentation to be downloaded here. Our documentary is subtitled in English.

Après un premier épisode consacré à l’immersion, voici le second consacré cette fois-ci au prototypage rapide, à partir des expériences réalisées à partir de 2009 dans le cadre du programme "Territoires en résidences".

Comment transformer l’activité numérique d’un territoire en une expérience tangible pour les habitants de Rennes, en Région Bretagne ? Comment mobiliser les habitants de Cenon, en Aquitaine, autour d’un réseau social numérique ? Ce deuxième épisode présente comment le prototypage rapide, inspiré du design, peut être utilisé pour mener des tests visant à produire des services publics de meilleure qualité (Durée 6’30)

Prochaine épisode : la co-conception.

décembre 15 2012

Méthodes ingénieuses pour Régions heureuses #1 : l’immersion

Billet publié par Stéphane Vincent
Tag : Territoires en résidences

English presentation to be downloaded here.

Nous passons beaucoup de temps à décrire comment les méthodes issues du design, de l’ethnographie ou de la culture open source peuvent jouer un rôle majeur dans la reconception des politiques publiques. Mais pour vraiment en saisir toute l’originalité, il faut vivre ces méthodes... A défaut, pour tenter de les montrer en action, dès 2009 nous avions demandé à la vidéaste Marguerite Fouletier de suivre les équipes en immersion dans le cadre de notre programme expérimental "Territoires en Résidences". Avec son preneur de son Guillaume Serpereau, Marguerite s’est glissée le plus discrètement possible à nos côtés, avec les habitants, les équipes de designers, sociologues, architectes participatifs, pour tenter de saisir sur le vif le travail d’immersion et de co-conception à l’oeuvre dans les résidences.

Trois ans plus tard, nous sommes fiers de dévoiler "Méthodes ingénieuses pour Régions heureuses" , une série documentaire consacrée aux méthodes de design et d’ethnographie appliquées au secteur public. Pour l’instant composée de 3 épisodes, la série est sous-titrée en anglais à l’intention de toute la communauté internationale de l’innovation publique. L’un de ces épisodes est tout particulièrement dédié à Gabi Farage, disparu en mai dernier -beaucoup trop tôt.

Ce premier épisode est consacré à l’immersion, inspirée des pratiques ethnographiques. Que faire quand les médecins quittent l’Auvergne et ne sont pas remplacés ? Comment redonner une nouvelle vie à un lycée à bout de souffle en Champagne Ardenne ? A travers ces deux exemples, ce premier épisode décrit comment l’immersion et les méthodes inspirées par l’ethnographie permettent de réinterroger les défis de l’action publique. Durée 7’34

Les prochains épisodes :

Episode 2 : Le prototypage (sortie : janvier 2013)

Comment transformer l’activité numérique d’un territoire en une expérience tangible pour les habitants de Rennes, en Région Bretagne ? Comment mobiliser les habitants de Cenon, en Aquitaine, autour d’un réseau social numérique ? Ce deuxième épisode présente comment le prototypage rapide, inspiré du design, peut être utilisé pour mener des tests visant à produire des services publics de meilleure qualité. Durée 6’30

Episode 3 : La co-conception (sortie : février 2013)

Comment remettre les élèves et tout la communauté éducative au cœur du projet écologique et social d’un lycée à Tinqueux, en Champagne Ardenne ? Comment bénéficier de l’expérience et des pratiques des habitants dans la réalisation de nouveaux services urbains, dans l’agglomération de Bordeaux ? Ce troisième épisode est consacré aux méthodes permettant d’associer les utilisateurs aux services qui leur sont destinés. Durée 6 :50. En hommage à Gabi Farage.

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Avec, par ordre d’apparition : Gisèle Bessac, Christian Bason, Jean-Louis Bruley, Marie Coirié, Fanny Herbert, Sylvain Petit, Romain Thévenet, Catherine Jourdan, Pierre Cahurel, Nathalie Le Bellec, Olivier Gruel, Jacky Foucher, Marcel Drouet, Matthieu Savary, Denis Pellerin, Antoine Boilevin, Stéphane Vincent, Yoan Ollivier, Olivier Bedu, Aude Guyot, Gabi Farage, Chloé Groudeau, Jérôme Desmoncheaux, Philippe Louges, Denis Rousseaux, François Vegnon, Hervé Fleischmann, les jeunes du lycée Croix-Cordier, les élus du GPV.

Production : la 27e Région

Réalisation, image et montage : Marguerite Fouletier

Prise de son : Guillaume Serpereau

Mixage : Quentin Romanet

Voix-off : Marie Combeau

Version française sous-titrée en anglais.

Mercredi 16 décembre, atelier prototypage inter-communal à la Cyberbase de Cenon

Mar 28 2012

La veilleuse, naissance et maturation d’un concept

Billet publié par Flore Berlingen
Tags: Design , expérimentation , Territoires en résidences

Il y a un an, Perrine Boissier participait à la résidence "Habiter ensemble" organisée par la 27e Région dans le quartier de Wazemmes, à Lille. De cette expérience d’immersion et d’échange local est né le concept de la veilleuse, développé d’abord dans le cadre d’un projet d’études. Alors que la Veilleuse commence à voyager, change de mains et devient un projet local et incarné, nous retrouvons Perrine. Retour sur la naissance et maturation d’un concept, par l’échange entre le design et son environnement.

La Veilleuse, "tremplin de l’initiative locale"

A la fois espace physique, réseau et groupe d’habitants, la Veilleuse est implantée dans un quartier, où elle combine les rôles de relais d’information, de médiateur et d’animateur. Elle est aussi, et surtout, un support actif qui permet aux habitants de prendre part à la vie de leur quartier et qui révèle les compétences et savoir-faire présents localement. Plusieurs outils facilitent cette production et diffusion d’activités locales, dont la "Veilleuse-map", une cartographie en ligne des équipements et événements de toute une ville. La Veilleuse-map est diffusée également "hors ligne", directement sur le terrain par les veilleuses de chaque quartier.

Fécondité de l’immersion

Perrine nous explique les échanges avec les habitants du quartier de Wazemmes, à l’occasion de la résidence de 2011, lui ont permis de mettre en forme l’idée de la Veilleuse. Une forme de réponse à des questionnements nés pour certains lors de cette semaine, et pour d’autres bien auparavant, au gré de la découverte de nombreuses et diverses initiatives, de l’association "le début des haricots" à Bruxelles, jusqu’à "Adopter un arbre" de Gaia Carabillo. A Wazemmes, la rencontre avec Pierre Brasseur, initiateur du lieu ressource Brico’zem en est un exemple : "leur idée de fédérer, révéler et servir un territoire plutôt qu’une cause m’a semblé se distinguer fortement des activités associatives classiques".
L’expérience de cette immersion à Wazemmes a aussi montré l’importance pour de telles structures de rester indépendantes de l’image de la ville. Même s’il peut être soutenu directement ou indirectement par les pouvoirs publics, l’espace est autonome et doit être géré par les habitants du quartier. Il devient en fait un médiateur entre les services de la ville, les politiques locales, et les citoyens et leurs projets.

Par les rencontres qu’elle a provoquées, l’immersion a permis à Perrine d’imaginer la Veilleuse et de réaliser ses premiers schémas de fonctionnement. Elle a aussi été le point de départ d’une réflexion de fond sur les mécanismes d’appropriation d’un quartier par ses habitants.

Comment s’approprie-t-on son quartier ?

Qu’est-ce qui fait que l’on se sent étranger ou au contraire partie intégrante de son quartier ? Pour Perrine, la source principale du lien social, c’est la confiance, nécessaire aux échanges. Elle a noté à Wazemmes que le quartier communiquait essentiellement par l’oral, que l’échange humain direct était riche et indispensable à la création de liens entre les habitants ou de projets communs. La fluidité des échanges n’est cependant pas toujours au rendez-vous, alors qu’elle peut être facilitée par des outils numériques, des plateformes d’échange en ligne. Le numérique restant excluant, comment faire pour que l’espace physique relaie l’espace numérique ? La traduction sur le territoire de cette fluidité en ligne est au coeur des recherches de Perrine, et la Veilleuse-map est une première piste de solution. Ces réflexions rappellent celles de l’équipe de la résidence de la 27e Région à la Ruche de Rennes qui cherchait en 2010 à lier le numérique à la vie quotidienne.
Un autre des principes fondateurs de la Veilleuse vise à favoriser l’appropriation du quartier par ses habitants : toute initiative produite ou portée par la Veilleuse dépend de la participation, même très légère, des habitants. A l’opposé d’une logique de prestation, la co-création est au coeur de toutes les activités de la Veilleuse. Les projets n’existent que si les habitants le veulent et se les approprient.

Diffuser sans dupliquer

Par essence, la Veilleuse est un projet ancré dans un territoire, sa duplication mécanique n’est pas possible. Dès le départ pourtant, le concept est pensé comme un réseau, supposant une forme de passage à l’échelle. Perrine explique qu’il s’agit avant tout de rendre profitables à d’autres les outils développés sur un territoire. Inspirée par le développement du logiciel libre, elle essaye donc de développer le "code-source" d’outils mis à disposition en logique ouverte. Parmi les prochaines étapes du projet, la réalisation de manuels, codes-source de projets comme la réalisation d’un jardin partagé, l’organisation d’un Réseau d’Echanges Réciproques de Savoirs (RERS), d’un pédibus ou d’une crèche parentale dans le quartier. Au-delà des retours d’expériences et conseils pratiques, ces manuels sont dotés d’outils directement réutilisables (cartes à détacher, modèles de documents).

Le design "habilitant"

Enfin, parce qu’elle estime que son rôle de designer consiste à proposer des outils et des règles de jeu permettant à chacun de participer à un projet, Perrine a travaillé pour les Veilleuses sur la réalisation de plusieurs "boîtes à outils". Comment faire tomber les barrières qui empêchent les citoyens de se sentir capables d’agir, de produire ou créer ? En créant par exemple un langage symbolique basé sur l’idée de réseau de constellations et permettant de retranscrire et expliquer graphiquement tout projet d’activité ou d’animation. Cette identité graphique est donc à la fois un univers poétique qui renvoie à l’idée de réseau bienveillant à l’échelle d’un quartier ou à l’activité de veille d’information, et un outil de communication appropriable par les usagers.


Autrement dit, c’est l’une des composantes d’un "design habilitant". Bien sûr ce langage suppose un effort initial d’assimilation, mais celui-ci peut être facilité par le travail des veilleurs de quartier, médiateurs-animateurs dont le rôle pourrait se dessiner au travers d’un premier test de mise en place d’une Veilleuse sur le terrain... à Wazemmes !
La boucle est bouclée, et l’aventure de la Veilleuse ne fait que commencer.
(A suivre)

Présentation de la veilleuse présentée avec scénarios d’usages :

décembre 26 2011

Résidences : manuel d’utilisation

Billet publié par Stéphane Vincent
Tag : Territoires en résidences

Nous en avions déjà fait le bilan, après avoir publié un livret au terme de chacune d’elle : un an après la fin du programme Territoires en Résidences, il ne manquait plus qu’un manuel pour permettre à chacun de réutiliser la méthode des résidences conçue par la 27e Région. C’est chose faite avec ce document, imaginé et co-écrit par François Jégou (Strategic Design Scenarios), partenaire scientifique de la 27e Région, avec l’aide de résidents, d’agents et divers protagonistes ayant accueilli des résidences.

Ce manuel s’adresse à tous ceux qui veulent mettre en pratique les
« résidences », s’approprier l’outil et l’utiliser régulièrement, s’en inspirer dans leur activité professionnelle ou simplement mieux en appréhender les tenants et les aboutissants...

  • Si vous êtes un élu, que vous cherchez à convaincre ou à vous convaincre de l’intérêt des résidences, feuilletez ce livret jusqu’à la page 30 où vous trouverez un exposé synthétique et un argumentaire en quelques points saillants...
  • Si vous vous destinez à organiser des résidences parce que vous pensez que tout ou partie de ce nouvel outil résidence est susceptible d’être utile dans vos équipes, alors imprimez-en 5 exemplaires, laissez-en un à disposition sur votre bureau et un près de la machine à café. Faites circuler les autres, laissez-vous guider entre les chapitres au gré des images, des témoignages et des mots-clés, des principes de base et retours d’expériences...
  • Si vous êtes un acteur sur le terrain, que vos modes d’action sont proches de l’esprit des résidences ou que vous vous destinez à faire une première expérience en tant que résident, alors ces quelques pages de compilation vous laisseront sur votre faim... Elles ne seront qu’une mise en bouche et vous pourrez certainement les utiliser comme le menu de tous les éléments que nous avons accumulés en ligne et sur papier pour satisfaire votre appétit !
février 16 2011

Questionnements territoriaux

Billet publié par Stéphane Vincent
Tag : Territoires en résidences

Conduire une douzaine d’expériences immersives pendant 24 mois dans les méandres de l’administration régionale et locale est très instructif. Parmi les éléments de bilan du programme Territoires en Résidences, nous avons tenté de produire un rapport d’étonnement sur des thèmes très divers, croisés au gré des résidences : management public, aménagement et urbanisme, démocratie participative, politiques d’innovation, prospective territoriale, appels à projets, conduite des projets numériques. Il est le fruit de nos observations et n’engage que nous... Toutes nos propositions ne se valent sans doute pas, et il s’agit surtout d’une invitation au débat !

A télécharger également en ligne.

Jan 27 2011

L’avenir de la mobilité rurale

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: rural , Territoires en résidences , transport

De juin à septembre 2010, une équipe constituée d’Elisa Dumay (association De l’Aire), Fanny Herbert (sociologue indépendante), Adrien Demay et Damien Roffat (designers, créateurs de Design Territoire Alternatives) s’est immergée dans le quotidien de la gare de Corbigny, dans le Nivernais Morvan. Cette résidence était menée en partenariat avec la Région Bourgogne, la SNCF et le Pays Nivernais Morvan. Située en bout de ligne, Corbigny fait partie de ces milliers de gares françaises progressivement délaissées au profit de grandes gares régionales. Au fil des entretiens, des propositions et des tests de solutions, l’équipe a réalisé tout le potentiel patrimonial, économique et social qui se cachait derrière ces équipements. Le "plan de revitalisation des gares rurales" proposé par l’équipe est un mode d’emploi visant à revitaliser la gare de Corbigny, la penser comme carrefour des transports ruraux, en faire un support touristique et constituer un réseau inter-gares. A retrouver dans le livret réalisé à l’issu de la résidence, et dans le blog tenu à jour par l’équipe.

Nov 25 2010

Territoires en résidences : bilan d’une expérience interrégionale

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Design , Territoires en résidences

Avec la fin de l’année 2010 se termine un programme de 24 mois, débuté en janvier 2009 et à partir duquel nous souhaitions tester de nouvelles façons de concevoir des politiques régionales, des dispositifs, des équipements ou des services publics locaux. Dans un livret que nous venons de publier, nous revenons sur les enseignements de ce programme et nous présentons chacune des expériences menées. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une évaluation, qui reste à faire dans les mois qui viennent, mais d’une première prise de recul. Une façon aussi de témoigner d’une opération qui a mobilisé plusieurs dizaines de jeunes -et moins jeunes- professionnels, des centaines d’habitants et élus que nous ne remercierons jamais assez, beaucoup d’huile de coude et un enthousiasme de tous les instants !

En voici l’introduction, et le lien depuis lequel télécharger librement ce document.

Les résidences, micro-laboratoires des grandes politiques régionales

Territoires en résidences est le premier grand programme lancé par la 27e Région, en janvier 2009, à l’occasion de l’année européenne de la créativité et de l’innovation. Inspiré des résidences d’artistes – mais aussi du programme Design of the Times mené en Grande-Bretagne, ou encore de l’opération Parcs en résidences lancée par les parcs naturels du Massif central – le programme consiste à immerger sur quelques semaines une équipe interdisciplinaire de designers, sociologues, architectes, innovateurs sociaux, chercheurs, plasticiens, au sein d’un projet local ou d’un équipement public : un lycée, une gare, un quartier, un village, une administration... Conçu comme une alternative aux ingénieries habituelles (études, consulting, évaluation), il s’agit de rencontrer, d’interroger, de provoquer, de partager, de concevoir et d’esquisser des projets et des solutions avec les usagers ou habitants du lieu d’accueil ainsi qu’avec les directions régionales concernées. Les résidences ont pour objectif de repartir des pratiques des utilisateurs pour contribuer à repenser, améliorer et réorienter la mise en oeuvre des politiques régionales.

Vingt-quatre mois plus tard, quels enseignements tirer de cette expérience ? La résidence est-elle un protocole robuste, adapté à une grande diversité de situations ? Peut-elle agir comme un « sonar » des politiques publiques, susceptible d’éclairer des arbitrages méthodologiques, stratégiques et politiques ?

Onze résidences, onze visions différentes

À l’origine, nous avions prévu de conduire une douzaine de résidences sur une grande diversité de thèmes, au cœur des champs de compétences des Régions : lycées, aménagement, transports, etc. Onze auront finalement été conduites. L’objectif de diversité des contextes, des situations et des lieux a globalement été atteint, même si dans l’avenir, nous aimerions aborder d’autres thèmes liés à l’emploi, à la formation professionnelle, au développement économique ou encore à la culture.

Une cinquantaine de projets imaginés ou déclenchés par les résidents

Certaines résidences ont produit une douzaine de projets, et d’autres trois ou quatre. Au total, une cinquantaine de concepts et de projets sont nés au fil des résidences, comme autant de réponses possibles à des préoccupations très diverses, en matière de stratégies post-carbone, de multimodalité dans les transports, de circuits courts, de lutte contre l’isolement médical, de lycée, d’emploi, de citoyenneté, de réseaux sociaux, de modernisation administrative... Pour l’instant, environ un tiers de ces projets ont été concrétisés, même si tel n’était pas le but principal des résidences. Les uns relèvent de micro-réglages à fort effet levier (le « speed-dating lycéen » imaginé à Annecy), d’autres de visions à plus long terme (le concept de « nouveau départ » imaginé avec l’es- pace public numérique de Berthe). Bien entendu, quelques projets peuvent paraître plus anecdoti- ques et d’autres plus prospectifs, certains sont « low tech » et d’autres beaucoup plus sophistiqués, mais tous mettent résolument l’utilisateur au centre, et lui redonnent des capacités d’action. L’ensemble de ces projets présente un potentiel important, un acquis que les Régions peuvent à tout moment réactiver.

La confiance, plus forte que l’innovation

De nombreuses résidences ont permis de mesurer l’écart entre l’ambition régionale et la réalité de terrain, et d’examiner en détail les raisons qui empê- chaient cette vision de se réaliser. En décadrant la réflexion et en cherchant à comprendre les « vrais » problèmes, elles ont montré que bien formuler la question de départ était aussi important que de produire des solutions. Elles ont fourni des réponses méthodologiques aux questions de co-conception et d’orientation utilisateur, en particulier à travers le principe d’immersion, ou celui du prototypage ; elles ont pointé des pré-requis essentiels à l’engagement citoyen dans les lycées ; elles ont proposé des alternatives aux approches techno-centrées et ont souligné la nécessité de considérer plus sérieusement l’expertise-citoyenne, autrement que par le seul prisme de la démocratie participative. Elles ont proposé des approches pour mieux prendre en compte les dimensions sociales et culturelles dans les enjeux environnementaux. Elles ont démontré la primauté des valeurs de confiance et de durabilité, sur celles de l’innovation et de la performance. D’une façon générale, elles ont démontré le très grand potentiel qu’il y aurait à donner une place plus conséquente au design, aux sciences humaines, aux arts, au cœur même des politiques publiques, plutôt que de les maintenir sur un strapontin.
Tous ces enseignements ont été documentés minutieusement. Notre objectif pour les prochains mois est de continuer à les présenter aux élus réunis en commissions, au sein des Régions ou à l’Association des Régions de France.

Apprendre ensemble

Nous n’avions pas prévu que les résidences servent aussi fortement de « banc d’essai » pour les résidents designers, sociologues, architectes, entrepreneurs sociaux, plasticiens, etc. Or, qu’ils soient juniors ou seniors, tous les participants ont vécu le protocole de la résidence comme un apprentissage, quelquefois un défi, dans tous les cas une façon de repenser ou de perfectionner leurs pratiques professionnelles, mais aussi de faire l’apprentissage quelquefois difficile de l’interdisciplinarité. Un apprentissage qui a également concerné les agents, fonctionnaires et quelques élus associés aux résidences, qui ont souvent découvert de nouvelles méthodes de travail et expriment aujourd’hui le besoin d’aller plus loin dans l’intégration du design et des sciences humaines dans leurs modes d’intervention.

Une alternative open source aux ingénieries propriétaires

Plus encore que le parti pris de l’immersion et de la co-conception, c’est le fait de documenter et de publier aussi scrupuleusement que possible le processus suivi par la résidence qui la différencie de la plupart des méthodes de consulting classique. Dans celles-ci, les interventions sont des boîtes noires : nul ne sait vraiment comment s’est passée la mission. Les aléas rencontrés et les errements ne font pas vraiment partie des enseignements, ce sont même des erreurs qu’il convient d’escamoter. Dans la résidence, c’est l’ensemble du récit qui est impor- tant, pas simplement les solutions décrites à la fin. De plus, les enseignements du consulting classique ne profitent souvent qu’au commanditaire principal et restent la propriété de leur auteur. Au contraire, les enseignements de chaque résidence sont ouverts à qui veut s’en saisir et l’ensemble des résidences forme un bien commun que chacun peut ré-utiliser, comparer, approfondir, etc. Le jour où les Régions (et les acteurs publics en
général) auront produit, soutenu ou accompagné un portefeuille de plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’expériences documentées comme les résidences, elles disposeront d’un bien commun considérable, un laboratoire collectif capable de les orienter dans leurs décisions.

Une logistique financière à revoir

Tout projet à son revers et Territoires en résidences n’échappe pas à la règle : tout ne s’est pas bien passé. Deux résidences ont pu faire l’objet d’incom- préhension entre nos interlocuteurs et nous. Certains établissements s’attendaient à des projets plus spectaculaires, ou à plus court terme. Par ailleurs, nous avons sous-estimé les flux financiers que pouvait représenter la tenue simultanée de plusieurs résidences et mis en difficulté tant la structure qui nous accueille qu’un grand nombre de résidents, mis à mal par les retards de paiement. À l’avenir, si nos parte- naires et nous-mêmes souhaitons poursuivre cette démarche, il faudra imaginer un cadre partenarial plus adapté structurellement et financièrement.

Et maintenant que faire ?

Le modèle fait des émules, et un nombre croissant de collectivités et d’acteurs locaux envisagent de réaliser des résidences. Mais comment les faire évoluer ? Faut-il poursuivre et si oui, comment ? Quels sont les manques et comment les combler ? Plusieurs scénarios peuvent être examinés, au moins de façon virtuelle :

> Et si l’on produisait 50, 70, 100 résidences ? On en est encore loin, mais si ce format devait se développer massivement, il pourrait incarner un nouveau mode opératoire pour les Régions et pour tous les acteurs d’un territoire. François Jégou, directeur scientifique de Territoires en résidences, propose d’envisager les résidences comme une forme « d’acupuncture territoriale », un ensemble organisé d’interventions ciblées, prenant le terri- toire comme un ensemble de méridiens, et de considérer les dynamiques locales comme autant d’énergies à libérer, stimuler, orienter.

> Et si l’on menait à leur terme les projets issus des résidences ? Un grand nombre de concepts issus des résidences n’ont aucune chance d’être concrétisés dans les délais imposés. Nous envisageons donc de proposer à plusieurs Régions de se réunir autour de la production de prototypes, à partir des projets les plus prometteurs.

> Et si l’on pouvait faire des résidences sans la 27e Région ? En effet, nous voulons voir si le protocole peut s’émanciper et si l’ensemble du travail de coordination et de logistique propre à une résidence peut être pris en charge par d’autres organismes.

Nous travaillons dans ces trois directions. Pour la période 2011-2013, nous proposerons prochainement un nouveau programme basé sur une nouvelle génération de résidences, sur un cycle de formation-action d’agents régionaux, et sur la création de laboratoires d’innovation au sein même des Régions.

Nov 9 2010

Design des politiques publiques, le docu : le teaser en avant-première

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Design , Politique publique , Territoires en résidences

Marguerite Fouletier, vidéaste, et Guillaume Serpereau, preneur de son, ont parcouru ensemble une partie des résidences organisées en 2009 et 2010 dans le cadre du programme "Territoires en Résidences". Ce matériau devrait servir de base à un documentaire que nous préparons pour fin 2011, consacré au design et à l’innovation sociale appliqués au politiques publiques, en France et en Europe. Il fera suite à l’ouvrage "Design des politiques publiques" que nous avons publié en avril dernier. Nous cherchons encore des crédits pour boucler son financement, mais nous espérons pouvoir le sortir pour le 7e Congrès des Régions en décembre 2011.

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