› Territoires en Résidences › ARF › FING
Sep 8 2012

Design, Public, Local

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Innovation , Politique publique

Imaginarium_small

Les 19 et 20 septembre à l’Imaginarium, Tourcoing

English presentation available here (pdf, 74 Ko).

Comment innover de façon radicale dans la culture de gestion de nos administrations et de nos collectivités, à l’heure de la réforme de l’Etat et de la nouvelle étape de la décentralisation ?

Design, Public, Local : c’est autour de ces trois mots que la 27e Région organise un séminaire créatif auquel sont conviés une centaine de participants français et étrangers : fonctionnaires territoriaux et agents des services de l’Etat issus d’une douzaine de Régions, élus, spécialistes et praticiens de l’innovation dans le secteur public dont les meilleures représentants en France et dans le monde : Mindlab (DK), SITRA (FI), Nesta (GB), SILK (GB), Think Place (Australie), User Studio (FR), Plausible Possible (FR), Talking Things (FR), Desis Parsons (USA), Educore (NL), Université d’Aalto (FI), Université de la Manouba (TUN), Strategic Design Scenarios (BEL), etc.

Design, tout d’abord.
Pour la première fois en France, les pionniers français et internationaux de l’innovation publique se retrouveront pour échanger sur les méthodes qu’ils utilisent pour innover dans le secteur public, issues du design (design de services, design social, design thinking, design management), mais aussi de l’ethnographie et de l’innovation sociale, de la culture open source et des pratiques collaboratives.

Au programme : des "ateliers pratiques" au format master class pour faire l’apprentissage des méthodes du design et de l’innovation sociale ; la présentation en avant-première d’une série documentaire sur le design des politiques publiques.

Public, ensuite.
Au delà des méthodes, il s’agira d’examiner en quoi ces méthodes appellent une toute nouvelle culture de gestion publique, et des façons radicalement différentes d’innover dans la conception et la mise en oeuvre des politiques publiques.

Au programme : des "ateliers thématiques" pour repenser les pratiques traditionnelles de l’administration, des marchés publics jusqu’aux questions gouvernance, illustrés par des expériences concrètes ; des "conférences plénières" pour débattre des enjeux de l’innovation dans le secteur public.

Local, enfin.
Plusieurs dizaines de cas pratiques seront présentés et débattus, couvrant une très grande diversité d’enjeux territoriaux : l’école demain, la jeunesse, les enjeux du péri-urbain, la réduction de la consommation d’énergie, le vieillissement de la population, la crise démocratique, les familles en difficulté, la politique du logement, l’emploi des +50 ans, l’appui aux jeunes entreprises innovantes, l’avenir des Agenda 21...

Au programme : des "séquences inspirantes" consacrés à une dizaine de cas ; une exposition présentant une sélection de 12 cas issus du monde entier ; une sélection des meilleurs ouvrages en partenariat avec la librairie des Territoires de Sarrant.

Design Public Local est un séminaire sur invitation uniquement, organisé par la 27e Région en partenariat avec la Région Nord-Pas de Calais, avec le soutien de la Caisse des Dépôts et la Direction Générale à la Modernisation de l’Etat. La communication et la mise en espace sont assurées par le Studio G.U.I et Talking Things.

Contact presse : Stéphane Vincent, svincent [at] blog.la27eregion.fr

Sur twitter : #designpubliclocal

Programme complet : à télécharger (français /english)

Version pdf du présent communiqué : à télécharger ici.

Jun 24 2012

Gouverner "pair à pair" : focale sur la Finlande

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Design , Politique publique

couv

Hier obsédée par la production de politiques publiques "pour les populations", la puissance publique s’est progressivement tournée vers des modèles inspirés par la co-production. Il n’est finalement guère étonnant que le modèle du "pair à pair", par exemple, popularisé par une certaine partie des acteurs et utilisateurs de l’internet, ait trouvé son pendant dans les politiques publiques.

L’Université de Aalto à Helsinki en Finlande a choisi de s’intéresser à ces modèles en publiant "Vers la production "pair à pair" dans les services publics : cas finlandais" ("Towards Peer-production in Public Services : cases from Finland"). Un document pdf à télécharger gratuitement ici (132 pages, en anglais)

Il s’agit d’un recueil d’articles consacrés aux relations entre les dynamiques "pair à pair" et les services publics. La plupart des cas présentés renvoient à des évolutions récentes observées dans la société finlandaise, mais le document comprend également une perspective internationale, des éléments de réflexion historiques mais également prospectifs sur la façon dont la production "pair à pair" pourrait influer sur la structure de notre société. Bien entendu, l’internet joue un rôle tout particulier dans sa capacité à rendre ces évolutions visibles et évolutives.

Avec Andrew Gryf Paterson et Joanna Saad-Sulonen, Andrea Botero est l’une des coordinatrices de cette publication. Andrea est chercheuse en design à Aalto, et nous l’avions rencontré quelques années plus tôt alors qu’elle était venue présenter ses travaux à l’invitation de Liz Davis à l’ENSCI, consacrés notamment au suivi d’une communauté de retraités par un groupe de designers. Nous l’avons interrogé à l’occasion de la parution de cette publication.

La 27e Région : Quelles seraient les caractéristiques d’une collectivité qui jouerait réellement le rôle de facilitateur de politiques "pair à pair" ?

Andrea Boterro : "Je ne crois pas qu’un modèle existe et chaque collectivité doit construire des stratégies et des tactiques adaptées au contexte local. Cependant, si l’on s’appuie sur certaines expériences et des expérimentations auxquelles notre ouvrage se réfère, jouer le rôle de facilitateur, partenaire ou "créateur de capacité" (NDLR : en anglais "enabler") comprendra notamment des qualités comme : une attitude favorable à l’expérimentation, la transparence (dans le reporting, dans la gouvernance), une politique d’accès ouvert, une administration souple, une capacité à travailler en réseau, à rendre des comptes, à bien communiquer, à donner du pouvoir aux acteurs locaux (permettre de prendre des risques, créer de la reconnaissance, etc), reconnaître ses propres limites, une culture de confiance, etc."

La 27e Région : Pour une collectivité ou un gouvernement, passer d’une culture ou il s’agit de "concevoir des politiques publiques pour les populations" à une autre qui consisterait plutôt à "aider les gens à construire des politiques publiques ensemble" est un défi complexe. Y voyez-vous non seulement des opportunités nouvelles, mais également des risques d’affaiblir les acteurs publics ? Si oui comment l’éviter ?

Andrea Boterro : "Il y a bien évidemment des avantages et des inconvénients. En réalisant cet ouvrage nous avons beaucoup échangé sur cette question avec les auteurs et d’autres chercheurs, et une chose semblait claire : Il ne s’agit d’être ni dédaigneux ni naïf. Je dirais que le principal risque n’est pas d’affaiblir l’Etat mais plutôt de ne pas renforcer le socle démocratique de notre société. En soir les gens ne sont ni mauvais ni stupides, ils agissent plutôt en fonction de la réalité des ressources mises à leur disposition ; l’objectif devrait être "une bonne qualité de services pour tous". Le chemin pour y parvenir emprunte de nombreuses voies, l’une de celles-ci est assurément le "pair à pair" et les gouvernements nationaux et locaux devraient le reconnaître -tout comme il existe sans doute d’autres voies qui exigeront d’autres types de configurations que l’Etat ne pourra pas simplement ignorer ou contourner. Ces évolutions ne sont là ni seulement pour économiser de l’argent, ni pour inciter les gens à faire eux-mêmes, mais tiennent plutôt au fait de reconnaître ce qui doit être fait pour construire un monde ’habitable’.

La 27e Région : l’Université de Aalto a conduit "365 Wellbeing projects"*. Pouvez-vous nous citer le projet le plus intéressant de votre point de vue ?

Andrea Bottero : "Je ne les connais pas tous mais j’en ai suivi plusieurs avec intérêt. Tous ne sont pas en lien avec la production "pair à pair" mais on en trouve des traces à plusieurs reprises. Je suis par exemple curieux de voir ce que la municipalité va faire du concept de soin numérique parce que c’est un domaine de "l’expérience finlandaise" que j’ai particulièrement apprécié quand je suis arrivé dans ce pays. Et en même temps l’Etat Providence a cédé beaucoup de terrain dans ce domaine... Je trouve que les étudiants ont produit des observations très intéressantes au cours de leur travail et si les décideurs prennent ces propositions au sérieux il pourrait alors se développer des choses surprenantes..."

*365 Wellbeing est un programme basé sur la conduite de 12 projets dédiés au bien-être menés dans les villes d’Helsinki, Espoo, Kauniainen et Lahti. Les projets visent à réinterroger le rôle des collectivités dans ce domaine à partir de solutions orientés à partir du patient-utilisateur.

mai 24 2012

Design des services publics : intervention à Parsons Schools, NYC

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Design , Politique publique

La 27e Région est partenaire de Public & Collaborative, un cycle d’interventions internationales organisées par le réseau DESIS (Design for Social Innovation and Sustainability). Après Christian Bason (Mindlab), c’était au tour de François Jégou / Strategic Design Scenarios, partenaire scientifique de la 27e Région, d’intervenir à l’école de design Parsons à New York dans le cadre du Parsons Desis Lab, un partenariat entre le Public Policy Lab et la ville de New York. Public & Collaborative vise à explorer comment améliorer les échanges entre citoyens et services publics.

Dans cette intervention (43 mn), François Jégou revient sur les enseignements des résidences menées dans le cadre de "Territoires en Résidences", et sur le potentiel du design dans l’élaboration des politiques publiques.

La vidéo des questions et réponses.

Les autres interventions sont ici.

Avr 29 2012

Managers publics : que pensent-ils du design thinking ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Design , Politique publique

Comment, au sein des organisations publiques, les dirigeants et élus qui les ont testé perçoivent-ils l’application du design thinking et de l’innovation sociale dans l’élaboration de leurs politiques ?

En filigrane, c’est une des questions auxquelles nous sommes confrontés dans la conduite de notre programme la Transfo depuis son lancement en juin 2011. Simuler, comme le prévoit ce programme, la présence d’un laboratoire d’innovation au sein de l’organisation est pour nous l’occasion de mieux comprendre les motivations, tout comme les barrières psychologiques à l’adoption de modes de fonctionnement radicalement différents de ceux des administrations.

Jour 4-Restituer les propositions imaginées pour Lycéo

En attendant un travail de recherche plus systématique, nous collectons ça et là les témoignages des directeurs généraux des services de Régions avec lesquelles nous travaillons -ici Patrick Jouin en Pays de la Loire, Gérard Ruelle en Champagne Ardenne, Yves Duruflé en Nord-Pas de Calais- et ceux de présidents et d’élus de Régions avec lesquels nous travaillons. Qu’ils nous pardonnent s’il ne s’agit pour l’instant que d’une compilation de témoignages entendus au fil de nos rencontres et travaux... Ces propos souvent pris sur le vif nous semblent utiles pour nous faire d’ores et déjà une idée de leur état d’esprit et progresser.

Voici, sans ordre particulier, ce qu’ils nous disent de ces approches :

Se reconnecter avec l’utilisateur. "Après des années passées en mairie, en arrivant à la Région, ma frustration de ne plus être en contact avec l’utilisateur était très grande.", déclare Gérard Ruelle, qui prône le développement d’une plus grande "maîtrise d’usages", à côté de la maîtrise d’oeuvre et d’ouvrage. Une idée qui va dans le sens des démarches d’immersion, d’observation participative et de co-conception menées avec les utilisateurs et habitants dans les méthodes mobilisées dans la Transfo.

Dépasser les méthodes de management classiques. L’évaluation, en particulier, est souvent citée. "Nous avons besoin d’approches davantage centrées sur la qualité de la conception, plus en amont, et pensées dans une logique d’amélioration continue", dit Gérard Ruelle. Le design thinking peut justement jouer ce rôle : alors que l’évaluation classique examine après-coup la qualité du cadre logique -c’est à dire l’interdépendance entre objectifs/réalisations/moyens/effets attendus-, le design thinking l’anticipe dès la conception, et résonne par amélioration incrémentale essai/erreur. Yves Duruflé invite quant à lui à réinterroger d’une façon plus générale le sens du management appliqué aux services publics, de son efficacité réelle.

Visualiser et tangibiliser. Comme le souligne Patrick Jouin, "rendre compréhensible des choses complexes n’est pas quelque chose que l’on apprend dans nos organisations". Montrer la part d’invisible dans le processus de construction d’un lycée, utiliser illustrations, schémas et dessins pour rendre préhensible un processus administratif ou un ensemble de données, c’est s’assurer d’une meilleur compréhension collective. Le rapport de 300 pages n’est décidément pas le meilleur moyen de créer du consensus dans un groupe...

Représenter

Anticiper et prévenir. Quand des équipes s’immergent sur le mode "ethnographique" dans un bourg, un quartier ou un équipement public, concourrent-elles à repérer des signaux faibles, à identifier des problèmes que l’institution n’aurait pas vu ou en tout cas à mieux les formuler, à repérer des solutions possibles ? C’est ce que pense Jean-Paul Bachy, président de la Région Champagne Ardennes, qui y voit une "capacité d’anticipation/prévention qu’il faudrait explorer", et "des méthodes actives de remontée de l’information".

Muscler la transversalité. La transversalité, c’est le graal des managers... la compétition est âpre pour savoir quel sujet sera plus transversal que les autres ! En embarquant élus, agents et citoyens dans un même exercice de recherche-action, bienveillant et orienté vers la production de résultat, la Transfo semble agir comme un moyen de muscler la conversation entre les services et entre les élus, ce que confirme Jean-Paul Bachy : "Le dialogue élu/services est toujours très institutionnel, mais le fait qu’ils aillent ensemble solliciter un regard sur la manière dont ils mettent en place les politiques permet un échange. La capacité d’innovation des équipes peut être stimulée et valorisée."

jour3-La Visite : préparation et sensibilisation au journalisme

La plus value du prototypage rapide. "L’idée d’expérimentation n’est pas simple, ni sur le plan juridique, ni sur le plan politique, car la moindre initiative de la Région est prise comme un geste fort, irréversible, que chacun va prendre comme acquis", explique Patrick Jouin. D’où l’idée de créer un cadre précis, et de donner un statut particulier à des "micro-expériences" qu’entreprendrait la Région à titre de test, mais qui ne l’engageraient pas à les mettre en œuvre. A titre de comparaison, ce n’est pas parce qu’un constructeur automobile conçoit un concept-car qu’il va forcément le produire en série ensuite !

Cette dernière dimension semble très importante pour les managers mais aussi les élus. Patrick Jouin propose l’idée de "simulateur de politique publiques", une démarche permettant de simuler l’expérience d’une politique publique, d’essayer un dispositif du point de vue du citoyen, de l’agent ou de l’élu, des acteurs de la chaîne de production des politiques publiques. En assemblée générale de la 27e Région, Jean-Pierre Masseret, Président de la Région Lorraine, décrit la 27e Région comme un "banc d’essai" des politiques régionales. Autant d’idées que nous avions commencé à explorer dès notre résidence au sein de la Région Nord-Pas de Calais.

Toutes ces observations vont dans le bon sens. Elles ne doivent pas cacher les difficultés réelles qui restent à surmonter ; sont-ils prêts à aider leurs agents à se former durablement à ces approches ? les micro-réglages sur lesquels débouchent souvent les démarches de design trouveront-ils grâce à leurs yeux ? Pour cela il faut encore travailler sur leur compréhension de ce qu’est le design, pour dépasser l’apriori seulement esthétique. Patrick Jouin nous conseille d’être plus explicite sur le fait que le design appliqué aux politiques publiques n’est pas un luxe, un accessoire, un bidule créatif de plus, mais qu’au contraire il est consubstantiel à la modernisation de la gestion publique, qu’il permet d’éviter des gaspillages, des erreurs, des pertes de temps et d’argent. Un avertissement pour tous ceux qui pensent qu’il suffit d’animer un "workshop créatif" pour changer la donne...

février 5 2012

Le design des concepts politiques

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Europe , Politique publique

Est-il possible de repenser un projet politique à partir de ses usages -en somme, d’en faire le design ? Le Comité des Régions, qui est l’assemblée des représentants locaux et régionaux de l’Union européenne, en fait le pari et veut l’appliquer au concept de "gouvernance multi-niveaux".

Qu’y a t-il donc derrière cette expression imprononçable ? Une idée simple : constatant qu’aucun problème ne peut se traiter à un seul niveau, il faudrait admettre que chaque échelon puisse apporter sa contribution à la résolution de ce problème. La gestion de l’eau, par exemple, devrait s’exercer depuis l’échelle du quartier jusqu’aux grands bassins versants européens. C’est donc une approche qui privilégie la concertation active plutôt que les seuls accords institutionnels, et qui cherche à dépasser les silos habituels.

Le problème est que ce concept, qui progresse pourtant dans les esprits, peine à s’imposer chez nos décideurs, particulièrement à l’heure de la crise. Cette approche ambitieuse reste complexe à appréhender -jusqu’à son nom, qui a largement contribué à la marginaliser. Pourtant, on sent bien la portée possible de cette approche, qui fait écho à la volonté de réconcilier les citoyens avec une Europe qu’ils ne comprennent plus. On voit également les alliances possibles avec les promoteurs de l’opendata, puisqu’elle aura besoin d’un partage exceptionnel des données.

Est-ce parce que le design est bien adapté au traitement des sujets écosystémiques ? Ou bien est-ce l’hypothèse que seul un travail de création collaboratif peut en venir à bout ? Toujours est-il que le Comité des Régions a décidé de se lancer dans une expérience de quelques mois, pilotée par notre partenaire Strategic Design Scenarios, et dont l’objectif est de raisonner en termes d’usages : comment rendre ce concept "actionnable", comment un élu local, un agent, un citoyen vont-ils concrètement s’en saisir ? Ce travail, qui vient de débuter et auquel la 27e Région est associé, va passer par des phases de co-création de scénarios et d’expérimentations locales, associant des élus, des citoyens, des décideurs locaux, nationaux et européens dans plusieurs pays d’Europe. Rendez-vous avant l’été pour faire le point !

Pour en savoir plus sur la gouvernance multi-niveaux, lire cet avis de nos amis des Pactes Locaux.

Nov 24 2011

Prenez soin de vos contribuables

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: copenhague , Innovation , Politique publique

Lors d’un récent déplacement à Copenhague, deux fonctionnaires du ministère des finances danois nous ont raconté cette histoire étonnante. Comme dans tous les pays du monde, la lettre des impôts fonciers est désespérante d’opacité, génératrice de frustration ("à quoi sert mon argent ?") et à l’origine de nombreux appels de personnes désemparées.

Une petite équipe du ministère a proposé de s’inspirer de la performance de l’artiste française Sophie Calle "Prenez soin de vous" : dans cette oeuvre qui a fait l’objet d’un ouvrage publié en 2007, Sophie Calle avait demandé à un panel de personnes -anonymes et spécialistes- d’analyser pour elle la lettre de rupture dont elle venait d’être destinataire.

Les fonctionnaires danois ont fait la même chose avec la lettre d’imposition foncière, et en ont tiré 5 insights (cf l’album photo ci-après) qui servent maintenant à réécrire la lettre... L’expérience n’a pris qu’une journée, le temps de réunir un panel d’une dizaine de personnes volontaires (Sophie Calle en avait interrogé 107 !) : une femme de ménage, un artiste, une sémiologue, etc.

On retiendra au passage que ce sont les fonctionnaires eux-mêmes qui ont imaginé et conçu la démarche, et non un cabinet d’étude... De plus l’expérience a produit un "bon story-telling", bien meilleur que si la démarche avait été menée en catimini ! A quand la même chose avec Bercy, en France ;) ?

Les explications (en anglais) de Lene Krogh Jeppesen, du Ministère des Impôts Danois.

Sep 13 2011

Public design à Copenhague

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: copenhague , Design , Politique publique

Nous étions conviés le 31 août à Copenhague à « How Public Design », séminaire international consacré à l’application du design dans la transformation des services publics, organisé par le MindLab à l’occasion de la Design Week.

Ouf, ça y est. En pleine crise, quelque chose d’enfin positif mobilise au même moment des administrations du monde entier... De quoi retrouver un peu d’espoir dans un secteur public que l’on croyait marqué pour toujours par la culture de gestion née sous Thatcher et Reagan, ou qui ne semblait voir l’innovation qu’à travers une administration électronique dont certains excès commencent à taper sur les nerfs des français -cf les derniers rapports de l’ex-médiateur de la République.

Le nouveau design des services publics

De façon encore marginale mais avec l’enthousiasme des pionniers, des gouvernements (australien, danois), des collectivités locales du monde entier considèrent que d’autres modèles sont possibles, basés sur la co-conception (le co-design) des politiques publiques avec les populations. Certes, tout n’est pas nouveau, ni parfait, mais si elle aboutit, l’association entre l’expérience des vétérans de la participation et les nouvelles approches pluridisciplinaires autour du design (ethnologie, co-création, prototypage rapide…) pourrait produire des choses vraiment intéressantes.

C’était particulièrement évident lors de ce séminaire qui réunissait pendant deux jours et demi une soixantaine de designers, anthropologues, de think tanks et de chercheurs du monde entier, mais aussi des fonctionnaires de plusieurs ministères danois –finances, travail, intérieur, jusqu’à la direction des services pénitenciers.

Visualiser pour produire du changement désirable

L’un des atouts du design examiné par les participants est sa capacité à visualiser, dans un secteur public qui ne connaît généralement que l’écrit : « more pictures, less words » disent en cœur les fonctionnaires danois. Dans le groupe de travail consacré à la visualisation, Romain et moi montrons de quelle façon celle-ci intervient à tous les stades du projet : depuis la production de la carte sociale des acteurs jusqu’aux scénarios mis en image et au dispositif prototypé. Pour les fonctionnaires présents -qui pour certains travaillent depuis plusieurs années avec le Mindlab- ces techniques de visualisation sont d’abord un moyen de « faire tomber les barrières et construire une compréhension commune ».

Chacun distingue bien les esquisses bricolées sur le mode « quick and dirty » que chacun peu donc facilement s’approprier, et les dessins ou les montages léchés à l’extrême au terme du projet. Pour beaucoup, l’idéal est atteint quand c’est l’agent ou l’usager lui-même qui prend le stylo, les ciseaux ou la souris pour réaliser le dessin ou la maquette, et non plus le designer lui-même…

Mais la visualisation n’est pas réductible à un outil dans le processus de design. C’est aussi devenu le moyen incontournable de penser différemment l’avenir. C’est dans cet esprit que Manuel Toscano (Zago, USA) promeut une visualisation qui réenchante, dans un monde devenu trop pessimiste pour affronter les nouveaux enjeux. Ramus Run Nielsen (2+1 Ideas agency) parle de « créer une histoire visuelle qui donne du sens au changement et le rende désirable ». Pour lui, il s’agit dorénavant plus de « changer la narration que de promouvoir de nouveaux concepts ».

La culture mange du design à chaque petit déjeuner

Fait notable : tout en plébiscitant le potentiel du design pour repenser le secteur public, les participants en reconnaissent volontiers les limites. A l’attention des designers trop gourmands, convaincus qu’ils pourraient résoudre les grands enjeux planétaires, Philippe Collgan (Public service innovation lab, Nesta, GB) rappelle que « la culture mange de la stratégie à chaque petit déjeuner »… on ne va pas changer la nature humaine avec de vulgaires techniques ! Quant aux promoteurs du « design d’expérience » (« experience design »), Richard Buchanan (Weatherhead School of Mangement, USA) répond « qu’il est impossible pour un humain d’expérimenter un système ».

D’ailleurs les fonctionnaires présents ne s’y trompent pas : le design est surtout vu pour sa capacité à produire plus de sérendipité, à rebattre les cartes entre les parties prenantes (« stake-holders ») et c’est déjà beaucoup. Ils s’entendent pour dire qu’ils ne veulent pas du "designer expert", mais plutôt du "designer facilitateur" ; les agents veulent nourrir une conversation avec les designers, pas écouter un énième spécialiste leur expliquer la solution… Des agents qu’il ne s’agit pas de transformer en designers, selon Nina Terray (Thinkplace, Australie), mais bien d’aider à ré-interroger leur propre rôle.

Plus d’informations sur How Public Design, les bios des intervenants, le programme, les participants.

Nos photos de l’événement : cliquez ici.

Les "entrailles" du MindLab :

Sep 11 2011

Comment montrer le design ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Design , Politique publique

Pour un scénographe préparant une exposition consacrée au design, il est tout à fait habituel de montrer des objets ayant fait l’objet d’un travail de conception, qu’il s’agisse d’une paire de chaussures ou d’une maquette d’avion. Chercher à montrer le processus de conception qui a permis d’aboutir à cet objet, c’est parfaitement faisable également. Mais rendre attractif pour le grand public les processus à l’oeuvre dans le design d’un service, voilà qui n’est pas simple ! Bien sûr, "montrer l’immatériel" est d’une grande banalité pour un scénographe. Mais à l’arrivée, le résultat est souvent frustrant et l’on reste facilement passif devant les éternelles photos de bonnes pratiques imprimées sur de grands panneaux...

"Comment vont-ils s’y prendre ?" J’avais ce genre de question en tête quand j’ai visité l’exposition "Challenge Society" que présentait le Danish Design Center pendant la Design Week organisée à Copenhague. Une partie de l’exposition était consacrée au design des services publics ("Going public - Innovation in the public sector"). La veille, lors du séminaire "How Public Design" auquel nous participions (à lire dans un article à venir), le ministre de l’économie et des affaires qui préside le Mindlab, Michael Dithmer, avait rappelé l’objectif du gouvernement danois : avoir diffusé la culture du design dans tous les champs de la société danoise en 2020. Comment faire passer une telle ambition à travers une exposition, et comment partager avec le grand public les enjeux du design dans le secteur public ?

En fait, l’impression que m’a laissée l’exposition est plutôt positive. Même s’il manque tout de même quelque chose...

Au coeur d’une première salle, des panneaux tournants sont montés sur des axes métalliques, numérotés de 1 à 40, et présentent chacun un enjeu au recto (ex : améliorer la vie des personnes atteintes d’autisme) et au verso, un projet de design qui visait à y répondre. A noter que tous les cas cités sont en ligne sur le site du DDC. On touche à la limite des "bonnes pratiques" : certains des cas proposés ne sont, lorsqu’on les connait, pas de grands succès. Il manque comme à chaque fois une colonne "ce qui n’a pas marché"... mais l’ensemble reste assez réussi. Au mur, un immense nuage de tags très coloré reprend tous les mots clés du design thinking et des enjeux de société et de l’action publique. Ca et là sur les murs, des accroches. Aperçu : "L’innovation dans le secteur public, une mauvaise blague ? seulement si vous pensez que l’internet est une mauvaise blague."

Dans la pièce voisine, des panneaux en bois 20 x 20, simplement posés sur des étagères, présentent les méthodes mobilisées par la design de services, depuis les "journées utilisateurs" ("user journey") jusqu’au prototypage rapide ("rough prototyping"). Au mur, un tableau noir géant situe ces méthodes dans le processus de design, à partir d’un cas réel. La réaction de la personne qui m’accompagnait résume bien les choses : "Je pensais que les méthodes de conception se résumaient au brainstorming... là j’ai vite compris qu’en réalité, ces méthodes étaient beaucoup plus structurées et qu’il y avait des dizaines d’outils possibles à tous les stades du projet". On a presque envie de manipuler les panneaux, comme le feraient des gosses avec des cubes en bois... En fait c’est surtout un principe d’exposition, mais pouvoir jouer avec, les poser sur une grande table pour reconstituer des processus aurait pu être intéressant.

Plus classique, on peut visionner des cas et écouter au casque des interviews vidéos de praticiens et d’experts. Plus malin, 12 courts films vidéoprojetés illustrant des méthodes peuvent être commandés depuis un écran tactile. Le tout est pro, peut-être un peu classique..

Bon, disons-le, il manque peut-être à l’expo du DDC ce qu’on trouve à "Bureaucratics", l’exposition du photographe Jan Banning présentée dans l’ancienne église Nikolaj à Copenhague : un regard sensible... Après un voyage qui l’a conduit dans 8 pays (dont la France) et 5 continents, le photographe hollandais a rassemblé 68 clichés de fonctionnaires au guichet de mairies ou d’administrations d’Etats. C’est ainsi que se retrouvent côte à côte la secrétaire d’une petite mairie de l’Aisne, et un fonctionnaire-soldat en uniforme du Yemen, un shériff texan dans le bureau est décoré d’immenses têtes de cerfs ou encore un fonctionnaire du Congo. Bureau, paperasse, signes protocolaires de la bureaucratie "en bout de chaîne", tout est là si semblable et si différent à la fois...

Peut-être faudrait-il, pour montrer ce design des services, ne pas avoir peur de dévoiler cette vision sensible, si l’on veut dépasser l’esthétique un peu trop "clean" dont nous abreuve sans cesse la culture d’entreprise du siècle passé ?

D’autres photos de l’exposition du DDC à retrouver ici.

février 17 2011

Que faire du management ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Innovation , Politique publique

Ainsi formulée, la question peut sembler étrange ; aujourd’hui c’est plutôt le management qui nous domine dans presque tous les compartiments de la société et dans toutes les organisations, de la plus grande entreprise ou administration jusqu’à la plus petite des associations. C’est pourtant bien à un sursaut démocratique visant à reprendre la main sur des techniques de gestion devenues totalement incontrôlables, que nous invite l’essai d’Anne et Éric Pezet, "La société manageriale - Essai sur les nanotechnologies de l’économique et du social" aux éditions La Ville Brûle.*

Le management, "un récit largement fictionnel mais excessivement réel"

D’un côté, la culture managériale est véhiculée depuis les années 60 par un ensemble de thèses, de penseurs, de prestigieuses écoles de commerce et de grands cabinets conseil. On y célèbre l’entreprise comme un modèle d’efficacité incontestable pour l’ensemble de la société, et les principes du management comme "purement techniques et toujours efficaces". De l’autre se développe depuis longtemps une critique du management, particulièrement vive à l’heure de la crise, mais essentiellement focalisée sur la rhétorique et une critique idéologique du capitalisme néo-libéral.

Ici, les auteurs tentent plutôt de mettre à jour les processus et la boîte à outils mobilisés par le management : on ne citera ici que les méthodes ABC (Activity based casting), BPR (Business process reengineering), ou plus connues de chacun, les techniques de "best practices" ou de knowledge management. Ils décrivent de quelle façon, à l’image des nanotechnologies, les pratiques de management se diffusent progressivement et sans la moindre remise en cause dans l’ensemble de la société, et supportent matériellement une infinité de micro-décisions provoquant de maxi-effets économiques, sociaux et politiques. Ils montrent preuves à l’appui les effets souvent désastreux de techniques employées dans les choix d’investissement, les pratiques de cost-killing, les études de marché, les normes qualité, ou encore les perversions de la responsabilité sociale des entreprises.

Nos démocraties sont-elles condamnées au managérialisme ?

Alors que, comme les OGM, les nanotechnologies font l’objet d’un débat démocratique relativement vif, il est tout à fait frappant que le débat sur le management ne parvienne pas à intéresser les grands arènes de la politique. Ainsi, les technologies "molles" ne parviendraient pas à produire les mêmes débats que les technologies "dures"...! Pour tenter une percée, les auteurs proposent de faire entrer les techniques de management dans la critique plus générale de la technique, et de ne pas s’en tenir à une perspective fonctionnelle mais bien de s’intéresser à leurs enjeux sociaux et politiques. Il est urgent, disent Anne et Eric Pezet, de penser les instances, les modalités et les intervenants d’un débat démocratique sur le management.

L’acteur public, subjugué par le management

Impossible, évidemment, de ne pas évoquer la fascination du secteur public pour l’efficacité gestionnaire du privé. Ici, c’est le règne des indicateurs de performance qui façonnent progressivement le visage du secteur public et exercent un extraordinaire pouvoir de normalisation, pratiquement sans discernement. En France, la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) constitue l’unique programme de transformation de l’Etat. Elle vise à métamorphoser l’administration, d’une culture de moyens vers une culture de résultats. Comme le rappelle les auteurs, "la LOLF pénètre tous les rouages de la gestion publique, tandis que l’Etat n’est plus tenu d’assurer les fonctions collectives au nom des principes de liberté, de justice et de fraternité, mais de remplir des missions en fonction d’objectifs statistiques". C’est ainsi qu’en novembre 2004, Dominique Bussereau, alors ministre du budget, présentait les 1300 indicateurs qui allaient servir à évaluer les performances de l’administration française...

Comment faire émerger une société managériale démocratique ?

Il faut repolitiser le débat, bien sûr. Le management n’est jamais analysé dans son rapport au politique ; les élus, dans les faits, n’y voient pas un sujet politique noble, mais plutôt une simple question d’intendance, et des outils que leurs services mettront en oeuvre. Or "un retour sur l’existant est nécessaire dans les organisations même." C’est donc sur le terrain, dans les mêmes "cuisines" que celles où s’active le management, que les salariés et les fonctionnaires doivent "repenser les usages, prévenir les effets négatifs et exercer une vigilance de tous les instants afin de les éviter".

En conclusion les auteurs proposent trois pistes : développer une nouvelle approche de le recherche-action en management, qui ne tombe pas dans la critique stérile et théorique mais s’inscrive bien dans des interventions concrètes, au sein des organisations ; repenser l’enseignement initiale au management, et former les salariés et les citoyens ; enfin, plus prospectif, introduire des dispositifs de management open source, négociés par les organisations syndicales...

Ré-interroger le management public régional

Questionner le management public est l’un des éléments qui anime le travail de la 27e Région depuis sa création**, et l’ouvrage d’Anne et Eric Pezet nous offre de nouvelles clés de compréhension. Il y a dans ce travail critique et constructif un axe majeur pour mener le renouvellement des politiques publiques.

Sous cette perspective, on comprend mieux le climat de défiance et même de souffrance qui règne dans certaines administrations, les dysfonctionnements d’organisations où l’on ne dialogue plus à force d’avoir mis le système en silos, des populations réduits au rang de variables d’ajustement, le recours à la démocratie participative comme un dérivatif, et presque toujours, le recours à la vulgate managériale et technocentrée pour justifier de nombreux projets.

Quant aux conséquences macro-économiques de la "managérialisation forcée" à l’échelle nationale et européenne, elles sont édifiantes : depuis 2008, même les rapports de l’OCDE traduisent une dégradation de la qualité des services publics, ainsi qu’un accroissement de l’inégalité d’accès à ces services. Dans le domaine de l’énergie, par exemple, la privatisation a débouché sur une complexité majeure de l’offre.

Quid de la Région dans ce paysage ? Pour l’heure, et bien qu’elle ait été créée récemment, cette collectivité n’a pour l’instant pas vraiment réussi à se créer une culture managériale propre. A l’heure de la RGPP (Revue générale des politiques publiques), quand elle ne subit pas de plein fouet les conséquences du management d’Etat, la Région donne même le sentiment d’en intérioriser elle-même les pratiques...

Il est sans doute possible de prolonger et d’amplifier les pistes suggérées par les auteurs, par exemple en suscitant une remise en cause du consulting de masse, en développant rapidement l’interdisciplinarité et la co-conception au sein des administrations, en accélérant le production d’indicateurs qualitatifs, en repensant totalement les formes d’ingénierie habituelles (évaluation, appels à projets, indicateurs...), en multipliant les zones d’expérimentation, etc. Certes, la route est longue... mais il va bien falloir l’emprunter, et peut-être profiter des prochaines grandes échéances électorales pour poser le diagnostic et proposer de nouvelles pistes.

*Grand merci à mon ami Jacques-François Marchandise de m’avoir orienté vers cet ouvrage !

** Lire Design des politiques publiques, l’interview de Marjorie Jouen "Comment se débarrasser du management public ?", etc.

Jan 12 2011

La 27e Région, phase II

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Innovation , Politique publique

Avec le programme "Territoires en résidences", nous avons passé deux ans à tester des méthodes issues du design de services, de la sociologie de terrain et de la co-conception dans une douzaine de terrains très variés -pour les retrouver, téléchargez le bilan provisoire que nous en avons tiré.

Pour rester fidèle à l’esprit qui anime la 27ème Région depuis sa création, l’étape suivante consiste pour nous à transférer ces acquis au sein des Conseils régionaux afin de les acclimater, outiller et former à une autre façon de produire l’action publique.

C’est cet objectif que nous visons avec notre nouveau programme 2011-2013, titré "La Transfo" et sous-titré "Vers une culture de la transformation publique". Il s’agit dorénavant de proposer à 4 à 5 Régions volontaires de se doter en trois ans de leur propre démarche de recherche & développement.

Le programme "La Transfo" est organisé autour de 3 activités : le Campus interrégional est une démarche originale de formation-action qui vise à acclimater agents, élus et collaborateurs aux méthodes issues du design, de la co-conception et de l’innovation sociale ; les Résidences se poursuivent, mais avec la volonté de transférer la méthode, de partager son déploiement avec d’autres acteurs ; enfin le Laboratoire éphémère vise à simuler durant 6 mois l’existence d’une démarche de recherche & développement en immersion au sein du Conseil régional, et lui permettre ainsi de se doter de son propre laboratoire d’innovation.

Plusieurs Régions sont intéressées par ce programme, et la discussion est en cours avec les Régions qui ont déjà expérimenté avec nous les Résidences ; en particulier Provence Alpes Côte d’Azur, Champagne-Ardenne, Nord-Pas de Calais, Rhône-Alpes. Le programme intéresse également l’Ile-de-France, Pays de la Loire, Basse-Normandie, Centre ou encore le Limousin. "La Transfo" vise à créer un réseau d’échange interrégional et européen, avec plusieurs dizaines d’acteurs menant des actions comparables partout en Europe -et ailleurs dans le monde.

Parmi les thèmes d’expérimentation et de formation-action envisagés avec les Régions figurent des sujets liés à la jeunesse (la précarité des jeunes), à l’emploi (l’avenir des maisons de l’emploi ou des dispositifs destinés aux demandeurs d’emploi), à la formation professionnelle, à l’enseignement supérieur et la recherche (la vie sociale dans les grands campus), à la participation (renouveler les dispositifs de concertation)

Télécharger le flyer de présentation du programme "La Transfo".

» Les catégories

    » Mots clés

    » Vidéos

    alt : http://www.youtube.com/v/y6oiSAF1-hc&hl=fr

    Episode 4 - Les laboratoires d’innovation

    Réalisé par Les Beaux Yeux

    » Les derniers commentaires

    » Prochains événements L27ER

    Chargement widget...

    » Les dernières photos

    photo Image photo photo IMG_5416 IMG_5418 IMG_5423 IMG_5422

    » Revue de web

      » Initiateur du projet

      • ARF

      » Partenaires