L’échantillonneur de lycée
Billet publié par Stéphane VincentTags: co-conception , ethnographie , jeu , Lycée , visualisation
L’echantillonneur de lycée : produire des visions désirables du lycée de demain
English version below.
Participants
Institutions : Région Nord-Pas de Calais (Sylvain Petit), Région Champagne Ardenne (Julien Noirvache). Design : la 27e Région (Stéphane Vincent, Romain Thévenet), François Jégou (SDS).
Défi : comment penser différemment le lycée de demain ?
Chaque Région française finance la construction et l’entretien des lycées, gère leur budget de fonctionnement et achète du matériel pédagogique, des outils informatiques et audiovisuels. Des investissements aussi lourds impliquent un travail d’anticipation à 10, 15, 20 ans. Mais comment éviter que le futur du lycée se résume à une réflexion sur la nouvelle architecture du bâtiment l’équipement informatique ou même une nouvelle organisation éducative ? Comment dépasser la simple juxtaposition des visions portées par chacun ? Le défi consiste non pas à produire une énième vision numérique ou écologique du futur lycée, mais plutôt à inventer une méthode qui permette aux élus, aux services et aux citoyens de produire ensemble des visions réellement inspirantes, riches et tangibles.
Processus : un travail de création avec la communauté des lycées
Le processus se déroule en plusieurs temps : Des enseignements sont d’abord tirés à partir de 4 résidences créatives menées dans des lycées de Revin, Tinqueux, Saint-Laurent (Champagne Ardenne), Annecy (Rhône Alpes), puis transformés en scénarios d’usages sous forme de vidéo-sketchs. Dans un second temps, un cycle de visites et d’ateliers permet à un groupe de proviseurs, d’enseignants, de directeurs des travaux, de lycéens de produire des idées sur trois grands thèmes : les visions du lycée, les processus du lycée, la mise en oeuvre du lycée.
Résultats : un outil pour produire des visions désirables
Le résultat de cette expérience est l’Echantillonneur, système basé sur un jeu de cartes illustrées, réparties en quatre catégories : Visions (priorité politique particulière attribuée au lycée), Idées (proposition inspirante qui contribue à concrétiser une vision), Processus (une méthode qui contribue à changer la façon dont est conçu le lycée), Exemple ( cas réel issu d’un établissement et permettant d’illustrer ou d’atteindre une vision). Le rôle de l’Echantillonneur est de faciliter le dialogue entre parties prenantes des lycées, et de les aider à converger vers des visions riches, soutenables et tangibles.
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The school sampler : a tool for imaging desirable visions of the school of tomorrow
Team
Institutions : Nord-Pas de Calais Region (Sylvain Petit), Champagne- Ardenne Region (Julien Noirvache). Design : la 27e Région (Stéphane Vincent, Romain Thévenet) ; SDS (François Jégou).
Challenge : In what other ways may the high school of tomorrow be envisioned ?
Each Region in France finances the building and maintenance of its high schools, manages its operating budget, and purchases the necessary materials and equipment for teaching, IT and A/V purposes. Considerable investments such as these involve a forward- thinking plan whose projections look 10, 15 and even 20 years down the road. But how can we refrain from confining the discussion on the future of high schools to mere advances in architecture, computer equipment or even educational models ?
What is needed to go above and beyond the stockpile effect of ideas stemming from each individual ? The challenge lies not in cranking out yet another digital or eco-friendly take on future high schools, but in inventing a method that empowers elected officials, services and citizens alike to, in turn, collectively think up visions breeding inspiration, enlightenment and accessibility.
Process : A creative collaboration with the high school community
The process takes place in multiple stages : Information is first gathered from four different creative residencies at high schools located in Revin, Tinqueux, Saint-Laurent (Champagne Ardenne) and Annecy (Rhône Alpes), before it takes on the form of video-skit user cases. Next is a series of visits and workshops, which gives principals, teachers, general contractors, and high school students the chance to brainstorm around three main themes : Ideas for the high school, its processes, and its implementation.
Outcome : A tool for generating bright ideas
The result of this experiment is known as the Sampler, a system based on an illustrated card game broken down into four categories : Visions (special political importance given to the high school), Ideas (inspiring proposals that help bring the vision to life), Processes (methods that help shape how the high school is designed), and Examples (real-life, school scenarios that help illustrate or make the vision a reality). The role of the Sampler is not only to foster dialogue between high school stakeholders, but also establish common ground among them in order to nourish and nurture rewarding, sustainable and tangible ideas.
L’échantillonneur de lycée
Billet publié par Stéphane VincentTags: Champagne-Ardennes , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective
Comment voyons-nous nos lycées dans 10 ou 15 ans ? La réponse est complexe, car elle ne peut se résumer ni à la nouvelle architecture d’un bâtiment, ni même sous l’angle d’une nouvelle organisation éducative. De même, le lycée de demain ne saurait être une simple juxtaposition des visions portées par chacun : organismes de tutelle, Etat, Région, enseignants, lycéens et parents et l’ensemble de la communauté éducative... Le lycée de demain est certainement un lycée différent, mais c’est sans doute également un lycée qui a été pensé et conçu d’une toute autre façon...
Nous avons déjà parlé ici de "Mon lycée demain", le programme de prospective créative que nous avons mené pendant quelques mois en partenariat avec la Région Nord-Pas de Calais, la Région Champagne Ardenne, Strategic Design Scenarios et l’ENSCI.

Au terme du programme, voici l’Echantillonneur, un kit composé d’une centaines de cartes réparties entre des visions (une orientation générale, une priorité politique particulière donnée au lycée par la Région et ses partenaires), des idées (des propositions inspirantes permettant de concrétiser les visions et de les rendre plus tangibles), des processus ( méthodes qui contribue à changer la façon dont est conçu le lycée), et des exemples (cas réel issu d’une région, d’un établissement). C’est la combinaison de ces cartes qui permet de composer, à partir de tous ces "échantillons", sa vision du lycée idéal...
Mon lycée demain : premiers scénarios
Billet publié par Stéphane VincentTags: Design , Lycée , prospective
Nous menons un programme créatif de quelques mois sur le thème "Mon lycée demain", soutenu par les Régions Nord-Pas de Calais et Champagne Ardenne, en partenariat avec l’ENSCI et Strategic Design Scenarios. Avec ce dernier, des élèves de l’ENSCI ont produit une dizaine de visions mises en images sous forme de vignettes vidéo. En voici deux en guise d’avant-goût :
Pour illustrer la vision d’un lycée réversible, le "foyer diffus" est un concept dans lequel chaque lieu remarquable de l’établissement est marqué comme un composant du foyer.
Foyer diffus from Strategic Design Scenarios on Vimeo.
Particulièrement illustratif du lycée-société, le "guide du lycée", entre carte sociale et trombinoscope, donne accès et envie d’explorer les contenus cachés derrière les personnes.
Guide du lycée from Strategic Design Scenarios on Vimeo.
Pour suivre la production du programme au fur et à mesure :
http://www.sustainable-everyday.net/inventerleslyceesdemain/
Comment habiter le lycée ?
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e RégionTags: Citoyenneté , Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences
De mars à mai dernier, nous avons mené une résidence passionnante au sein du lycée Gabriel Fauré à Annecy, en partenariat avec la Région Rhône Alpes. Parti de la citoyenneté, thème cher à la Région, le sujet a rapidement évolué vers un thème corollaire, quasi-préalable : pour se sentir citoyen, comment se sentir d’abord habitant du lycée ? L’équipe était constituée de Jacky Foucher et Jean-Sébastien Poncet, tous deux designers, respectivement au sein de l’agence Grrr à Nantes et du Collectif DE à Saint-Etienne, ainsi que Camille Pène, doctorante en histoire de l’art et David Masson, étudiant aux Beaux-Arts d’Annecy.. A l’issue de trois mois de résidence, l’équipe a produit 5 projets, qu’on retrouvera en détail dans le livret ci-joint. Un kit de speed dating lycéen pour permettre aux élèves de faire plus vite connaissance lorsqu’ils arrivent, au sein du lycée et entre lycées ; Un projet de signalétique poétique et critique, pour remettre du sensible dans l’organisation du lycée et renforcer le sentiment d’appropriation du lieu ; le trombinoscope géant, afin de "rendre visibles les invisibles" (les élèves que l’on connaît moins, le personnel du lycée, les agents d’entretien...) ; le micro lycéen, relié à la sonorisation du bâtiment et conçu pour donner la parole aux lycéens ; le projet d’aménagement du foyer, visant à privilégier un mode opératoire à une déco ou une organisation finale. Au delà des projets, de nombreux enseignements sont à tirer de cette résidence : sur la prise de conscience des "invisibles", sur la question de l’information au lycée, sur le foyer, trou noir d’un grand nombre de lycées, sur la question de l’expérimentation au sein du lycée. La direction du lycée a perçu la résidence comme un projet sur-marketé ; trois mois, c’est court... mais comment faire mieux percevoir la valeur de la créativité collective ? Comment faire comprendre l’intérêt de produire des projets semi-finis, afin que chacun puisse s’en emparer ? A noter que David Masson, étudiant aux Beaux Arts et membre de l’équipe, partait dès le lendemain de la résidence présenter la démarche en Espagne, en Région Estremadure, dans la cadre de l’opération Express IT (Cross European social innovation project).
Régions 2028 : la 27e Région fait son off (2/2)
Billet publié par Stéphane VincentTags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural
Suite et fin de notre billet consacré à l’exercice de prospective en "backcasting" que nous avions organisé à l’occasion du 5e Congrès des Régions en décembre dernier. La vidéaste Marguerite Fouletier en a tiré cette vidéo, qui reprend les meilleurs moments de cette journée et du Off.
Pour revivre également cette journée et les projets qui en sont sortis, on peut aussi télécharger ce document qui décrit en détail les 24 projets, du « new deal interrégional » aux « fabriques de l’innovation citoyenne ». Et pour arriver au chiffre de 27, l’équipe de la 27ème Région a concocté en exclusivité trois projets supplémentaires !
Dans une seconde partie, la méthode prospective et créative utilisée lors
de cette journée est décrite en détails, accompagnée de notre appréciation
sur le déroulement de l’exercice. Cette journée « Off » du congrès des Régions » a été conçue avec l’aide du bureau Strategic Design Scenarios.
Régions 2028 : la 27e Région fait son off (1/2)
Billet publié par Anne DaubréeTags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural
En marge du Congrès des Régions de Marseille, élus, agents et créatifs inventent les outils de la politique publique de demain, et une nouvelle méthode de travail pour tout de suite...
Une soixantaine d’élus, agents, designers, architectes, chercheurs… se retrouvent à l’hôtel Vertigo, à Marseille, le mardi 8 décembre au soir. La 27e Région les a invité à participer à la journée de travail créatif qui se tient le lendemain. Mais, ce soir, c’est d’abord l’occasion de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler, en particulier sur le programme "Territoires en résidences". Tour à tour, les équipes présentent rapidement les résidences. Il y en a 7, plus une… celle du « Laboratorio per l’innovazione », que Maurizio Giambalvo va présenter, venu spécialement de Palerme. Un livret de présentation des résidences est diffusé aux participants (librement téléchargeable ici). La soirée se poursuit par des discussions, dans une ambiance tranquille et conviviale. La preuve en photos.

Sortie en Boate
Mercredi 9 décembre. A 9 h, les participants se retrouvent à la Boate, ce tiers lieu marseillais, à quelques pas du vieux port. Après le café, tout le monde se rassemble au fond de la salle, dans la pièce libérée de ses meubles. On s’assied par terre et assiste à une revue de presse du 9 décembre...2028. Les infos défilent, sur fond d’images bricolées : Gros titre : « Les élus du Grand Paris partent en voyage d’étude sur le plateau de Millevache,” pour s’inspirer de leur maniere de vivre ensemble. Autre info : on fête le 10e anniversaire du pôle alimentaire multimodal, qui marque la fin d’une époque où les AMAP étaient considérés comme une curiosité….
A travers ces histoires inventées (qu’on pourra retrouver en détails sur Flickr), différents défis et enjeux sociétaux auxquels sont confrontées les régions sont abordés : énergie, éducation, gouvernance, alimentation, usages des technologies, créativité, participation… mais on ne va pas regarder des vidéos toute la journée ! Stéphane Vincent, Romain Thévenet et François Jégou présentent les règles du jeu. L’objectif : imaginer comment cet avenir "souhaitable" est-il arrivé, quels projets, quelles politiques publiques, quelles étapes ont été nécessaires pour l’atteindre...
Huit groupes sont constitués, avec, pour chacun, un expert, un designer, et six autres personnes qui vont remuer ensemble leurs méninges toute la journée. Chaque groupe part s’installer dans une îlot créatif, composé de murs de papier, conçu par le designer Jean Couvreur. Au centre, une table. Dessus, un rouleau déroulant de paper-board. Stylos et post-it multicolores complètent l’équipement… C’est parti.
Pause créative ?
“La pause créative”, qu’est ce que cela évoque pour vous ? “pause café”, “ moment de détente”… le premier mur de l’îlot se recouvre de post-it. Ce groupe a été invité à réagir à un article qui relate le succès des “ pauses creatives” dans la société. Qu’apportent ces pauses ? Qu’est ce qui les limite ? Un autre mur se recouvre de post-it. Autour de la table, on renverse le sujet. Un concensus se forme : le concept de “pause créative” n’a pas vraiment de sens dans une culture où la créativité n’est pas vraiment reconnue. C’est plutôt à la façon d’irriger la société de créativité qu’il faut réfléchir… Dans l’îlot voisin, on s’interroge sur la manière de gérer au mieux l’omniprésence des technologies dans la vie quotidienne. “ A Angers, un bailleur social a mis en place un système qui permet aux locataires de mesurer leur consommation d’énergie”. “Ailleurs, tel système a été abandonné, car il n’était pas adapté”. Jacques-François Marchandise, directeur de développement à la Fing, recadre la discussion “ On est là pour trouver comment se déconnecter”. On continue de chercher…

De la discussion au projet
Les échanges se poursuivent, dans une ambiance concentrée mais détendue. Il est 11h, et, au pied de la table consacrée à l’alimentation et animé par John Thackara et Adèle Seyrig, trainent déjà deux mètres de papier. Ils sont parsemés de mots clés et de dessins. “Les abattoirs sont très centralisés. Ce système est cher et complexe pour les éleveurs” explique Benoît Lacroix , animateur au Pays Nivernais Morvan, qui propose de remettre en place des structures de proximité. “Il faut aussi penser à la culture de céréales, pour rester dans des circuits courts” ajoute Adèle Seyrig, designer. Isabelle matthieu, d’Alliance Provence, un réseau d’AMAP, évoque un projet autour de la fête de l’Aïd à Marseille, occasion de rapprocher les producteurs et les consommateurs de moutons. John Thackara intervient “ il est temps de formuler des propositions”. Car l’aiguille tourne. Il est presque 13h.

A l’autre bout de la Boate,” un compagnonage de l’élu", qui partirait en résidence dans d’autres collectivités durant une partie de son mandat, pour en ramener des “trésors” a été imaginé à la table Energie. Un dispositif comprend des “réunions tricot” pour parler l’énergie entre habitants, des “prospecteurs” qui vont sur le terrain identifier les potentielles actions d’économie ou de gestion alternative de l’énergie, et un service civil qui mobilise des compétences pour mettre en oeuvre des projets. Le tout est financé par un “ énergiton” -qui sera finalement abandonné. Faut il promettre du “sang et des larmes”, ou compter sur le volontarisme des individus pour faire face au défi énergétique ? Le débat est vif autour de la table.

Les concepts en image
Le temps d’un risotto poulet, et d’un coup d”oeil sur le coin librairie, tenu par les responsables de la Librairie des Territoires, que Stéphane Vincent a rencontré quelques jours auparavant : il faut dire qu’une demi-douzaine d’auteurs sont dans la salle. Les travaux reprennent : il ne reste qu’une heure et demie pour fignoler les idées, préciser les concepts. Au cours de l’après-midi, les élus présents, Jean-François Caron, élu au Conseil Régional de Nord-Pas de Calais, et Christian Paul, élu au Conseil Régional de Bourgogne, passent de table en table. Ils ont accepté la délicate mission de présenter leur sélection, à partir des 24 projets imaginés par les équipes, en fin d’après-midi. Les équipes leur exposent leurs projets. Ecoute, discussions, critiques… On passe à la synthèse. Aux murs, sont affichées les images produites par les groupes. Les designers ont bricolé des montages qui illustrent les projets. Un plan de ville orné de carrés jaunes : ce sont des lieux de stockage de quartier, destinés à limiter les déplacements de marchandise (projet du groupe énergie) , un bus londonien siglé “polybus” (projet du groupe vivre ensemble) le passeport d’un citoyen inter-régional (projet du groupe New Deal).

Présentation des élus
Les deux élus se succèdent pour présenter les projets. Certains sont des “boites à outil” quasiment prêtes à l’emploi. D’autres, plus vastes, interrogent le long terme. Par exemple, le groupe qui a travaillé sur la gouvernance a notamment imaginé un “forum de débat public” permanent, composé de citoyens volontaires. Il participe au débat sur l’avenir et pourrait jouer un rôle dans la gestion d’une partie du budget. “Une nouvelle façon d’inventer une fiscalité régionale ? “ s’interroge Christian Paul, rapporteur du groupe new deal 2028, qui a également réfléchi à une nouvelle citoyenneté interrégionale. Aileurs, le groupe "vivre ensemble" a conçu une “pépinière de nouveaux habitants” qui accueille des nouveaux arrivants dans un lieu rural qui a besoin d’être dynamisé. Accompagnement, remboursement du déménagement en cas d’échec, avec, en contrepartie, un engagement dans la communauté. “ Ce projet est intéressant, car il est souple. Il pourrait fonctionner aussi pour les territoires urbains en difficulté” commente Jean-François Caron.
Mise en réseau et éducation
Dans le groupe éducation, on a fait sauter les cloisons entre les lycées et les universités. En 2028, les régions dotées de nouvelles compétences, gèrent les deux. Les internats ont été améliorés, pour permettre à chaque lycéen d’enrichir son parcours, en fréquentant successivement différents établissements, qui développent des dominantes différentes. Enrichissement des individus par la multiplication de leurs expériences, hybridation des lieux, échanges entre structures, importance de la formation… ces thèmes traversent l’ensemble des projets, du réseau des “fabriques d’innovation citoyenne” du groupe “citoyen”, à l’intégration d’activités créatives dans des lieux divers, du groupe “ pause créative”, en passant par les “ espaces de deloguement” , qui habritent différentes activités, du groupe “ technologies”. Impossible d’approfondir chacun des sujets dans le temps imparti. . ..“ Ce travail sera mis en forme et diffusé” promet Stéphane Vincent. Une journée qui a permis aux représentants de collectivités de s’imprégner des méthodes créatives, et aux acteurs créatifs, de mieux comprendre les besoins des élus. Bref, pour tous, d’apprendre à travailler ensemble, différemment et entamer de nouveaux projets.
Dans un prochain billet : la présentation complète des 24 projets conçus par les équipes.
Toutes les photos du Off sont ici.
La liste des participants :
Le lycée, entre ultra-consumérisme et citoyenneté
Billet publié par Stéphane VincentTags: Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences

Nous préparons depuis quelques temps une résidence au sein du lycée Gabriel Fauré, à Annecy (voir ce billet). Nouveau déplacement ce mardi 10 novembre pour revoir le proviseur et ses équipes, vérifier l’intérêt de la Région Rhône Alpes pour cette expérimentation, et approfondir le thème choisi. Voici les notes de Julie Bernard, architecte à Lyon, avec qui je faisais la visite.
Notre première visite en Mars dernier avait permis de saisir les sensations d’un lycée trop exigu, avec de petits espaces mal conçus, et une exploitation non-optimum des lieux. Lors de cette seconde visite, le proviseur nous le répète dès notre arrivée, « on manque de place ».
Malgré tout, il ne manque pas de la place pour tout, mais majoritairement pour créer, se rassembler, échanger, communiquer en dehors des heures de cours.
Plus largement, la question posée est celle de la citoyenneté au lycée. Comment le lycée peut-il accompagner chaque individu à devenir un citoyen autonome, responsable et créatif ? Quelles identités pour le lycée Fauré ? La citoyenneté est la valeur que souhaite notamment faire partager la Région Rhône Alpes. Mais comment la faire vivre face à la réalité du terrain ?

La culture citoyenne
« Les lycéens viennent consommer de l’heure de cours » dit rapidement le proviseur. Ils viennent consommer leur 10 de moyenne » précise Emmanuel Delessert.
Ce dernier définit la citoyenneté comme étant essentiellement une question de culture. La citoyenneté permet aussi de s’émanciper. Il faudrait que du lycée, sortent des hommes et des femmes « en capacité » ?
Comment le lycée favorise-t-il alors le goût pour l’intérêt collectif, et les projets de manière générale ? Et comment se protège-t-il du consumérisme des lycéens d’une part, mais aussi celui des profs et du personnel administratif ?
La citoyenneté
Nous notons pendant cette journée que les mots de la citoyenneté ne sont pas évidents, et qu’ils « ne parlent peut être pas beaucoup ». Comment les rendre lisibles, compréhensibles ? Ne pourrions nous pas inventer une nouvelle représentation de ces mots ?
La continuité
Le lycée Gabriel Fauré, comme tout les autres lycées, voient se succéder les lycéens d’une année sur l’autre. Il semble donc difficile de faire perdurer une énergie. Emmanuel Delessert nous explique que « Tout dépend de l’énergie des profs motivés. L’année où l’on est fatigué, il se passe moins de chose ».
Au lycée Fauré, certains projets ont fleuri. Il y a la journée Kulte, fin Avril. Mais « la journée Kulte n’est pas un du », et pour qu’elle continue d’exister, il faut de l’investissement.
Il y a aussi la vente des petits pains qui permettent, entre autre, à une classe de financer en parti leur voyage en Pologne. Mais parfois la dynamique s’épuise et là encore il semble que certains lycéens ne saisissent pas la persévérance que cela impose.
Se pose alors la question de la pérennité des projets. Comment peuvent-ils être portés sur le long terme, alors même que les lycéens se renouvellent chaque année ?
La responsabilisation
Quelques lycéens agissent. « Ils sont très peu nombreux mais très actifs » nous raconte Emmanuel Delessert. Pour autant, monter un projet sous entend une part de confiance accordé aux lycéens mobilisés, et même aux profs les accompagnant. « Il est difficile d’avoir certaines autorisations ». Les législations ne semblent pas faites pour porter les dynamiques créatives de vie lycéenne. La question de la sécurité (horaires inflexibles, lieux non appropriables…) génère de l’inertie dans les prises de décision. Ces comportements contribuent à plonger le lycée dans un rôle fonctionnaliste, d’accueil des élèves en classe.
Une résidence en préparation pour début 2010
Date est prise pour une résidence sur ces thèmes début 2010, sous réserve de l’octroi d’un budget par le lycée et par la Région Rhône Alpes. D’ici là sont prévus deux journées de pré-visites mi-janvier, et si la résidence est confirmée, elle se déroulera de mars à mai prochain.
A télécharger : le bilan de notre première résidence
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e RégionTags: Créativité , Innovation , Lycée , Territoires en résidences
Depuis la création (récente) de la 27e Région, nous défendons l’idée selon laquelle les acteurs publics devrait mobiliser des formes d’ingénierie radicalement différentes, plus qualitatives et mobilisant davantage la créativité des citoyens. C’est dans cet esprit qu’en janvier 2009, nous avons lancé "Territoires en Résidences". En quelques mois, ce programme est devenu pour nous et pour quelques dizaines d’innovateurs, designers, sociologues, anthropologues, vidéastes, chercheurs de tout poil, une façon de tester concrètement ces méthodes au sein des régions. Aujourd’hui, nous sommes fiers de revenir sur la première des résidences que nous avons conduit de mars à mai 2009, au lycée Jean Moulin de Revin, en Région Champagne-Ardenne. Réalisé par les résidents (Merci à toute l’équipe de User Studio et à François Jégou), le document "Revin - Vers un campus ouvert" décrit fidèlement les différentes étapes, les outils créatifs utilisés, les projets qui ont vu le jour, et les enseignements qui peuvent intéresser les établissements scolaires, les Régions et l’Education nationale.
(pour le télécharger, cliquez sur le document et une fois dans Slideshare, cliquez sur "get file")
Visite du lycée professionnel la Croix-Cordier, à Tinqueux
Billet publié par Stéphane VincentTags: Champagne-Ardennes , Lycée
Visite le 12 juin du lycée professionnel la Croix-Cordier, à Tinqueux en Région Champagne Ardenne, en compagnie de Sylvain Petit, chargé du fonctionnement des lycées, et Bertrand Rigal, chargé du numérique à la Région. La Région Champagne Ardenne et le lycée souhaiteraient y accueillir une résidence.
La journée était organisée autour d’un dialogue avec la direction du lycée, de quelques professeurs et du personnel technique, et d’une visite de l’établissement. M. Pipino, l’actuel proviseur du lycée, en a profité pour nous présenter Philippe Lounges, actuel principal adjoint de collège et qui va lui succéder à la rentrée.
Le lycée a été créé en 1964, à partir de bâtiments préfabriqués. C’est aujourd’hui un lycée à taille humaine, aux bâtiments récents. Au fil d’une discussion assez riche, nous avons exploré des points d’entrées possibles. Le mot d’ordre commun : mobiliser les lycéens eux-mêmes. Voici ces pistes, sans hiérarchie particulière :
Le lycée du nouvel arrivant
Que se passe t-il dans la tête d’un lycéen, d’un enseignant, d’un agent, lorsqu’il arrive au lycée ? tantôt voulue, tantôt subie (50 élèves au moins viennent au lycée sans avoir le brevet des collèges), les premières semaines au lycée sont décisives. Un sujet d’autant plus pertinent, qu’une partie de la direction vient elle-même de changer -en l’occurrence, le proviseur et le CPE.
Le lycée culturel
"Comment créer de l’ouverture d’esprit, de la curiosité, montrer de nouveaux horizons dans ce lycée ?", nous disent les professeurs.
Ouverture d’esprit, curiosité, nouveaux horizons. La participation du lycée aux Flâneries Musicales est dans les esprits. « Pourquoi pas un lieu où faire de la musique ? »
Le lycée durable
Derrière l’emploi de ce mot "valise", il y a bel et bien une démarche durable amorcée dans ce lycée. Les lycéens se sont eux-mêmes mobilisés pour poser des cellules photovoltaïques sur le toit d’un hangar, et surtout, un bâtiment-témoin, destiné à devenir le foyer des lycéens, est en projet.
Le lycée lieu de vie
Comment se sentir bien dans un lycée ? "les gens sortent dès qu’ils le peuvent". "Les élèves n’ont pas de lieu pour communiquer". "Dès qu’il pleut, les lycées se retrouvent dans un endroit trop petit, la promiscuité crée les tensions, pas de personnel pour être là". Fait notable pour un lycée : une cellule de veille suit les situations difficiles, les personnes en difficulté.
L’accès au lycée
La question des transports rejaillit sur le reste, notamment l’absenthéisme : « De l’internat au lycée il faut prendre 2 bus différents ; il est facile de rater le deuxième… ». « Aucun élève ne vient de moins de 5 minutes de ce quartier »
Le lycée miroir
Comment changer l’image d’un lycée professionnel ? Comme beaucoup de lycées professionnels, le lycée de la Croix-Cordier a une piètre image auprès des jeunes, lorsqu’ils en parlent entre eux. « On dit souvent : va à Cordier, il y aura toujours de la place pour toi ! ». Les médias n’ont, semble t-il, pas souvent contribué à en améliorer l’image. Pourtant, c’est un lycée à taille humaine, où il fait bon vivre. Les enseignants et la direction font cause commune, visent dans la même direction. Le lycée est à l’initiative de nombreux projets : des lycéens participent avec succès aux olympiades, participent à des formations sur les énergies renouvelables, participent à "l’école agit", au salon Sabine ("bâtiment et innovation"), organisent des sorties avec la Marine -où beaucoup trouvent des débouchés- participent à des projets sur l’arbitrage, etc. "Tout ça n’est pas assez mis en valeur, ça manque de communication", nous dit un professeur.
Quel numérique au lycée ?
Cité pour mémoire, ce thème n’a néanmoins pas été suggéré par les participants.
En attendant de choisir le thème de la résidence, les professeurs suggèrent de débuter fin octobre, lorsque la rentrée sera passée. Suite à la rentrée !
Peut-on faire du neuf en matière de prospective territoriale ?
Billet publié par Stéphane VincentTags: Citoyenneté , Créativité , Développement local , Environnement , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective , Quotidien , social , solidarité , technologie , Ville
Bretagne 2032, Limousin 2027, France 2020... Nous avions très envie de nous frotter à la prospective territoriale, exercice pratiqué depuis longtemps par quelques dizaines de collectivités françaises de tous échelons. L’occasion nous en a été donnée en Nord-Pas de Calais : nous venons d’explorer avec la Région de nouvelles façons d’élaborer et d’enrichir un exercice de prospective territoriale, mais aussi d’en rendre compte en public. Ca se passait le 14 avril dernier à l’Hôtel de Région du Nord-Pas de Calais, à Lille. Retour sur un mois de préparatifs...
2040 : la vie de 6 ch’tis en images
Comment vulgariser les enseignements d’un travail de prospective et le rendre accessible au delà des cercles d’experts ? Rapidement s’est imposée l’idée de réinterpréter librement les pistes prospectives élaborées pendant un an par les 6 groupes thématiques du collège régional de prospective, l’instance créée par la Région. Pour chaque thème (société de la connaissance, enjeux environnementaux, citoyenneté, etc), nous avons imaginé un personnage queFélix Compère, designer et graphiste, a brillamment mis en images. Romain et moi avons rédigé les textes des voix off. L’enregistrement a été réalisé en une journée, à la Cantine, dans un studio improvisé avec quelques mètres de tissu, et un micro sur pied.

Plusieurs membres de la Fing et quelques amis ont prêté leur voir ou leur visage. Les clips sont conçus à partir de photomontages animés, retouchés à la palette graphique. Du "bricolage de qualité", donc : il ne s’agissait pas de rivaliser avec les studios Pixar... mais au contraire de montrer qu’avec peu de moyens, chacun peut prendre part à l’exercice de la prospective.

Il était également important que le fruit de ce travail paraisse suffisamment crédible (le contenu des clips, conçu sur mesure à partir des enseignements des groupes, est rigoureusement basé sur des faits scientifiques et/ou plausibles), mais que le ton permette aussi de faire passer des impressions difficiles à faire passer dans les rapports, ou des idées délicates à décrire : la ville sécuritaire, l’après-Sangatte et les grandes migrations climatiques à venir. Les 6 vidéos sont sur Youtube et sont visibles ici, sur cette interface originale dégotée par Loïc Hay, ou sur le site de la Fing.

Comment créer du dialogue au sein de l’hémicycle régional ?
Un autre test consistait à introduire des modalités de dialogue au sein du public lors de la soirée de présentation des travaux du collège, le 14 avril. Comment permettre aux cent participants du collège de s’exprimer à tout moment, de commenter librement les interventions, de suggérer des sources ? Pas facile, dans l’enceinte écrasante de l’hémicycle régional, de créer la convivialité nécessaire... Pour ce faire, nous avons légèrement détourné le principe du panneau de micro-blogging expérimenté par nos collègues Charles Nepote et Renaud Francou, du programme Identités Actives. D’abord, en distribuant aux participants des feuilles titrées "A mon avis", sur laquelle ils étaient invités à faire part de leurs remarques à tout instant de la présentation. D’abord timide, le mouvement s’est amplifié et un flux régulier de feuilles annotées sont remontées (commentaires, réactions, sources bibliographiques, questions...), et nous avons pu les distiller tout au long des présentations en les projetant sur un écran spécialement dédié.

Le making of de la prospective régionale
Enfin, nous avions convaincu l’équipe prospective de profiter de la soirée pour lancer un blog décrivant dorénavant en continu l’activité de la direction prospective, de ses travaux en cours, de ses publications, mais mobilisant également la vidéo et la photo. Un outil de "making of", en quelque sort, de l’action prospective de la Région. Un peu de calage est encore nécessaire, mais c’est en tout cas chose faite, la direction informatique ayant mis à disposition ses ressources à cet effet.
Quels enseignements ? A ce stade, les participants du collège régional semblent avoir apprécié les clips, en tant qu’objet à partir desquels ils pouvaient s’exprimer, se positionner, qu’ils pouvaient enrichir ou prendre à contre-pied. Le format a pu désarçonner quelques participants, mais l’équipe prospective semble convaincue qu’elle doit dorénavant être en capacité de travailler sur ce type de format, de mobiliser l’image, la vidéo, l’illustration. Le blog "journal de bord" est encore trop jeune, mais l’équipe semble motivée pour en faire un nouvel outil de travail. A suivre !











